Mila - A la une

Encourager le recours aux génériques et aux bio-similaires



"Avec une facture annuelle d'importation en médicaments estimée entre 3 et 4 milliards de dollars, l'Algérie ne peut plus rester un pays qui importe. Nous avons les compétences nécessaires pour produire localement. Ces compétences ne demandent qu'à travailler, à pouvoir aider, pour passer à cette étape de fabrication", a affirmé le pharmacien en chef du CHU de Tizi Ouzou, le Dr Rachid Maacha, qui s'est exprimé, hier, en marge des 8es Journées nationales de pharmacie qu'a abritées cette structure de santé.Selon ce spécialiste, la pharmacie hospitalière doit passer à un stade supérieur et en finir avec les vieilles pratiques qui "consistent à faire un bon de commande et ramener le produit !". Il est temps, a-t-il ajouté, "de faire des économies et de développer notre production nationale".
Face à un budget limité et à un nombre de malades qui augmente sans cesse, le Dr Rachid Maacha estime que "nous devons nous rabattre notamment sur les génériques et le bio-similaire" car, a-t-il développé, "c'est en se rabattant sur ces médicaments qu'on pourra même faire des économies". Et, pour exemple, le Dr Maacha a cité le cas des pays européens, la France en tête, qui sont en train d'encourager ces formules.
"C'est à partir de là qu'on pourra réinvestir nos économies dans les dernières molécules qui arrivent et qui peuvent donner un espoir aux malades, notamment aux cancéreux, dont le coût de prise en charge avoisine 65% des budgets alloués aux CHU", a expliqué encore le Dr Maacha. Concernant une éventuelle pénurie dans la distribution des médicaments, notre interlocuteur a affirmé que celle-ci concerne les médicaments dits de "confort".
"Le milieu hospitalier est un milieu d'urgence, et nous sommes beaucoup plus dans l'injectable, qui est plus que disponible, que dans le comprimé, qui est destiné aux pharmacies. Pendant la période d'hospitalisation, le malade reçoit normalement son médicament", a-t-il rassuré. À souligner que ces 8es Journées nationales de pharmacie étaient aussi l'occasion de parler de la pharmacovigilance, dont le premier pas vient d'être franchi à Tizi Ouzou.
Le projet a été porté par une équipe de l'hôpital Belloua. "Cela consiste à suivre certaines molécules médicamenteuses administrées aux malades pour voir leur impact réel sur sa santé", a expliqué le Dr Maacha. Dans ce sillage, il a précisé qu'il existe déjà un service très développé au CHU d'Oran et qui forme même dans la pharmacovigilance. Ce dernier a pour mission d'alerter le Centre national de pharmacovigilance, la Pharmacie centrale et le ministère de la Santé sur les effets indésirables de certains médicaments qui peuvent même, par la suite, être retirés du marché, si cela est nécessaire.

K. Tighlit
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