Mila - Revue de Presse

énergie



L?ENI fait faux bond à Sonatrach Il semble que la libéralisation du marché de l?énergie en Europe ait fait ses premières victimes parmi les pays exportateurs de gaz qui devront s?ingénier pour charmer les potentiels investisseurs. Le gouvernement algérien, qui n?a pas encore digéré la dérobade de Fiat dans le projet mort-né de Fatia, devra trouver un autre partenaire pour la finalisation du projet de construction du deuxième gazoduc, qui reliera l?Algérie à la Sardaigne. Pourtant, durant ces dernières années, les trois gouvernements italiens qui se sont succédé ont toujours affiché « un grand intérêt » pour ce projet et ont régulièrement réitéré leur disponibilité à y participer, jusqu?à il y a quelques mois. Mais voilà, les experts en matière d?importation d?énergie craignent de voir le marché italien saturé à cause de la multitude de fournisseurs et préfèrent freiner leurs importations, notamment celles qui proviennent de l?Algérie. Réaliste et point rancunier, le ministre de l?Energie et des Mines, Chakib Khelil, a décidé d?organiser, les 1er et 2 décembre prochain, une rencontre internationale à Milan (nord d?Italie), pour tenter de vendre son projet à de nouveaux clients. Avec un optimisme à toute épreuve, il a affirmé lors d?un séminaire de l?OPEC, tenu il y a deux jours à Vienne : « Nos études ont démontré que le projet est valable économiquement, c?est pourquoi, nous sommes optimistes quant à trouver des partenaires adéquats. » Par contre, la Libye semble avoir su tirer la bonne carte de la nouvelle donne du marché énergétique, puisqu?à partir de novembre elle fera acheminer pas moins de 8 milliards de mètres cubes de gaz, grâce à son gazoduc Greenstream, dans la péninsule. L?administrateur délégué de l?ENI, Vittorio Mincato, a précisé que l?Italie a besoin de 77 milliards de mètres cubes par an, pour ses consommations, et pourrait y ajouter entre 12 et 13 autres milliards. Un petit calcul permet de conclure qu?avec les 8 milliards de mètres cubes de gaz libyen un volume supplémentaire de méthane algérien se trouve de facto exclu du marché italien. Si le gouvernement italien est libre de choisir ses partenaires en matière d?importation d?hydrocarbures, il n?en demeure pas moins que ce énième lâchage laisse un arrière-goût amer de déjà-vu. Le groupe de construction automobile Fiat n?a-t-il pas engouffré des millions d?anciennes lires de subventions publiques, pour porter à terme le projet Fatia, dans le cadre de la coopération bilatérale, avant de se rétracter en douce ? Sans parler des millions de dinars dépensés par le Trésor algérien dans le cadre de ce projet bel et bien enterré, selon nos sources bien informées. Les Algériens seraient-ils plus sentimentaux que les Italiens, à en perdre le sens du pragmatisme dans les affaires ?
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