Mila - A la une

En l'absence de Wall Street : Clôture sans éclat en Europe



Les Bourses européennes ont terminé sans grand changement jeudi une séance peu animée en l'absence des investisseurs américains pour cause de fête nationale aux Etats-Unis, une raison supplémentaire d'éviter la prise de risque à la veille de la publication des chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis.
Le contexte général de marché reste par ailleurs marqué par la baisse des rendements obligataires, qui a fait brièvement tomber le dix ans allemand sous le taux de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE), une première.
À Paris, le CAC 40 a fini en hausse symbolique de 0,03% (1,92 point) à 5.620,73 points après avoir atteint, à 5.629,79, son plus haut niveau depuis mai 2018, mais dans des volumes réduits (1,9 milliard d'euros, à peine plus de 50% de leur moyenne des 20 dernières séances). A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,08% alors qu'à Francfort, le Dax a progressé de 0,11%. L'indice EuroStoxx 50 a pris 0,1%, le FTSEurofirst 300 0,08% et le Stoxx 600 0,09%
La Bourse de Milan a gagné 0,98%, au plus haut depuis 11 mois, portant ainsi sa progression à 5% sur les six dernières séances avec l'envolée des valeurs bancaires sur fond de chute des rendements des emprunts d'Etat italiens.
Au-delà de l'absence de Wall Street pour l'"Independence Day", la prise de risque a été limitée à la veille du rapport mensuel sur l'emploi américain, malgré le soutien assuré aux actions par la perspective de plus en plus nette de voir la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) assouplir leur politique monétaire dans les semaines ou les mois à venir.
Dans un entretien publié par le Börsen Zeitung, Olli Rehn, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que l'institution devait prendre de nouvelles mesures de soutien pour honorer son mandat.
Dernier signe en date du ralentissement économique dans la zone euro, les chiffres des ventes au détail ont déçu avec une baisse de 0,3% en mai alors que le marché attendait une hausse équivalente.
Aux Etats-Unis, les économistes tablent sur un rebond des créations d'emploi en juin après la forte baisse de mai, et sur une légère accélération de la croissance des salaires.
"Au moment où les investisseurs intègrent une probabilité d'un peu moins de 30% d'une baisse de taux de 50 points de base lors la prochaine réunion (de la Fed-ndlr), ce que dira le rapport sur l'évolution des recrutements et la croissance des revenus pourrait avoir un impact important sur les anticipations de marché", note Brett Ryan, économiste de Deutsche Bank.

Valeurs
Dans la torpeur quasi générale, les banques italiennes n'ont guère eu de difficulté pour se distinguer avec une hausse de 3,44% pour leur indice de référence, après un bond de près de 5% mercredi; le compartiment profite de la chute des rendements des obligations d'Etat émises par Rome après la décision de la Commission européenne de renoncer à une procédure disciplinaire.
Intesa Sanpaolo (+2,28%) affiche la plus forte hausse de l'EuroStoxx 50; UniCredit a gagné 4,96% et UBI Banca 5,62%.
A Paris, Valeo a pris 2,14%, la meilleure performance du CAC 40. L'équipementier automobile a déclaré à Reuters avoir engrangé 500 millions d'euros de commandes pour des capteurs de voiture autonome Lidar.
Dans l'actualité des fusions-acquisitions, le spécialiste allemand de l'éclairage Osram Licht s'est adjugé 0,78% après l'offre d'achat des fonds Bain et Carlyle.

Records à Wall Street
Wall Street a clôturé en hausse - et ses trois indices ont fini à des records - portée par les anticipations de détente monétaire dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et de tensions commerciales persistantes.
Ces anticipations se sont plus particulièrement nourries ce mercredi d'une série de statistiques qui n'ont pas particulièrement enthousiasmé les intervenants.
La séance a été écourtée en raison de la fête nationale (Independence Day) le 4 juillet, durant laquelle la Bourse sera fermée.
L'indice Dow Jones a gagné 179,32 points, soit 0,67%, à 26.966,00 points. Le S&P-500 a pris 22,81 points (0,77%) à 2.995,82 points. Le Nasdaq Composite a gagné 61,14 points, soit 0,75%, à 8.170,23 points.
"Dans la mesure où il y aurait une pause dans la taxation des importations chinoises et que la probabilité d'une baisse des taux par la Réserve fédérale augmente, de plus en plus d'investisseurs osent investir davantage dans les actions", a dit Shawn Gibson, responsable d'investissements du gérant d'actifs Liquid Strategies.
Les traders évaluent à 29,7% environ la probabilité d'une baisse de taux d'un demi-point à l'issue de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale des 30 et 31 juillet. Cette probabilité était estimée à 24% il y a une semaine.
Ces paris sur une détente monétaire avaient déjà permis aux indices Dow Jones et S&P-500 de réaliser leur meilleure performance pour un mois de juin depuis des décennies.
Au lendemain de la fête nationale, le marché prendra connaissance de l'un des indicateurs les plus attendus du mois: la statistique de l'emploi. On attend 160.000 créations d'emplois en juin après les 75.000 de juillet.
Le secteur privé aux Etats-Unis a créé 102.000 emplois en juin, un chiffre nettement inférieur aux attentes, suivant l'enquête mensuelle du cabinet privé ADP parue ce mercredi, tandis que les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué plus fortement que prévu lors de la semaine au 29 juin.
Le volume, réduit pour cause de séance abrégée, a été de l'ordre de 4,15 milliards de titres échangés contre une moyenne de 6,89 milliards sur les 20 séances précédentes.

Valeurs & indicateurs
Les valeurs défensives - "utilities" (services aux collectivités), immobilier et biens de consommation de première nécessité - ont réalisé les principaux gains sectoriels de la journée.
La baisse des rendements obligataires a rendu plus attrayantes les actions qui versent de gros dividendes.
Le rendement du dividende du S&P-500 et celui de l'emprunt du Trésor américain à 10 ans sont à peu près pareils.
Symantec a gagné 13,57%, plus gros gain du S&P, des sources ayant dit à Reuters que le fondeur Broadcom (-3,5%) poursuivait des discussions à un stade avancé pour acheter le spécialiste de la cybersécurité .
Outre l'enquête ADP sur l'emploi et les inscriptions au chômage, les traders ont appris que la croissance de l'activité dans le secteur des services a ralenti un peu plus fortement que prévu en juin, à son plus bas niveau depuis juillet 2017, suivant l'enquête mensuelle de l'Institute for Supply Management (ISM).
Le déficit commercial s'est creusé en mai en raison d'une hausse des importations qui s'explique par le fait que les entreprises ont gonflé leurs stocks en prévision d'une hausse des tarifs douaniers sur les produits chinois.
Enfin, les commandes à l'industrie ont encore baissé en mai, et plus que prévu, tandis que les livraisons ont elles à peine augmenté.

Changes
Le dollar est pratiquement inchangé par rapport à un panier de devises de référence, une stabilité liée à la fois à l'absence des cambistes américains et à la prudence de mise avant les statistiques mensuelles de l'emploi aux Etats-Unis.
L'euro, lui, est quasi stable face au billet vert en fin de séance à 1,1280, après être revenu à 1,1274, non loin du plus bas de deux semaines touché mercredi à 1,1267.
Parallèlement, la livre sterling reste proche de ses plus bas récents après les indicateurs économiques jugés préoccupants publiés ces derniers jours et les récents propos de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre.

Taux
Sur le marché obligataire, la séance a été marquée par le passage pendant quelques heures du rendement du Bund allemand à dix ans sous le taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à -0,4%. En fin de séance, il était toutefois remonté à -0,397%.
Le dix ans français a touché un nouveau plus bas historique à -0,137%, en repli de plus de trois points de base.
Le dix ans italien a quant à lui perdu jusqu'à plus de quatre points pour tomber en séance à 1,576%, au plus bas depuis octobre 2016.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)