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Hacène Metref, responsable du festival au soir d'algérie



Hacène Metref, responsable du festival au soir d'algérie
Le Soir d'Algérie : Raconte-Arts est à sa 11e édition. Dites-nous d'abord comment est née l'idée de ce festival et quel bilan en faites-vous depuis sa création 'Hacène Metref : L'idée du festival Raconte-Arts est née après une discussion entre Denis Martinez, feu Salah Silem et moi-même. Denis voulait présenter sa performance intitulée La fenêtre du vent. Salah lui a proposé de l'inviter chez lui à Taourirt El Hedjadj. Moi, j'ai proposé qu'on organise carrément un festival autour de la performance de Denis. C'est comme ça que c'est parti. Nous avons organisé notre première édition à At Yenni et depuis onze ans maintenant nous sillonnons la Kabylie.Raconte-Arts est un concept, un projet culturel. Comment le définissez-vous et quels sont ses enjeux et ses objectifs 'Oui c'est vrai, Raconte-Arts est un concept qui englobe un certain nombre de valeurs. Raconte-Arts c'est la proximité, l'itinérance, la liberté d'entreprendre, la solidarité, le partage, la créativité et le sens du partenariat. C'est un festival collégial, piloté par un certain nombre de partenaires. C'est un festival qui va à la recherche de notre patrimoine mais c'est aussi un festival ouvert au monde, aux nouvelles tendances et aux différentes cultures. C'est un melting-pot de pratiques. Ses objectifs sont clairs : mettre notre patrimoine au goût du jour, échanger et partager avec les autres sans complexe?; former nos jeunes et nos moins jeunes à de nouvelles pratiques, après les avoir sensibilisés sur leur propre patrimoine matériel et immatériel.Autonomie, proximité et itinérance”? ces quelques mots résument l'esprit de cette manifestation culturelle. S'agit-il d'un choix volontaire et délibéré de votre part pour échapper au confinement élitiste de la culture dans des espaces clos et gagner en liberté d'agir ou, au contraire, d'une option qui s'est imposée à vous, faute d'espace et de moyens 'Effectivement, ce sont les trois mots clés de notre festival. Et à vrai dire, il y a une part de choix et une part de contrainte. Le choix de la liberté a été notre credo dès le départ. Nous sommes trop libres dans notre tête pour accepter d'être confiné dans un cadre restrictif. La proximité est aussi un choix délibéré. On aurait pu organiser un festival à Tizi-Ouzou dans des salles mais ça n'aurait jamais donné un festival aussi populaire. Quant à l'itinérance, c'est un peu par hasard. Nous avons remarqué que le fait de travailler dans une seule localité nous exposait aux forces d'inertie. Au bout de deux éditions à At Yenni, nous avons mes camarades et moi décidé de mettre les voiles vers d'autres horizons. Et nous avions raison car le festival a pris une ampleur extraordinaire notamment grâce à cette itinérance.Vous mobilisez près de 200 participants entre artistes et organisateurs pour organiser un tel événement qui demande une logistique et des moyens importants. Un challenge difficile sans soutiens institutionnels, n'est-ce pas 'Oui, il est difficile de mobiliser 200 personnes sans moyens, mais il faut savoir que la force de Raconte-Arts c'est la mobilisation citoyenne et villageoise. Le festival est essentiellement pris en charge par les villageois. Mais il ne faut pas nier que la présence institutionnelle existe même si elle est infime par rapport aux besoins de ce festival. Nous ne désespérons pas de convaincre les pouvoirs publics de soutenir une fois pour toutes cette manifestation qui mérite le label de festival d'utilité publique. En effet, nous sommes en train de faire le travail que devraient faire normalement les institutions à travers leurs centres culturels et autres maisons de jeunes. Nous apportons de la proximité partout où il y a un manque d'activités culturelles. Le challenge est difficile mais à? combien exaltant. La preuve est que chaque année, tout le monde en redemande ! Et puis, il faut le dire, à Raconte-Arts les participants y mettent de leur volonté. Ils acceptent des conditions qu'il est difficile d'accepter ailleurs.Organiser Raconte-Arts hors de la Kabylie, c'est envisageable 'Oui Raconte-Arts hors de la Kabylie est envisageable ailleurs, à condition qu'on trouve des interlocuteurs valables et des conditions similaires qu'en Kabylie. Ce qui n'est pas évident du tout. Et puis, il faudrait que notre vis-à-vis en dehors de la Kabylie puisse accepter son esprit d'indépendance. Ce qui est, vous en conviendrez, une autre paire de manches. Notre équipe en tous cas est prête à tenter l'aventure au-delà des frontières de la Kabylie. A bon entendeur salut !Entretien réalisé par


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