
Devant ce qu'il considère comme une indiscipline «caractérisée» des militants et des élus locaux de son parti qui n'honorent pas leurs cotisations, le président du FNA pense avoir trouvé la parade en menaçant tout simplement de rendre le tablier.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Décidément, notre paysage politique ne cesse d'accoucher de toutes les tares et autres incongruités : un président de parti qui, pour faire valoir son autorité et en appliquer les statuts et autre règlement intérieur, use de l'arme de la menace de démission. C'est ce que vient de faire le président du Front national algérien (FNA).Devant les membres du conseil national du parti réunis jeudi dernier, Moussa Touati a tout simplement menacé de se retirer si cette indiscipline venait à perdurer. «Vous savez, la quasi-majorité des militants, des cadres et des nombreux élus du parti ne s'acquittent même pas de leurs cotisations. Ils sont perdus de vue dès qu'une élection passe et ne pointent du nez qu'à l'approche d'une autre comme c'est le cas présentement avec la proximité des élections locales du 23 novembre prochain», affirmait, hier dimanche le président du FNA.Pour notre interlocuteur, la menace de retrait de la tête du parti constituait l'ultime artifice pour «appliquer les statuts et le règlement intérieur du parti», estimant que toutes les autres tentatives de faire régner l'ordre étaient vaines».Et cette arme semble, du moins momentanément, avoir eu son effet, puisque, explique Touati, «les membres du conseil national du parti ne cessent de me supplier de rester, eux qui m'ont promis de tout entreprendre pour remédier à cette triste situation».Un président du FNA qui n'est pas à sa première estocade contre les cadres et militants du parti qu'il n'a de cesse de «vilipender» à chaque fois. Comme ce fut le cas lors des dernières législatives quand il les accusait de «ne courir qu'après leurs étroits intérêts personnels», lui dont les députés quittent le navire FNA une fois élus avec l'exemple le plus édifiant quand, en 2012, de la dizaine de députés, neuf ont migré ailleurs le jour-même de leur installation. Certains d'entre eux ont créé, aux côtés d'autres cadres du parti, leurs propres formations politiques, «27» comme le soutient Touati himself qui y voit la «main du pouvoir» qui, selon lui, veut faire payer au FNA son «opposition saine»Et cette sortie inédite, le président du FNA a eu déjà à en faire, lui qui, au lendemain des dernières élections législatives, a entamé une grève de la faim jusqu'à ce que, comme il le soutenait mordicus, «mon parti soit rétabli dans ses droits en terme des spoliations en sièges parlementaires».Sauf que, faute de solidarité de ses propres cadres et militants, Touati a été contraint de renoncer à son action dans l'anonymat le plus total, comme fut le cas pour sa similaire action pour protester contre la démolition de la clôture de sa demeure à Médéa décidée par les autorités locales.Créé en 1999, le FNA a, pour rappel, vite connu la gloire avec une troisième place lors des élections locales de 2012. Une position qu'il ne maintiendra pas, cependant, lors des scrutins locaux de 2007 et de 2012 à l'issue desquels il comptabilise près de 1 080 élus locaux. Quant aux élections législatives, c'est le scénario similaire avec, de la quinzaine de députés qu'il a engrangés en 2007, il n'en compte qu'un seul alors que pour ce qui le concerne, il avait été classé au bas du tableau de la dernière élection présidentielle avec le peu reluisant score de 0,56% des voix des électeurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com