Mila - A la une

Grève au quotidien Liberté, mouvement de fronde dans la presse privée algérienne



Grève au quotidien Liberté, mouvement de fronde dans la presse privée algérienne
Le quotidien algérien Liberté, propriété de l'homme d'affaire Issaad Rebrab, ne paraîtra pas jeudi. C'est la conséquence d'une grève lancée par l'ensemble du personnel, journalistes, personnel technique et administration, pour appuyer des revendications salariales, à la suite d'un conflit qui s'est brutalement durci mercredi.Un préavis de grève avait été lancé après le refus de la direction d'appliquer la nouvelle grille, négociée depuis un premier débrayage le 4 mars 2013. Des négociations avaient été alors engagées, et ont permis d'aboutir à un accord, a déclaré à Maghreb Emergent M. Omar Bourebaba, secrétaire général de la section syndicale de Liberté. Des simulations avaient été réalisées pour en voir l'impact sur les finances de l'entreprise, a-t-il dit, ajoutant que la direction a ensuite fait volte-face, et refusé d'appliquer l'accord.La direction de Liberté a, de son côté, lancé un « appel à l'ensemble du collectif pour préserver l'emploi et l'entreprise en reprenant l'activité ». La direction affirme qu'une « augmentation de 37% sur la masse salariale brute a été accordée, avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2013 ». Elle donne le détail des augmentations décidées, dont bénéficieraient notamment les agents de sécurité, dont le salaire augmenterait de 63%, les chauffeurs (+50%), les correcteurs (+80%) et les commentateurs (+80).Fronde dans plusieurs journauxLe syndicat, de son côté, a répondu en accusant la direction de « mensonge ». « La direction de Liberté a publié un communiqué truffé de contre-vérités, plein de chiffres qui ne veulent rien dire, et qui vise à tromper l'opinion », affirme le syndicat, qui fait état de l'adhésion des cadres du journal au mouvement de protestation.Pour le syndicat, l'annonce d'une augmentation de 37% des salaires est un « mensonge caractérisé », et affirmer qu'une augmentation « risque de déstabiliser l'entreprise est un argument qui a fait marrer tous les travailleurs ». La section syndicale de Liberté annonce en conséquence que « les travailleurs ont « décidé de poursuivre leur grève illimitée jusqu'à ce que la grille des salaires négociée soit appliquée ». Une première grève avait eu lieu le 4 mars au quotidien Liberté, dans lequel travaille le plus célèbre caricaturiste algérien, Ali Dilem. L'intervention du propriétaire du journal, Issaad Rebrab, partisan d'une gestion lisse des conflits sociaux, avait permis de parvenir un accord pour engager des négociations sur une nouvelle grille de salaires.Par ailleurs, ce vent de protestation semble avoir gagné d'autres journaux algériens. Au quotidien Le Temps, appartenant à l'homme d'affaires Ali Haddad (travaux publics), un préavis de grève a été déposé. Un responsable du journal a affirmé à Maghreb Emergent que « le problème est en cours de règlement », la direction ayant accepté l'idée d'augmentation des salaires. Au moins deux autres journaux privés seraient également touchés par des mouvements de protestation similaires.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)