
Héroïsme des moudjahidate dans le film de Yamina Bachir Chouikh (Hier, aujourdhui et demain)Deux documentaires traitant du mouvement féminin en pleine guerre ont été projetés mercredi dernier dans le cadre des 14es Rencontres cinématographiques.Le premier intitulé Hier, aujourd'hui et demain est un film de 105mn de Yamina Bachir Chouikh. Le film est composé de plusieurs témoignages abordant l'engagement et le rôle des femmes durant la guerre de libération. Elles s'appellent Nassima Hablel et Lucette Hadj Ali qui évoquent au départ les massacres du 8 Mai 1945 comme élément déterminant dans cette prise de conscience de se rendre utiles aux côtés des hommes qui avaient eux-mêmes créé le mouvement des femmes musulmanes. Ce documentaire aborde le besoin viscéral qu'ont senti toutes ces femmes à se rendre au maquis et notamment être au chevet des malades comme ces quelques infirmeries, éléments précieux que les moujahidine protégeaient contre les harkis même. Parmi ces témoignages émouvants de femmes, il y aura Houria Abid ou encore Hassiba Abdel Wahab. Mais aussi Hassiba Benyelles qui a quitté l 'école à l'âge de 11 ans et qui avouera avoir assassiné son propre tortionnaire. Pour cela, Toumya Laribi dite Baya El Kahla a témoigné pour sa part sur toute l'humiliation et les inégalités subies par les filles algériennes à l'école et qui sont devenues très vite une motivation qui a poussé ces adolescentes à travailler clandestinement pour la révolution de Novembre avant de rejoindre le maquis. Mais d'avouer aussi les sévères tortures que subissaient les femmes au moment de leur capture. Nassima Hablal qui racontera également son parcours, admettra au final la confiscation de cette guerre après l'indépendance. Un seul homme Yacef Saâdi, chef de la Zone autonome d'Alger montre le rôle hautement important des femmes telles que Hassiba Ben Bouali, Zohra Drif, Djamila Bouazza ou encore Djamila Bouhired, par des images d'archives ou extraits du film La bataille d'Alger. Aussi, le film évoque toutes ces femmes anonymes qui militaient souvent à l'insu de leurs familles, mari et le refus de certaines de se marier s'étant donné déjà corps et âme à la cause algérienne. Un film émouvant de par tout ces témoignages qui malgré la richesse et le côté pragmatique et audacieux des paroles péchera par son format plutôt conventionnel relevant plutôt du carré reportage télévisuel que du documentaire cinéma. Autre film projeté au courant de cette journée est celui de la cinéaste kurde vivant à Toronto, Zayne Akyol. Intitulé Gulistan, terre de roses en référence à cette femme kurde qui l'a élevée au Canada, ce film documentaire suit le compartiment féminin du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan qui est aussi un mouvement de guérilla hautement féministe, mais pas que. En plus de défendre le territoire kurde en Irak et en Syrie, ces femmes filmées avec sensualité en caméra serré, luttent aussi contre Daesh comme on le voit dans la seconde partie du film, épiant la nuit un camp du groupe islamiste. Ces femmes incarnent néanmoins un idéal révolutionnaire dit-on axé sur l'émancipation des femmes via la formation, l'éducation et la connaissance et surtout l'égalité homme femme. Le film suit ces femmes dont Rojen et Sodzdar entre leurs aspirations politiques et leur intimité. Une d'entre elles, chef du campement face à la caméra livre ses confessions intimes avouant «être plus forte que la mort».Le film porte un regard plein de tendresse sur ces guerrières. Un peu trop car la première partie semble à s'y méprendre s'attarder plus au bonheur de ces femmes dans ce camp qui rappelle presque un camp de vacances. Timide au départ et balbutiant, à mesure que le temps passe, le film épaissit son rythme au fur et à mesure que le danger se rapproche, notamment celui de Daesh. Mais il nous laisse souvent sur notre faim tant le récit semble manquer de consistance. Saluons tout de même le courage de cette femme cinéaste qui avouera lors du débat «mesurer toute la chance» qu'elle a a contrario de toutes ces femmes kurdes qui ont sacrifié leur vie pour venir en aide y compris au peuple arabe et dont la cohésion sociale et politique des femmes est d'autant plus importante et n'a d'égale que leur désir précoce de partir en guerre et se sacrifier pour la vie et la liberté de l'autre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : envoyée spéciale Hind OUFRIHA
Source : www.lexpressiondz.com