La Turquie envisage sérieusement de supprimer les visas d'entrée dans son territoire au profit des ressortissants algériens.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a jeté un pavé dans la mare hier à l' APN. S'exprimant devant les députés, il a tenu à saluer la position officielle de l'Algérie vis-à-vis de la crise syrienne. Pour M.Erdogan qui a cloué d'abord au pilori le dirigeant syrien,M.Bachar El Assad, lequel, selon lui «ne rivalise plus, mais dépasse son géniteur dans le crime, l'Algérie soutient le peuple syrien».
En remerciant l'Algérie par rapport à cette position similaire avec celle de la Turquie, M.Erdogan souligne que le dossier est intimement lié à la crise malienne. «La Turquie ne peut pas fermer les yeux sur les crimes contre l'humanité d'Al Assad et n'est pas prête à lui pardonner», a-t-il souligné dans un discours prononcé devant les mem-bres de l'Assemblée populaire nationale. En revanche, poursuit-il, «la Turquie soutient l'aspiration au changement du peuple syrien». Au yeux d'Erdogan, «le processus dans la mutation démocratique opérée en Egypte, la Libye et la Tunisie ne se heurte nullement à un chaos et une anarchie généralisée». Au contraire dit-il «car leurs peuples respectifs pourront surmonter ces difficultés». Les députés-présents presque en totalité, une fois n'est pas coutume- qui se sont transformé en applaudimètre au cours du discours d'Erdogan, ont fait preuve de retenue lorsque la question syrienne a été évoquée. Dans ce contexte, Erdogan a appelé la communauté internationale à appuyer les revendications populaires des pays ayant vécu le printemps arabe.
La Turquie a accueilli sur son sol plus de 300.000 réfugiés syriens et fournit une assistance à presque 200.000 d'entre eux, présents dans des camps gérés par les pouvoirs publics, explique-t-il. La Turquie envisage sérieusement de supprimer les visas d'entrée dans son territoire au profit des ressortissants algériens. «Il faut lever la barrière des frontières d'autant plus que nous avons supprimé les visas d'entrée avec 70 pays, alors pourquoi pas avec l'Algérie», a-t-il indiqué. La suppression des visas d'entrée entre l'Algérie et la Turquie va, «encourager les échanges entre les deux pays notamment dans le domaine touristique», dit-il. Sur le plan de la coopération économique, il souhaite «de voir les échanges commerciaux entre l'Algérie et la Turquie se décupler pour atteindre les 10 milliards de dollars par an le plus tôt possible». Le Premier ministre turc a également affirmé la volonté de son pays de prolonger son contrat gazier avec l'Algérie de dix ans. Le projet de l'aciérie ou complexe sidérurgique qui sera implanté à Oran représente un investissement de 750 millions de dollars, a-t-il noté. Il a, en outre, indiqué que son pays voudrait que la compagnie Turkish Airways assure désormais trois dessertes par semaine vers l'Algérie au lieu d'une. «Des discussions concernant cette question précise sont actuellement en cours», a-t-il fait savoir. Erdogan a réitéré la volonté de son pays de renforcer son partenariat économique avec l'Algérie en dissertant longuement autour de la bonne santé de l'économie turque et en s'appuyant sur les points communs existants entre les deux pays. La Turquie occupe la 16e place parmi les meilleures et robustes économies du monde, a-t-il noté.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com