
Depuis presque une vingtaine d'années, l'Etat français tente d'aider le culte musulman à s'organiser. Jamais cependant il n'a voulu l'encadrer. Le candidat de la droite, François Fillon, le propose.François Fillon a franchi un pas sur la question de l'islam de France, dimanche après-midi, lors de son premier grand discours de campagne électorale à Paris. Devant une salle préparée avec soin pour l'applaudir, il a dit vouloir «remettre de l'ordre dans le chaos français». C'était une réponse au chaos personnel auquel il fait face après la révélation d'une affaire d'emploi fictif qui est, depuis la semaine dernière, devant la justice. Il lui est reproché d'avoir embauché, sans contrepartie productive, son épouse Pénélope, qui aurait engrangé en quelques mois une somme nette entre 360 000 et 400 000 euros (500 000 euros brut).Une deuxième affaire rendue publique, samedi dernier, concerne des chèques encaissés indûment, alors qu'il était sénateur. Pour dissiper ces ombres, alors que toutes les télévisions d'info en continu étaient braquées sur lui, il a choisi l'attaque tous azimuts, sous l'air de celui qui détient les clés des bonnes solutions. Et entre autres sujets, il a choisi celui de l'islam, mélangeant d'une certaine manière la religion islamique et le terrorisme. Ainsi, a-t-il proposé, «un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé».Le candidat désigné par la primaire de la droite et du centre, en novembre 2016, souhaite ce qui s'apparenterait à un système dérogatoire à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, dite Loi de laïcité, promulguée en 1905. Cette loi stipule que l'Etat ne se mêle en rien du fonctionnement.François Fillon s'est expliqué sur cette entorse : «Moi, je nomme les choses, je nomme le problème que nous avons avec l'islam radical : le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme ne dénoncent pas les valeurs de la République. Après bien des affrontements, toutes ces religions vivent en paix avec la République, avec la laïcité qui est notre protection commune.»«La religion musulmane doit accepter ce que toutes les autres religions ont accepté par le passé !» Le candidat de la droite semble prendre fait et cause pour un échec durable du Conseil français du culte musulman et anticipe l'impossibilité pour la fondation de l'islam de France, lancée il y a peu, de réussir.Souhaitant «l'assimilation», François Fillon estime que seul l'islam pose problème et qu'il faut l'encadrer, inutile, dès lors de «durcir les règles de la laïcité» pour toutes les religions : «Pourquoi faudrait-il imposer à tous de nouvelles restrictions à la liberté religieuse, alors que seule la poussée intégriste qui enflamme le monde musulman est une menace pour notre société.» Ainsi conclut-il : «La religion musulmane doit accepter sans conditions ce que toutes les autres religions ont accepté par le passé ! Je prendrai mes responsabilités, mais il faut aussi que nos concitoyens musulmans se soulèvent contre ceux qui instrumentalisent leur foi.C'est une bataille idéologique et c'est une bataille spirituelle que nous devons mener ensemble, je dis spirituelle, parce que ce n'est pas en évacuant toute transcendance qu'on peut combattre la croyance ravageuse des fanatiques.» Voudra-t-il donc détricoter les relations apaisées entre l'islam et l'Etat ' Il n'en dira pas plus. Un discours électoral n'est pas fait pour ça. Il s'agit de frapper les esprits, dans un amalgame dangereux : «Ce qui importe, c'est le respect de la loi et le respect de la France !»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Mebarek
Source : www.elwatan.com