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Festival du théâtre professionnel Divergence d'avis



Festival du théâtre professionnel Divergence d'avis
Constat - La 8e édition du Festival national du théâtre professionnel (du 24 mai au 2 juin) a été marquée, au niveau thématique, par la référence à un moment fort de l'histoire de l'Algérie.
Produites dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, les pièces présentées en compétition abordaient le colonialisme ' ses crimes et ses lâchetés ' et l'engagement du peuple algérien dans la Guerre de Libération nationale pour s'affranchir du joug colonial, recouvrer sa liberté et donc accéder à l'indépendance.
Toutefois, se référer à l'Histoire, donc utiliser le thème de la colonisation et celui de la Révolution comme matériau dramaturgique n'est certainement pas une mince affaire. Puisque le travail mené en ce sens par les metteurs en scène s'est révélé laconique, peu convaincant.
Le jury, présidé par le Dr Djamila Mustapha Azakai, a regretté que les différents thèmes liés à la colonisation soient abordés de manière légère, donc mal exploités. Celui qui considère qu'il y avait exagération notamment pour les scènes de torture et de tuerie aurait jugé judicieux de la part des metteurs en scène, d'approfondir la notion des apports de cette indépendance pour apporter un nouveau souffle à la dramaturgie et non pas se cloisonner dans la thématique récurrente et superficielle du conflit entre le colonialisme et le peuple algérien.
«Nous n'avions pas besoin de tout cela pour rappeler les affres du colonialisme», explique-t-il, et d'ajouter : «Il y a en effet d'autres moyens pour l'exprimer.» Concernant le jeu en question, l'avis est partagé. Mais tous s'accordent à dire que le résultat, dans l'ensemble, était positif. Il n'empêche que certaines pièces n'étaient pas à la hauteur. L'interprétation manquait de qualité, de crédibilité. «Me concernant, je pense qu'il y a eu des hauts et des bas lors de cette édition», dira le Dr Djamila Mustapha Azakai, et de poursuivre : «Les pièces n'étaient pas toutes bonnes. Mais ce que je peux dire, c'est que malgré cela, le théâtre algérien est bien situé. Le théâtre algérien, à travers ses femmes et ses hommes, a fourni des efforts.» Habib Dembélé, membre du jury, a, quant à lui, estimé que «le théâtre algérien existe» et «il vit grâce à ceux qui le font». De son côté, l'irakien Djawad Al-Assdi, un autre membre du jury, a affirmé : «Il y a eu des spectacles assez intéressants. Cette édition a été très importante, elle pouvait être meilleure. Reste que la nouvelle génération est là, c'est l'espoir des prochaines éditions.» L'Algérien Djamel Marir a estimé qu'il existe à travers les pièces présentées des capacités. «Je dirai plutôt de jeunes capacités. Et ces potentialités donnent réellement de l'espoir. Et je pense qu'il va y avoir, effectivement, un avenir prometteur de la pratique théâtrale en Algérie. Outre le jeu des comédiens, il faut leur ajouter la formation. Je suis un partisan de la formation», fait-il savoir.
- Ibrahim Chergui, membre du jury, estime, quant à lui, que «cette édition nous a démontré, encore une fois, l'existence de talents. De réelles capacités dont nous pourrions être fiers. Et l'on peut dire que ces talents augurent un bel avenir ; un avenir prometteur de la pratique théâtrale en Algérie. D'ailleurs, le théâtre algérien a, de tout temps, été un théâtre prometteur.» De son côté, Ghouti Azri, directeur du Théâtre régional d'Oran, déplore que les thématiques des pièces aient limité l'imaginaire et la vision conceptuelle de la dramaturgie en question». Saïd Nasr Selim, professeur égyptien de diction, qui a animé un atelier dans le cadre du festival, a trouvé les spectacles très superficiels et peu qualitatifs. Omar Fetmouche, directeur du Théâtre régional de Béjaïa, lui, se montre optimiste. «Malgré le niveau hétérogène des prestations, le théâtre algérien avance sereinement et permet, à chacune de ses éditions, l'émergence de jeunes talents, fruit du travail en profondeur accompli par les théâtres régionaux dont le nombre s'accroît d'année en année.» D'année en année, le Festival national du théâtre professionnel est marqué, en dépit du niveau hétérogène des prestations, par l'émergence de jeunes comédiens au talent prometteur qui ont brillé par leurs capacités à porter un texte dramatique sur les planches.
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