
L'Islande est bel et bien la sensation de cet Euro. Les Islandais ont éliminé lundi soir l'Angleterre à Nice (2-1) lors du dernier 8e de finale. Les Anglais avaient pourtant rapidement ouvert le score sur penalty (4e) avant de se faire surprendre par deux fois (6e, 18e). Voilà les Bleus, prochain adversaire de l'Islande en quart, prévenus.Les Anglais sortent définitivement de l'Euro mais ils n'ont, cette fois, pas eu leur mot à dire. Tombés sur une Islande héroïque, les partenaires de Wayne Rooney n'ont pu éviter l'élimination (1-2). Le capitaine anglais avait pourtant ouvert la marque très tôt sur penalty (4e). Mais il a vu son équipe se faire renverser par un torrent glacé en à peine un quart d'heure. D'abord par l'intermédiaire de Ragnar Sigurdsson, dans la foulée du but anglais (6e), puis sur un but du Nantais Kolbeinn Sigthórsson quelques minutes plus tard (18e). Un but qui a sonné, très tôt, le glas de la sélection aux Trois Lions. En réussissant le plus grand exploit de son histoire, l'Islande se donne le droit d'affronter la France en quarts de finale. Premier tir cadré de l'Euro et premier but pour SigthórssonLa petite île perdue entre la Norvège et le Groenland compte environ 330 000 habitants, soit à peu près autant que la ville de Leicester, récent champion d'Angleterre. Et le parallèle avec cette équipe que personne n'attendait est tout sauf malvenu. Mené très rapidement, le petit Poucet de l'Euro bâti pour défendre aurait pu se craqueler et perdre pied. À l'image des nombreux volcans de l'île, l'Islande a su faire fondre la glace et exploser la défense anglaise. D'abord grâce à son défenseur central Ragnar Sigurdsson, à la fois exemplaire pour ses partenaires et écoeurant pour ses adversaires (6e), puis le Nantais Kolbeinn Sigthórsson (18e), qui n'avait pas encore cadré un seul tir dans la compétition.Lancés dans une mission commando après le but du Nantais, les Islandais se sont logiquement retranchés devant leur surface mais ont tout de même eu des opportunités pour tuer le match, à l'image de leur capitaine Aron Gunnarsson, qui a trouvé Joe Hart sur sa route (83e). Kane est encore passé à côtéBrouillonne dans les trente derniers mètres, l'Angleterre s'est tout de même créée les occasions pour éviter l'humiliation. Mais quand ce n'était pas un tacle glissé de Sigurdsson (70e), un sauvetage de Sævarsson (90e), une tête d'Árnason (93e), ou plus simplement une intervention d'Halldórsson, c'était la maladresse de Kane qui venait accabler le champion du monde 1966. Etincelant tout au long de la saison avec Tottenham, le meilleur buteur de Premier League a été l'ombre de lui-même, une nouvelle fois.Emprunté, auteur de quelques coups de pied arrêtés catastrophiques, il a tout simplement vécu un long chemin de croix, comme ses partenaires d'attaque à l'exception peut-être d'un Sturridge remuant, à quelques pas de la promenade des Anglais. Une détresse qui contraste avec la joie des Islandais, tout heureux d'avoir composté leur billet pour un quart de finale inespéré en début de compétition. Les Bleus sont prévenus, ils devront venir à bout d'une équipe sacrément courageuse pour s'éviter le même camouflet que leur voisin d'outre-Manche. L'Italie met fin au règne espagnol Corrigée par l'Espagne en finale de l'Euro 2012, l'Italie a pris une superbe revanche ce lundi, au Stade de France, en 8e de finale en s'imposant (2-0) très logiquement contre une bien pâle Roja. Plus forts tactiquement et dans l'engagement, les Italiens mettent donc définitivement un terme à l'hégémonie espagnole. Ils retrouveront l'Allemagne en quart de finale.L'Italie est décidément la bête noire des prétendus favoris de cet Euro. Après avoir fait chuté la Belgique au premier tour (2-0), la Squadra Azzurra a frappé un énorme coup en s'offrant le scalp du double tenant du titre, l'Espagne, ce lundi au Stade de France (2-0).Une victoire obtenue grâce à un but de Giorgio Chiellini en première mi-temps (1-0, 33e) et un contre assassin conclu par Graziano Pellè en fin de match (2-0, 90 1e). En quart de finale, elle affrontera l'Allemagne, autre favori de la compétition. De son côté, l'Espagne, dominée tactiquement et dans l'intensité, sort par la petite porte après avoir été incapable de se révolter pour changer son destin. L'Italie avait le plan parfaitOn s'attendait à une opposition de style parfaite mais l'opposition n'a jamais réellement eu lieu. Dès le début du match, les Italiens, disposés dans leur traditionnel 3-5-2 par Antonio Conte, ont complètement fait déjouer les Espagnols et ont pris le contrôle du match grâce à une maitrise tactique remarquable. Un début de match parfait qui a été symbolisé par les nombreuses parades de grande classe de De Gea face aux offensives italiennes (8e, 10e).Mais, à force d'insister, l'Italie a finalement trouvé la faille. Après un coup franc d'Eder difficilement repoussé par le portier espagnol, c'est Chiellini qui a ouvert le score du bout du pied en se jetant (1-0, 33e). Une ouverture du score méritée qui a failli être suivi du but du break si De Gea n'avait pas encore une fois sauvé les meubles sur une frappe de Giaccherini (45e). L'Espagne n'a rien montré, elle n'est plus reineEn face, la Roja n'a jamais semblé dans son assiette, incapable de se révolter. Si Morata a bien tenté de lober Buffon (60e), les hommes de Vicente del Bosque se sont constamment heurtés à la muraille italienne. Ses premières vraies occasions ne sont intervenues qu'en fin de match, une fois que l'Italie semblait baisser de pied physiquement. Mais ni Aduriz (69e) ni Ramos (70e) n'ont réussi à attraper le cadre.Et lorsque les frappes espagnoles étaient cadrées, Buffon s'est chargé de tout détourner : une volée du gauche d'Iniesta (76e), une frappe du gauche de Piqué (77e) et un tacle aérien du même Piqué (89e). A force de se jeter dans la gueule du loup, l'Espagne a fini par se faire punir de la même manière que la Belgique lors du premier tour. Sur un contre assassin, c'est Pellè, encore précieux ce lundi dans le jeu de déviation, qui a puni l'Espagne après un centre contré de Darmian, en bon renard des surfaces (2-0, 90 1e).Qualifiée pour les quarts, la Squadra Azzura, qui a pris une éclatante revanche sur la Roja quatre ans après sa lourde défaite en finale de l'Euro 2012, a désormais rendez-vous avec l'Allemagne pour un quart de finale historique. Avec ce qu'elle a montré ce lundi, rien ne semble pouvoir lui faire peur. Pour l'Espagne en revanche, c'est la fin de huit ans de règne sans partage en Europe. La paire Pellé-Eder fonctionne bienGraziano Pellè et Eder ont été des atouts de poids dans le succès de l'Italie contre l'Espagne (2-0) en huitièmes de finale. Les deux attaquants italiens, méconnus avant le début du tournoi, forment un duo complémentaire, qui s'impose comme l'un des symboles de la Squadra Azzurra dans cet Euro.Les deux ont des noms de stars brésiliennes. Autant l'avouer tout de suite, ils n'en ont pas le talent, ni le pedigree. Mais avec Eder et Graziano Pellè, l'Italie possède un duo attaquants qui surprend dans cet Euro 2016. Bien sûr, ils n'affolent pas les compteurs, même s'ils sont efficaces (deux buts pour Pellé, un pour Eder dans cet Euro). Mais dans le collectif de la Nazionale, ils sont tout simplement devenus indispensables.La défense de l'Espagne peut en témoigner. Ce lundi sur la pelouse du Stade de France, Pellé et Eder ont mené la vie dure à l'arrière-garde espagnole, qui était arrivée à cet Euro avec de sérieuses certitudes. Buteur en fin de match sur une contre-attaque, Graziano Pellè, méconnu attaquant de Southampton apprécié par Antonio Conte pour son sens du collectif et son pressing, a surtout pesé par sa puissance physique sur la charnière Piqué-Ramos. Son travail sur Sergio Busquets pour contrecarrer la relance espagnole a ainsi été déterminant. Eder a lui apporté sa vitesse pour déstabiliser le bloc espagnol. Un symbole de la réussite tactique et de management de ConteAprès ce huitième de finale, ce binôme offensif s'impose comme le symbole de la réussite tactique et de management d'Antonio Conte, le sélectionneur italien. La défense 100% Juventus de l'Italie est bien entendu le point fort de cette Squadra Azzurra. Mais dans son 3-5-2, le technicien italien a réussi à trouver la bonne formule au milieu et donc devant pour faire rêver l'Italie dans cet Euro. Et pourtant, son réservoir offensif n'est pas séduisant. Il n'y a pas de Filippo Inzaghi, Roberto Baggio, Christian Vieri ou Luca Toni, loin de là.Préférés à Ciro Immobile, Simone Zaza, Stephan El Shaarawy ou encore à Lorenzo Insigne, Eder et Graziano Pellè exploitent cependant au mieux leurs qualités. Loin d'être des monstres techniques, les deux sont notamment très complémentaires. Ainsi si le grand attaquant (1,93 m) des Saints se montre utile avec son jeu en pivot pour faire remonter le bloc, Eder, moins en vue en 2016 avec l'Inter Milan, arrive à exploiter les espaces."C'est notre balance devant. Même s'ils ne marquent pas, ils font leur boulot. Ils sont très bien focalisés et savent ce qu'ils doivent faire", se réjouit le gardien italien du Paris SG Salvatore Sirigu. Travailleurs qui exploitent au mieux ses qualités dans un schéma précis : voilà qui résume bien cette Squadra Azzurra que l'on disait moins talentueuse. Pour le moment, ça lui sourit. Au grand bonheur d'Eder et Pellé. Ramos a perdu le contrôle Le capitaine de la Roja a sombré en multipliant les interventions approximatives, notamment en première période.Le déluge qui s'est abattu sur le Stade de France au coup d'envoi a été de trop pour lui. Sergio Ramos avait déjà la tête sous l'eau après son match contre la Croatie (2-1), où il a notamment manqué un penalty. Il a rebu la tasse. Le défenseur central du Real Madrid n'a bien sûr pas été le seul à ne pas être à la hauteur de l'évènement ce lundi au sein de la formation espagnole, qui lâche son titre. Mais lui, le capitaine de cette équipe d'Espagne, a été le symbole de la déroute de la Roja face à l'Italie (2-0).Sergio Ramos a vécu un huitième de finale extrêmement compliqué sur la pelouse dionysienne. C'est simple, on a eu du mal à reconnaître le défenseur rugueux du Real Madrid. Il a rarement été aussi peu présent dans les duels, aussi hésitant. En première période notamment quand l'Espagne s'est perdue, il a ainsi été en grand difficulté. Et a souffert face à la puissance de Graziano Pellè combinée vitesse d'Eder, deux joueurs au CV pourtant très loin du sien. Un Euro complet à oublierPendant plus de 65 minutes, Ramos a tout simplement multiplié les interventions approximatives. Et s'il a failli marquer sur un dégagement manqué juste devant sa cage (29e), c'est lui qui fait la faute sur Pellè sur le coup franc amenant l'ouverture du score des Italiens (33e). Sur le deuxième but italien, il n'est pas vraiment coupable. Mais il est encore impuissant et ne peut empêcher Darmian de centrer. Un vrai calvaire. Lui qui excelle d'habitude dans le dépassement de fonction n'est même pas parvenu à sauver son match de l'autre côté du rectangle vert, à l'image de sa tête passée au-dessus sur corner (70e).Il mettra sûrement un peu de temps à oublier ce match. L'Euro dans son ensemble d'ailleurs. Car si sa saison avec le Real n'a pas été sa meilleure au sein de la Maison Blanche sur le plan individuel, il est surtout passé à côté de ce tournoi où son pays rêvait de redorer son blason après son Mondial manqué. Lors des deux premiers matches, il n'avait pas eu grand-chose à faire tant la Roja avait dominé son sujet. Mais contre la Croatie, il n'avait déjà pas été impérial sur quelques interventions et avait manqué un penalty. Son huitième a confirmé cette tendance. Les vacances vont lui faire du bien pour sortir la tête de l'eau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Maghreb
Source : www.lemaghrebdz.com