Le mois de Ramadhan est celui de tous les excès. Non seulement en matière de consommation, mais aussi en ce qui concerne les pratiques commerciales. C'est là une réalité bien établie depuis plusieurs années, et les exemples ne manquent. Il y a moins d'une semaine, des citoyens de Djelfa, en colère contre la flambée du prix du poulet, ont tout simplement décidé de bouder les marchands de volaille. Les premiers jours du mois sacré sont toujours douloureux pour les bas revenus face à la poussée inflationniste artificiellement entretenue et provoquée au grand dam des consommateurs. D'autant qu'en matière de marges bénéficiaires, c'est l'anarchie totale, que ce soit pendant ou en dehors de la période de Ramadhan. Le client n'est plus roi, il est à la merci de la spéculation dans l'indifférence d'une administration censée le protéger des excès et des abus.Il n'y a pas que les prix au détail qui échappent globalement au contrôle et à la régulation de l'Etat, il y a aussi l'hygiène, comme on a pu le voir avec la vente de produits avariés importés frauduleusement. Les saisies effectuées par les services du commerce ne concernent, malheureusement, qu'une infime partie mise sur le marché. Le risque que l'on fait courir sur la santé de la population par une administration laxiste et complaisante est aggravé par son manque de moyens pour accomplir ses missions de service public convenablement.
La responsabilité de l'Etat est entièrement engagée à partir du moment où, en amont, la réglementation est insuffisante et ne protège pas efficacement le consommateur en ne définissant pas de manière stricte des normes sanitaires à respecter. Comme par exemple pour les eaux minérales, où on ne fait pas encore la différence entre eau de source et eau naturelle, etc. Impossible pour le consommateur de savoir quelle est la composition minérale du liquide qu'il s'apprête à ingurgiter, d'autant que la loi algérienne ne fait pas obligation aux producteurs de faire figurer de telles informations utiles certifiées par des organismes techniques dûment agréés et reconnus par l'Etat.
Face à l'explosion de la demande, peu de producteurs semblent se soucier de ces questions de santé publique. La déréglementation, voulue ou non, qui a accompagné le désengagement de la puissance publique dans la sphère économique, a eu des effets dévastateurs parce que mal interprétée ou assimilée par la force des choses à un retrait pur et simple, d'où le laxisme constaté sur le terrain. Les organismes de contrôle se trouvent ainsi démunis par l'absence d'instruments réglementaires préalablement définis. Il y a pour ainsi dire plus qu'urgence que l'Etat retrouve ses missions de régulation et de contrôle, puisqu'il y va de la santé et du bien-être des Algériens. D'autant que l'inexistence de contre-pouvoir, comme les associations de défense, fait que les consommateurs ont souvent l'impression d'être seuls, face à ceux qui sont attirés par le gain facile.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com