La nuit a peur de l'aube, un titre qui rappelle La nuit a peur du soleil de Mustapha Badie, est le titre du livre de Mostefa Boudina sorti tout récemment de l'imprimerie de l'Anep.
«En parcourant ces écrits, le lecteur trouvera, tel est notre souci, la motivation essentielle qui a précédé à l'écriture de ce livre qui contribuera au rétablissement de la vérité sur la vie, les luttes, les souffrances physiques et morales et la fin héroïque des condamnés à mort guillotinés, fusillés et brûlés vifs entre 1956 et 1962», écrit l'auteur dans l'introduction de son ouvrage. Le livre et aussi, et surtout, une «guerre de mémoire», contre le film Zabana !, sorti en 2012 et réalisé par Saïd Ould Khelifa (scénario de Azzedine Mihoubi). Le livre comporte plusieurs chapitres, notamment ceux intitulés «La vérité efface le mensonge», «Les nonvérités du film Zabana» et «Tribunaux militaires». Le lecteur trouvera également les biographies de martyrs ou de rescapés, comme Ahmed Zabana, Ferradj Abdelkader, Fernand Iveton, Miloud Bougandoura ou Djamila Bouaza au sujet de laquelle l'auteur se demande «Notre sœur Djamila Bouaza vit en ce moment dans l'anonymat. Est-ce qu'elle est déjà oubliée ou est-ce qu'elle est marginalisée '» Mostefa Boudina est l'actuel président de l'Association nationale des anciens condamnés à mort. Que reproche-t-il au film Zabana! ' «Ce que nous demandons au producteur, c'est tout simplement de revoir certaines séquences qui occultent le parcours de notre combattant, qui dévalorisent son héroïsme et qui portent atteinte à l'histoire de notre Révolution», souligne-t- (page 5). Dans son livre, il cite, entre autres, séquence qui montre le moudjahid Ahmed Zabana en train d'exécuter le garde-forestier français. Cette séquence «doit être précédée d'une autre qui démontre que ce dernier (le garde-forestier) sévissait et abusait de nos femmes, ce qui prouvera que l'action du frère Zabana était un acte de justice». Boudina Mostefa est né le 18 avril 1939 à Texenna (Jijel). Fidaï puis responsable d'un groupe de choc dans la région de Saint Etienne de 1956 à 1958, a été arrêté et torturé dans un commissariat de Saint Etienne. En 1960, il a été condamné à mort par le tribunal militaire de Lyon. A la prison de Fort Montluc, il a assisté à l'exécution de huit de ses compagnons. Le 11 mai 1962, après le cessez- le-feu, il a été amnistié et libéré. Après l'indépendance, il a été syndicaliste et membre du comité central du FLN d'où il a démissionné en 1997. Entre 2000 et 2013, il a fait partie du tiers présidentiel au Sénat. Aujourd'hui, Mostefa Boudina est président de l'Association nationale des anciens condamnés à mort et président du parti politique le Mouvement des citoyens libres (MVL).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K B
Source : www.lesoirdalgerie.com