Mila - Revue de Presse

Il arrive aujourd’hui à Ceuta et Melilla



Juan Carlos gâche la fête de Mohamed VI Le roi d’Espagne, Juan Carlos, et son épouse Reina Sofia vont gâcher, ce matin, la fête de Mohamed VI qui devait commémorer, le même jour, la fameuse «marche verte» qui avait consacré la colonisation par le Maroc du Sahara Occidental en 1975. En décidant de maintenir contre vents et marées sa visite, aujourd’hui, aux deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, situées au Nord du Maroc, Sa Majesté Juan Carlos met les autorités chérifiennes dans de sales draps. Première visite du genre du souverain espagnol, depuis son intronisation, ce déplacement du roi d’Espagne à Ceuta et Melilla est vécu au Maroc comme une énorme humiliation nationale. La presse, les partis politiques, l’opinion publique se sont tous mis derrière leur roi pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme «une insupportable provocation». L’événement a d’ailleurs tôt fait de prendre la tournure d’une vraie crise diplomatique entre Madrid et Rabat qui s’est précipité de rappeler son ambassadeur pour «consultation». Le Maroc est sans doute affligé beaucoup plus par le contexte de cette «intrusion» de Juan Carlos sur son territoire qui intervient le même jour que cette «fête nationale de la marche verte». En effet, même si le Maroc revendique officiellement sa souveraineté sur ces deux enclaves, il ne croit pas trop à leur récupération. Preuve en est qu’il entretient des relations privilégiées avec l’Espagne qui lui assure le soutien pour la colonisation du Sahara Occidental. Mais la visite d’aujourd’hui de Sa Majesté Juan Carlos s’apparente assurément à une gifle pour Mohamed VI qui devra voir son homologue espagnol défiler sur ses terres. Cela étant dit, bien que le ministre espagnol de la Défense, José Antonio Alonso, ait concédé, hier, que «cette visite n’était organisée contre personne», il n’a pas manqué d’avertir le Maroc sur les risques d’une «escalade» diplomatique. «Il faut éviter une détérioration des relations entre deux pays qui sont, actuellement, très bonnes» en plus du fait que les deux pays «ont de nombreux intérêts en commun», a-t-il déclaré à la radio Cadena Ser. Son collègue des Affaires étrangères s’est contenté, pour sa part, d’indiquer que Madrid n’avait pas l’intention de prendre une mesure similaire de rappel, espérant que cette décision «souveraine» du Maroc «n’affectera pas» les relations bilatérales. Le quotidien El Pais notait toutefois, hier, que l’annonce marocaine avait d’autant plus surpris Madrid que le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, effectue actuellement une visite semi privée au Maroc, où il participe à un festival à Essaouira. «Si Moratinos avait eu la moindre idée de ce qui allait se passer, il ne serait pas resté pour passer le pont (du 1er novembre) au Maroc», selon un diplomate espagnol cité par El Pais, hier. Un porte-parole du ministère a précisé à l’AFP que M. Moratinos devait rentrer dans l’après-midi en Espagne. Toujours est-il que la plupart des quotidiens espagnols faisaient, hier, leur Une sur cette nouvelle «crise diplomatique» entre les deux pays, tout en jugeant «disproportionnée» la réaction de Rabat et en réaffirmant la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla. Dire que le Maroc a été «spolié» de ces villes, «comme l’a fait l’Exécutif marocain, est un mensonge: toutes deux sont espagnoles depuis les XVe et XVIe siècles, plusieurs siècles avant l’existence du Maroc», écrivait dans un éditorial le quotidien El Mundo (droite). En tout état de cause, et au-delà des développements diplomatiques qu’elle connaîtrait, cette affaire tombe comme un cheveu dans la soupe de Mohamed VI qui s’ingénie à plaider la soi-disant «marocanité» du Sahara Occidental alors qu’il assiste impuissant à la colonisation d’une partie de son territoire. A n’en point douter, cette affaire va émousser le dispositif de défense du Maroc au sein de la communauté internationale.
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