
À contre-courant de tous les candidats en lice, des partis et personnalités prônant le boycott, le FFS s'est distingué, à l'occasion de la prochaine présidentielle, par une position pour le moins singulière. "Ni boycott ni participation". Pour le parti cher à Hocine Aït Ahmed, cette position découle des positions de principe défendues par le FFS depuis sa création en 1963. Mais pour les observateurs, il s'agit d'une "non- position", dans la mesure où aucune consigne particulière n'a été donnée aux militants, ce qui peut être compris comme un libre choix accordé à ces derniers. "C'est un Opni (objet politique non identifié)", avait ironisé l'ancienne figure du parti, Djamel Zenati.Au FFS, on considère que ce scrutin ne vise rien de plus qu'à reconduire le système, d'autant que le parti qui avait organisé des journées de transition, assorties de conclusions, histoire de jauger l'intention des décideurs, n'a pas eu l'écho escompté. "Ce scrutin n'est décisif que pour le système. Dans ces conditions, pour le FFS, participer est inconcevable. L'option du boycott, même si elle est respectable, ne constitue pas, à elle seule, une alternative", avait déclaré Bettatache le jour où le parti avait rendu publique sa position. "Le consensus national et la démocratie ne seront pas au rendez-vous au lendemain de l'élection présidentielle du 17 avril prochain. Le 18 avril prochain ne sera pas un moment de cohésion sociale ; malheureusement, le fossé entre les institutions et les citoyens ne fera que se creuser davantage et l'Etat se délite chaque jour un peu plus.""Le jour d'après, les périls et les défis seront toujours immenses. Le prochain scrutin ne permettra certainement pas de conjurer les risques de vide politique, d'instabilité institutionnelle, de radicalisations possibles et n'effacera pas les pressions économiques, diplomatiques, voire sécuritaires qui s'accentuent sur notre pays. Comme ne sera pas effacé le risque de scénarios catastrophiques comme vécus par nombre de pays dans notre aire régionale", avait-il ajouté. Face à ces perspectives sombres, le FFS propose la reconstruction d'un consensus national, sans exclusive, pour aller vers une transition. "Dans l'ordre historique et dans l'ordre stratégique, dans l'étape actuelle, la reconstruction d'un consensus national, autour d'un programme et d'un calendrier de transition, est notre objectif majeur", déclare le FFS. S'il demeure convaincu que ce consensus est "inéluctable", il considère qu'il doit se faire avec tout le monde, au-delà des positions des uns et des autres. "Nous avons la conviction inébranlable que nous ne le reconstruirons pas seuls ; la porte demeure ouverte à tous ceux qui y viendront, par-delà leur position du moment." En décodé : comme l'a fait Hamrouche, le FFS considère que tout le monde doit se mettre autour de la table. Depuis quelques jours, d'ailleurs, il s'est lancé dans des contacts pour aller à une conférence nationale de consensus.Fort d'expériences similaires par le passé, il entend mettre toute son énergie et tous les atouts pour la réussite de cet objectif. Reste maintenant à savoir si sa démarche trouvera enfin écho chez certains cercles politiques car la mission, il faut bien se rendre à l'évidence, n'est pas de tout repos, même s'il dit qu'il faille se donner le temps nécessaire. "La préservation des intérêts de notre pays nous impose la nécessité de prendre le temps qu'il faut pour réunir les conditions de ce consensus. Comme nous devons garder à l'esprit les nécessités économiques et géostratégiques du pays qui nous contraignent à éviter l'effondrement de l'Etat et le vide politique."K. KNomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com