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Faiblesse de la productivité, dévaluation du dinar et dominance de la sphère informelle



Faiblesse de la productivité, dévaluation du dinar et dominance de la sphère informelle
Depuis janvier 2016, malgré les subventions de certains produits, la majorité des produits connaissent une hausse vertigineuse ayant un impact sur le pouvoir d'achat des Algériens. S'agissant d'un problème aussi complexe que celui de l'inflation, il me semble utile de préciser qu'une analyse objective doit tenir compte de la structure et des particularités de l'économie à laquelle ils sont appliqués, les aspects de structures de l'économie internationale, de l'économie interne résultant de l'option de la stratégie de développement économique, aux schémas de consommation générés en son sein pour des raisons historiques, d'influences socioculturelles et aux composantes des différentes forces sociales pour s'approprier une fraction du revenu national.1.- Concernant l'indice global de l'inflation, il doit être régulièrement réactualisé car le besoin est historiquement daté, les besoins évoluant. Le taux d'inflation officiel est biaisé, devant l'éclater par produits selon le modèle de consommation par couches sociales (fonction de la stratification du revenu national) et surcroît comprimé artificiellement par les subventions sinon il dépasserait les 10%. Car la perception de l'inflation est différente d'une personne qui perçoit 200 euros par mois de celle qui perçoit 10 000 euros n'ayant pas le même modèle de consommation. Un agrégat global comme le revenu national par tête d'habitant peut voiler d'importantes disparités entre les différentes couches sociales. Une analyse pertinente devrait lier le processus d'accumulation, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociale, devant déflater par le taux d'inflation réel pour déterminer le véritable pouvoir d'achat. Aussi, une interrogation s'impose : comment est-ce qu'un Algérien, qui vit au SNMG, (moins de 200 euros par mois, alors que le kilo de viande est de plus de 10 euros, la majorité des fruits dépasse 2 euros le kilo, sans oublier les produits de première nécessité comme la pomme de terre, fait face aux dépenses incontournables : alimentation, transport, santé, éducation. La cellule familiale, paradoxalement, la crise du logement (même marmite, même charges) et les subventions et transferts sociaux mal ciblés et mal gérés qui ont atteint entre 2013/2016 en 27/28% du PIB jouent temporairement et imparfaitement comme tampon social. L'inflation joue comme vecteur de redistribution et de concentration du revenu national au profit des revenus variables et pénalise les revenus fixes, plus de 7,5 millions en 2014 sur une population active de 12 millions vivant du salaire, certes pas du même niveau. Nous sommes dans un cercle vicieux : l'inflation accélère les revendications sociales pour une augmentation des salaires qui à leur tour en cas de non productivité accélère l'inflation. Comme la détérioration du pouvoir d'achat accroît soit l'endettement des ménages ou accélère la dé-thésaurisation des ménages notamment les couches moyennes qui se paupérisent en la mettant en circulation leur épargne gonflant la masse monétaire en circulation accélérant, en cas de rigidité de l'offre, le processus inflationniste. Lorsque l'Etat a les moyens financiers, l'importation de produits subventionnés joue comme tampon transitoire. Qu'en sera-t-il avec l'éclatement de la cellule familiale et en cas de chute du cours des hydrocarbures ne pouvant plus subventionner , un couple avec deux enfants devant percevoir minimum entre 35 000 et 45 000 dinars/mois pour uniquement substituer et devant éviter un nivellement par le bas pour des rasions populistes suicidaires ' Or toute Nation ne peut distribuer que de qu'elle a préalablement produite quitte à aller vers la dérive politique, sociale et économique. 2.-Quelles sont donc les raisons essentielles du retour à l'inflation en Algérie ' Bien que dialectiquement solidaires, je recense trois raisons essentielles du processus inflationniste en Algérie. Pour des solutions opérationnelles (voir étude réalisée sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul regroupant économistes, sociologues, démographes, pour le compte des pouvoirs publics entre 2008/2009 -11 volumes 1100 pages sur l'emploi et les salaires). -Premièrement la faiblesse de la production et de la productivité interne du fait que 97/98% des exportations avec les dérivées sont le résultat des hydrocarbures à l'état brut et semi brut tenant compte des déchets d'hydrocarbures comptabilisés dans la rubrique exportation hors hydrocarbures. C'est que plus de 95% du tissu économique sont constitués de PMI/PME organisées sur des structures familiales, ne possédant pas de management stratégique, ne pouvant pas faire face à la concurrence internationale. On peut démontrer facilement que le taux de croissance officiel hors hydrocarbures de 5/6% a été permis pour 80% via la dépense publique et qu'il ne reste pour les entreprises véritablement autonomes créatrices de richesses, pouvant évoluer dans un environnement concurrentiel mondial, moins de 20% du produit intérieur brut. Nous avons évidemment la croissance démographique et le versement de salaires sans contreparties productives. La population est de plus de 41 millions d'habitants au 1er janvier 2016 selon l'Office des statistiques. Le taux de chômage officiel est biaisé incluant les sureffectifs des administrations, des entreprises publiques, les emplois dans la sphère informelle et les activités temporaires de moins de six mois, pour partie des emplois improductifs. Or, le taux d'emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité. Lors de sa visite en février 2015 en Algérie le responsable du département Moyen-Orient Afrique du Nord du FMI note que l'Algérie ne doit pas se berner d'illusion de ses réserves de change qu'elle peut épuiser au bout de 4 années en cas d'un cours inférieur à 70 dollars a , fonctionné sur la base d'un baril de 115/120 dollars entre 2010/2014 et plus de 85/90 dollars entre e2015/2016 , doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures. Car la vrai richesse ne peut apparaitre que dans le cadre de la transformation du stock de monnaie en stock de capital, et là est toute la problématique du développement -La deuxième raison de l'inflation est la non proportionnalité entre les dépenses monétaires et les impacts. Selon un rapport pour la région MENA, l'Algérie pour des pays similaires dépense deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats, démontrant une mauvaise gestion pour ne pas dire une corruption socialisée. Et l'Etat algérien peut continuer à dépenser sans compter en lançant des projets non fiables à terme économiquement souvent pour des raisons de prestige. Mais l'Algérie peut-elle continuer dans cette voie suicidaire de subventions généralisées sans ciblage, de versements de salaires sans contreparties productives, des assainissement répétées des entreprises publiques avec des recapitalisations répétées des banques publiques contrôlant 80% du crédit global, malades de leurs clients souvent non bancables, au risque sans relèvement des taux d'intérêt d'une faillite du système bancaire freinant l'investissement ' Cette masse monétaire sans contreparties productives alimente le processus inflationniste. Ainsi selon l'Office national des statistiques (ONS) nous avons une hausse des prix à la consommation de 8,1% sur la période allant d'août 2015 à juillet 2016, soit près du double de ce que prévoyait le gouvernement pour 2016. Avec une détérioration du pouvoir d'achat du dinar approchant le taux de 2012 qui faisait suite aux augmentations salariales dans la Fonction publique qui avaient ont entraîné une hausse des prix de 8,9%. Si ce taux persiste, il sera impossible aux banques de continuer à donner des taux d'intérêts bonifiés, le taux d'intérêt dans toute économie étant supérieur au taux d'inflation avec des incidences sur l'investissement. -La deuxième raison du processus inflationniste, est la dévaluation rampante du dinar, 70-75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées étant importés et la distorsion entre le taux de change officiel et celui sur le marché parallèle, les vendeurs s'alignant souvent sur le cours du marché parallèle. Créé en 1964, le dinar algérien était coté avec le franc jusqu'en 1973, un (1) dinar pour un (1) franc, et par rapport au dollar un (1) dollar pour 5 dinars. Depuis 1974, la valeur du dinar a été fixée suivant l'évolution d'un panier de 14 monnaies avec une dépréciation entre 1986-1990 de 4,82 à 12,191 (cours USD/DZD), suivie d'une seconde dépréciation, de l'ordre de 22% en 1991. Avec la cessation de paiements en 1994 et suite au rééchelonnement et aux conditionnalités imposées par le FMI, il y a eu une nouvelle dévaluation de plus de 40% par rapport au dollar américain suivie dès 1995-1996 d'une convertibilité commerciale de la monnaie algérienne. (A suivre)
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