Mila - A la une

Et si on retenait enfin la leçon!



Et si on retenait enfin la leçon!
En Algérie, les exportations sont constituées à 98% par les hydrocarburesC'est cette loi, ce mécanisme du marché qu'évoquent, à raison ou à tort, ceux qui refusent d'agir sur l'offre.L'évolution du prix de pétrole attire, depuis quelques mois, l'attention de tous les observateurs et des citoyens de tous les pays producteurs. Depuis l'été, l'or noir a perdu plus de la moitié de son prix (de 115 à 55 dollars depuis juin 2014). Les causes sont différemment appréciées et chacun y va de ses analyses. Ainsi, d'aucuns voient que, à l'image de l'action menée dans les années 1980 pour faire tomber l'Urss, une démarche a été entreprise ces derniers mois, à une grande échelle, et viserait à étrangler la Russie avec plusieurs objectifs. Il s'agit d'abord, d'éviter à ce que la Russie vienne, une autre fois, s'opposer à l'Occident dans des décisions stratégiques comme ce fut le cas, par exemple, lorsque Poutine s'opposa à ce que les Américains mènent des frappes contre la Syrie, poussant même Obama à faire marche arrière après une déclaration de guerre sans équivoque. Une Russie forte pouvant être dangereuse, la décision de l'affaiblir, coûte que coûte, semble prise.Si, maintenant, cette décision produit quelques «dommages collatéraux», comme aiment le dire les Américains, cela ne les dérange pas trop. Le problème est que ces dits «dommages collatéraux» peuvent être, en réalité, terribles comme ils l'ont été exactement dans les années quatre-vingt, des destructions, de véritables catastrophes, surtout pour des pays comme l'Algérie que ses gouvernants, toujours mal inspirés, ont forcée à ne vivre que de son pétrole.Le mécanisme du marchéL'autre objectif, non moins important, est d'affaiblir la Russie pour l'empêcher de nourrir des ambitions de grandeur à l'avenir. Il n'est un secret pour personne, en effet, que Poutine nourrit une certaine nostalgie de l'ex-Urss, qu'il rêve de mettre en place une zone tampon entre la Russie et l'Occident, une sorte de pays satellites, exactement à l'image de ce qui fut par le passé le rideau de fer. Pour l'en empêcher, il faut l'affaiblir et c'est dans ce sens que l'arme du pétrole semble avoir été choisie.D'autres préfèrent pêcher dans les grands principes d'une économie d'Adam Smith rapiécée et presque oubliée et nous disent que l'offre est actuellement bien plus élevée qu'il y a quelque temps. Passés à une production qui leur suffit carrément, les Etats-Unis ont provoqué un déséquilibre de marché mondial entraînant en même temps une augmentation de l'offre et une diminution de la demande, ce qui se répercute sur le niveau du prix. D'un autre côté, ajoutent-ils, le ralentissement de la croissance dans l'ensemble des pays, ou presque, a aussi entretenu cette baisse de la demande ce qui accentue la baisse de prix en question.Ainsi, tant que l'offre n'est pas réduite, le prix continuera à baisser tiré par l'insuffisance de la demande, l'équilibre tendant à être plus bas que le prix actuel selon la loi de l'offre et de la demande.C'est cette loi, ce mécanisme du marché qu'évoquent, à raison ou à tort, ceux qui refusent d'agir sur l'offre. Ceux qui, cependant, se voient sévèrement touchés ou qui s'attendent à l'être dans un avenir proche, ont commencé à bouger appelant à ne pas attendre le mécanisme du marché mais à le provoquer volontairement par une baisse de l'offre, c'est-à-dire par la baisse de la production, ce qui devrait inverser la tendance du prix et le ramener vers le haut. C'est dans ce contexte que, selon une information rapportée par l'APS ce dimanche, le ministre algérien de l'Energie, Youcef Yousfi, aurait demandé à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole de réduire sa production afin d'amortir les effets de la chute du prix de pétrole.En quoi peuvent nous aider aujourd'hui les festivals de Timgad'Cette démarche est tout à fait attendue du côté algérien car l'Algérie, qui est membre de l'Opep, subit mal la dégringolade vertigineuse du prix du baril alors que d'autres pays de l'organisation ne semblent pas pressés d'agir pour mettre fin à une situation dont les effets néfastes ne font que commencer à se faire sentir et qui, d'après tous les experts, ne tarderont pas à produire des conséquences des plus graves dans un avenir pas très lointains. Certains paysmembres de l'Opep, les gros producteurs en général, ne se sentant pas ou ne voulant pas se sentir concernés par les effets directs dévastateurs de cette baisse dangereuse des prix, ont fait savoir qu'ils ne réduiraient pas la production même si le prix atteindrait 40 dollars avant de corriger la semaine dernière qu'ils ne le feraient pas, même si le prix atteindrait 20 dollars le baril. Les arguments avancés par ces derniers est, d'abord, qu'ils refusent que cette baisse de prix soit exploitée par les pays non membres de l'Opep et, ensuite, parce qu'il appartient au marché, disent-ils, de jouer son rôle.C'est vrai que tout le monde ne ressent pas de la même manière les conséquences de cette chute des prix, mais il n'est pas difficile de comprendre combien un entêtement à garder la production élevée pourrait nuire aux pays dont les exportations - et donc les recettes - dépendent largement du pétrole et des hydrocarbures de manière générale. En Algérie, les exportations sont constituées à 98% par les hydrocarbures. Le budget de l'Etat repose essentiellement sur la fiscalité pétrolière et nous avons encore en mémoire le désastre des années 1980 lorsque le pays avait failli s'effondrer dans un contexte qui rappelle en tout celui d'aujourd'hui. Certes, nos gouvernants ont fait preuve de la pire incompétence en oubliant la misère des années 1980, certes ils ont été loin du compte dans leur gestion du pays et n'eût été la non-gestion, nous n'aurions jamais eu à craindre le pire aujourd'hui.A quoi ont donc servi tous ces festivals de Khalida Toumi, ces gouffres à milliards durant lesquels les chanteuses, des plus célèbres aux plus inconnues, venaient en Algérie ramasser des milliards pour une nuit morose à Timgad ou à Djemila ou ailleurs'L'embellie financière qui aurait dû servir à développer le pays a servi uniquement aux danseurs à danser autour de leurs vulgaires fantasmes qu'ils nous ont imposés comme totems. Elle a permis uniquement aux charlatans de se promener, le burnous de la bêtise sur les épaules, sur un boulevard de la République désert avant d'y égorger des boeufs en offrande à l'inconscience. On n'a pas besoin de beaucoup d'intelligence pour nous rendre compte que les temps à venir seront durs, très durs, surtout que ceux qui tirent les prix vers le bas ne sont pas prêts de cesser de le faire. La panique est venue s'installer déjà dans les rangs du gouvernement pour plusieurs raisons dont celle évidente qu'il va falloir agir autrement que par le passé et cette panique est visible depuis quelques jours car, après avoir fait semblant de ne pas s'alarmer, le gouvernement a bien fini par prendre quelques décisions qui ne trompent pas. Des mesures comme l'arrêt du recrutement dans la Fonction publique et le gel des salaires des fonctionnaires, bien qu'elles constituent deux erreurs supplémentaires qu'il ne fallait pas commettre, donnent un aperçu sur la panique et l'urgence qui s'est installée côté gouvernement et sont, on ne peut plus, significatives en ce sens.Les prévisions quant au prix du pétrole ne manquent pas. On nous annonce des grandeurs de l'ordre de 70 à 80 dollars d'ici l'année qui s'ouvre et celle qui la suit (2015-2016). Mais ne s'agit-il pas là encore d'un jeu de paroles vaines sans fondement et sans réalisme'Le monde est en train de s'ouvrir sous nos pieds et, au lieu de penser aux moyens de nous en sortir une fois pour toutes, certains continuent à chanter des promesses comme si de rien n'était, alors qu'ils étaient simplement incapables de voir venir cette chute de prix qui nous étrangle. Qu'on cesse donc, de grâce, de nous débiter n'importe quoi. Lorsqu'on a opté pour la cigale une décennie durant, il ne fait pas de doute que l'on a choisi d'aller inévitablement vers des temps durs. Ils le sont et ils le seront encore plus mais a-t-on appris la leçon' Il y a tout lieu de douter et c'est une des caractéristiques principales des incompétents qui, étant les pires des élèves, ils n'ont pas assez d'intelligence pour retenir les leçons.


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