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Dur, dur, la récupération



Dur, dur, la récupération
La récupération des déchets en vue de les recycler fait ses premiers pas en Algérie. Cette activité connaît un grand engouement de la part des jeunes porteurs de projets dans le cadres des différents dispositifs d'aide à la création de microentreprises. Néanmoins, des obstacles persistent et empêchent le développement de cette activité dont l'objectif « urgent » consiste à débarrasser nos villes des déchets et à développer un nouveau segment de l'activité industrielle. Ces difficultés sont, dans la plupart des cas, d'ordre organisationnel. L'activité piétine également en raison des méthodes encore artisanales utilisées par les opérateurs et au manque de coordination sur le terrain. Khaled Mouizi a créé son entreprise de récupération de matière métallique à Médéa en 2012, après avoir suivi une formation dans le domaine de traitement des déchets entre 2010 et 2011. « On fait la collecte des déchets (plastique, papier, aluminium) dans les décharges publiques de Djelfa, Médéa et Blida. On fait ensuite le tri. On procède au nettoiement de ces débris avant de les passer au broyeur qui donne de la matière première qu'on revend aux industriels », explique ce jeune, rencontré au Salon national de l'emploi, qui se tient à la Safex (Alger). Cet industriel s'adresse aussi aux centres d'enfouissement technique (CET) pour récupérer des déchets. « A ce niveau-là, c'est mieux. Les Cet font le tri et nous donnent de la matière à passer directement au broyeur, surtout quand nous avons une grande commande des industriels », a-t-il précisé. Après une expérience de six ans dans le domaine, Driss Benbakeur a décidé de lancer son entreprise de recyclage de plastique à Mascara en 2013. « Le crédit m'a permis d'acquérir de nouveaux équipements. Je peux maintenant couper et faire fondre le plastique pour le transformer en matière première directement exploitable par les industriels », dit-il. Cet opérateur fait appel aux jeunes collecteurs. « Il y a des gens qui font de la collecte des déchets. Ils ont des parcs où ils stockent leurs marchandises. Dès qu'il y a une quantité importante, ils me contactent pour aller la récupérer. Je travaille également avec les agriculteurs qui utilisent des canalisations d'irrigation qu'ils renouvellent périodiquement », note-t-il.Manque d'informations et de coordination« C'est dans ce salon que j'ai appris qu'il y a possibilité de signer des conventions avec les décharges publiques en vue de récupérer les déchets. Je vais ?uvrer à exploiter ce créneau », ajoute-t-il. Mais ces jeunes entrepreneurs en herbe font face à une anarchie dans la chaîne de collecte. « Notre objectif est d'arriver à faire le tri au niveau des foyers, ce qui va faire avancer énormément notre travail. Pour cela, nous sommes tenus de faire un grand travail de sensibilisation », souligne M. Mouizi. La circulaire sur la possibilité de ramasser ces déchets à partir de la source est parfaitement appliquée au niveau des institutions relevant du secteur public. « Nous faisons le tri des ordures des administrations publiques à partir des cantines et autres lieux, mais l'opération ne réussit pas dans le secteur privé », déplore-t-il. En outre, l'absence d'entreprises de transformation et de recyclage dans la région de Médéa a poussé ce dernier à se déplacer jusqu'à Tlemcen pour revendre « ses déchets triés ». « Nous ignorons peut-être l'existence des transformateurs dans la région. Il faut dire qu'il y a un grand problème de coordination dans ce segment », observe-t-il. Quant à M. Benbakeur, il est obligé d'aller jusqu'à Ghardaïa où il y a une forte demande des industriels et à Oran où se trouve une usine d'emballage. La récupération des déchets représente aussi un marché juteux pour les différents intervenants. « Les prix d'achat varie entre 25 et 35 DA/ kg et on vend cette marchandise aux industriels jusqu'à 60 DA/kg. Les prix varient et changent. C'est le marché qui décide », relève-t-il. Cet opérateur est très ambitieux. « Je vais développer mon usine et passer à l'industrie pour cesser définitivement l'importation », souhaite-t-il. L'incinération des déchets médicaux et hospitaliers fait également ses premiers pas en Algérie, mais reste très timide. « Nous venons juste de lancer notre activité. Nous allons dans les hôpitaux, les centres de santé et les cliniques pour récupérer ces déchets dangereux », signale Bilal Benabderahmane, opérateur à Mila. « Nous faisons ce travail sans signer de conventions avec ces structures. Nous avons eu des facilités de la part de la direction de l'environnement. Les responsables ont été compréhensifs car ils ont un grand besoin en la matière », souligne-t-il. Ce travail consiste à ramasser les déchets, les trier puis les incinérer. « Nous avons acquis le matériel nécessaire pour le faire », affirme-t-il.


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