
Les enfants aiment qu'on leur raconte des histoires, mais s'intéressent peu à l'Histoire. Les pédagogues se sont-ils interrogés sur les raisons de cette attitude paradoxale ' Si c'était le cas, ils auraient certainement compris la manière dont les enfants assimilent les faits et leurs contingences. Il y a lieu d'affirmer, de prime abord, que l'Histoire est une notion cognitive qui n'intéresse pas l'enfant dans la mesure où il en est détaché et n'a aucune incidence directe sur son vécu. En revanche, les contes constituent pour l'enfant son monde merveilleux d'évasion où il ne consomme pas de façon passive les évènements et les personnages du conte. L'enfant donne forme, à travers son imagination, aux espaces, au temps, aux personnages et aux évènements et il s'y implique parfois comme acteur en modifiant le cours de l'histoire ou en s'identifiant à un personnage donné. L'enfant est tellement émerveillé par l'histoire de grand-mère qu'il lui arrive de la reproduire dans un dessin ou dans une scène de jeu avec ses amis. Le conte reste alors gravé dans la mémoire de l'enfant au point où sa personnalité en formation est influencée par les faits emmagasinés. Sans déformer l'Histoire de la nation, les pédagogues doivent réfléchir à une méthode didactique qui prenne en compte les dispositions cognitives de l'enfant et sa manière d'assimilation pour enseigner l'héritage mémoriel, commun. Cette méthode peut passer par la narration magnifiée de l'Histoire, au dessin animé, au jeu figuratif de personnages et des lieux, au cinéma romancé. Les enseignants des cycles primaire et moyen ont tendance à enseigner l'Histoire de façon détachée, dans un cours magistral où l'enfant se perd entre les dates, les personnages et l'analyse d'événements. Souvent, l'Histoire est enseignée aux enfants de façon impersonnelle et froide ne favorisant nullement la stimulation de l'imagination fertile des récepteurs qui, en fin de compte, ne reçoivent rien. Ceci est d'autant plus dramatique que l'élève sait qu'il doit se concentrer car, à terme, il doit passer un examen d'évaluation. L'enfant est, de nature, réfractaire à ce qu'on lui impose. L'école est imposée. L'enfant ne s'y rend pas volontairement comme il se rend avec plaisir et bonheur dans une aire de jeu, à la plage, ou dans une randonnée. Le problème de l'enseignement et de l'apprentissage ne se pose pas uniquement pour l'Histoire, mais pour toutes les matières. L'école doit être repensée tant au plan infrastructurel que pédagogique. Si les pouvoirs publics ne font pas de l'école un espace attractif où l'enfant peut s'épanouir, jouer et apprendre, aucune réforme n'aboutira à préparer le citoyen de demain.
A. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Ghezali
Source : www.latribune-online.com