Résumé de la 1re?partie n Aujourd'hui encore, on ne compte plus les ?uvres qui le symbolisent à travers le pays.Mais pourquoi donc ' En fait, la première mention du héros dans les écritures apparait au début du XVe siècle avec les paroles d'une chanson populaire. Auparavant on ne retrouve rien dans les archives suisses et autrichiennes. Pas même une mention de son nom dans un registre d'état civil ou autre. Aucun fait similaire n'apparait non plus dans les archives historiques. Du coup, les doutes augmentent significativement. Cette histoire s'est transmise de génération en génération par le bouche à oreille. Mais le pire arrive lorsque l'on retrouve un texte du début du XIIIe siècle d'un moine danois du nom de Saxo Germanicus qui raconte une histoire presque identique à celle de Guillaume Tell. A cela près, qu'il s'agit d'un arbalétrier païen danois du nom de Toko ou Tolke qui refusa que le roi Harald le convertisse au christianisme. Il dût également procéder à une épreuve similaire pour éviter sa conversion. Cette histoire danoise est également le copié-collé d'un autre conte islandais du IXe siècle. Du coup la fantastique épopée de Guillaume s'effrite gentiment et devient plus que suspecte. Comment le texte d'un moine danois a-t-il pu arriver aux oreilles suisses de l'époque ' En fait, on sait de source sure que de nombreux scandinaves ont quitté leurs pays pour divers horizons. Les périodes de froid intense et les maigres récoltes qui avaient frappé particulièrement la province du Jutland ont poussé ces gens à émigrer vers d'autres contrées plus tempérées, et notamment la Suisse centrale. Il n'est donc pas impossible que l'histoire de Toko ou Tolke ait également traversé les états. Ce qui expliquerait les similitudes entre les deux contes. On sait pertinemment que les légendes et les mythes ont toujours une part de réalité, et qu'ensuite tout est enjolivé par les conteurs et la déformation au fil des années. Ce qui intrigue dans cette histoire, c'est que Gessler a bel et bien existé. Il ne se nommait pas Hermann, mais Heinrich et n'était pas bailli d'Altdorf mais de Grüningen. C'est seulement à la fin du XIVe siècle qu'un Hermann Gessler succéda à Heinrich. Ensuite le fait que l'histoire n'est pas si extraordinaire que cela. Il n'y a pas de dragons, de phénomènes fantastiques ou autres enchainements de circonstances douteux. C'est une histoire tout à fait crédible d'un héros, comme il en existe beaucoup aujourd'hui. Même si aucune trace écrite ne subsiste de l'existence de Guillaume Tell, cela ne veut pas dire non plus qu'il n'ait pas existé. Peu de gens pouvaient et savaient écrire à l'époque. Donc le fait de ne retrouver aucun écrit ne signifie pas forcément qu'il s'agisse d'une légende. Il faut bien se rendre à l'évidence que le Guillaume Tell que l'on connait n'a probablement pas existé. En revanche, il est possible qu'un montagnard ait pu se soulever contre le bailli Gessler d'une façon ou d'une autre et qu'il se soit fait emprisonner tout simplement, ou encore qu'il y ait eu un arbalétrier extrêmement habile à l'époque. Le tout ayant été mélangé avec le récit scandinave. Avec la naissance de la Confédération, le mythe de Guillaume est né de la déformation de toutes ses possibilités. De génération en génération, la légende s'est enjolivée et a donné naissance 150 ans plus tard au conte de Tell que l'on connait actuellement. Même si l'histoire de Guillaume Tell semble peu probable, elle reste et restera une légende très populaire et le symbole de la liberté suisse. Ce n'est certainement pas demain que les statues et les fresques seront détruites et qu'il retournera dans l'oubli.?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat A
Source : www.infosoir.com