Mila - A la une

FRONT DU CHANGEMENT La menace de retrait de Ménasra



Au Front du changement, on n'écarte pas la possibilité de remettre en cause le principe de participation aux législatives du 10 mai prochain si les «engagements du président de la République quant à la transparence de ces dernières continuent à être foulés aux pieds par une administration qui n'arrive apparemment pas à se départir de la tentation de fraude».
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Une administration que Abdelmadjd Ménasra, le président du parti, n'a pas du tout ménagée, ce mardi, à l'occasion d'une conférence de presse consacrée à la présentation des listes qui défendront les chances du Front et du programme électoral y afférents. Des velléités de ne pas trop se conformer aux directives du premier magistrat du pays qui commencent, d'abord, soulignera Ménasra, par «cette contrainte de temps sciemment imposée aux nouveaux partis, qui, faute d'avoir été légalisés dans des délais raisonnables qui leur auraient permis d'aller à ces législatives sur un pied d'égalité que les partis déjà actifs sur la scène politique». Et de relever que, jusqu'au jour d'aujourd'hui, «les partis et les indépendants ne sont toujours pas en possession des listes électorales comme promis», afin dira-t-il, de pouvoir les vérifier et débusquer les nombreuses anomalies qui les caractériseraient, entre autres, multiples inscriptions, décédés inscrits… » Ceci avant que le président du FC ne fasse état du dernier indice, selon lui, qui montre on ne peut mieux, «la volonté de fraude existante par certains niveaux de l'administration». Et à Ménasra de faire part de la toute dernière réponse du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, à la proposition de la commission nationale de surveillance de ces législatives, de l'option d'un seul bulletin de vote. Une réplique qui «fait sourire», ne manquera pas de souligner l'orateur, du fait, dira-t-il, de «l'irrecevabilité des trois arguties ayant motivé le refus de cette option constituant un gage de transparence de ce scrutin de par le fait qu'elle constitue un écueil face à toute velléité de fraude ». Mais de quel niveau de velléité de fraude puisse pousser le FC à se retirer ' L'ancien ministre de l'Industrie, même s'il n'écarte pas cette option extrême, se montrera, cependant, prudent, lui qui dit avoir la conviction chevillée que «tourner le dos à ce scrutin n'est pas de nature à changer le système». Bien au contraire, seule une participation massive à ce rendez-vous est à même, affirmera- t-il, et indépendamment de ces velléités de fraude, de concrétiser le changement tant attendu par le peuple.
Pour l'amnistie générale
Un leitmotiv sous lequel le parti a inscrit son programme électoral pour ces législatives. Il consiste en 365 propositions, soit une proposition par jour, comme pour signifier toute l'importance de la notion du temps dans la concrétisation de tout programme relevant, précisera Ménasra, d'un «effort quotidien». Entre autres propositions, une nouvelle Constitution à même de balancer le pays dans la 2e République, l'adoption du régime parlementaire avec un chef du gouvernement issu du parti majoritaire, un nouveau découpage administratif supprimant les daïras et donnant naissance à davantage de wilayas et de communes avec des pôles régionaux. Ménasra se dira, aussi, partisan, comme il n'a jamais cessé de l'être, d'une amnistie générale, seule à même, arguera-t-il, de «tourner définitivement la page de la tragédie nationale et de se tourner désormais vers l'avenir». Le chef du FC se dira tout aussi convaincu que cette option qui peut choquer dans un premier temps, finira par faire consensus comme ce fut, rappellera-t-il, les cas des lois sur la rahma, la concorde et la réconciliation nationales. Ceci au plan politique, alors que sur le volet social, le parti préconise un SNMG à 30 000 DA, une allocation-chômage de 5000 DA, un filet social à 7 000 DA, le pré-emploi à 15 000 DA, en sus de fonds sociaux qui lutteront contre les poches de pauvreté à travers le dispositif de mini-crédits. A l'endroit de la jeunesse, le FC propose l'exemption des concours pour les diplômés émérites, un service national de 6 mois consacrés à un entraînement purement militaire. Au plan économique, Ménasra plaide pour la suppression de la règle 51/49% dans l'investissement étranger, préconisant l'encouragement de l'investissement privé avec davantage de facilitations sur tous les plans (foncier, banque et fisc).
Des militants de l'ex-FIS candidats
Ce programme sera porté et défendu par les 49 listes que le parti a eu à finaliser, le FC ayant fait l'impasse sur 7 circonscriptions de l'émigration, «faute de temps», dira Ménasra. A ce sujet, Ménasra s'enorgueillira du fait que la campagne de confection des listes du parti se soit déroulée sans trop de tracs, contrairement à ce qui a caractérisé de similaires opérations au niveau de presque toutes les formations politiques. Ceci, ajoutera-t-il, par la grâce d'un sens aigu de responsabilité des militants qui ont, dira-t-il, «fait abstraction de leurs ambitions pour mettre l'intérêt du parti avant tout autre considération». Le conférencier confirmera la présence par les candidats de son parti, de salafistes et de militants de l'ex-FIS, inscrivant cette démarche dans la logique du parti «conforme aux lois de la République qui, précisera-t-il, n'interdisent aux responsables du parti dissous, impliqués dans les massacres et autres sauvageries, que la création de nouveaux partis». Il se réjouira, d'ailleurs, du soutien de certaines figures de proue de ces mouvances, disant respecter le mot d'ordre de boycott lancé par la direction de l'ex-FIS.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)