
La galerie dar El Kenz a abrité du 18 au 31 mars, l'exposition "?uvres récentes", réunissant les artistes Moussa Bourdine, Adlene Djeffel, Moncef Guita, Mohamed Oulhaci et le sculpteur Nadjib Bensaïd, avec leurs ?uvres éclectiques, dénonçant ou mettant en avant des thèmes comme la famille, l'exil, ou la marginalisation des artistes.Ce dernier thème est justement repris par Adlene Djeffal, pour lequel la galeriste Zahia Guelimi nous expliquera qu'il fait écho à l'actualité entre conférences d'écrivains annulées et interpellations de blogueurs et d'auteurs. Le peintre a voulu exprimer à sa manière cette situation intenable qui menace la vie culturelle algérienne. Cet expressionniste déplore ainsi le sort de ses confrères avec onze toiles arborant une palette de couleur restreinte, dont le rouge, le noir et le marron, à travers lesquelles le contemplateur découvre, dans une atmosphère lugubre, des hommes, tête baissée, sans bras, attendant d'être "emballés" dans des cartons, qui sont en réalité la censure, et la peur constante à laquelle doivent faire face les artistes. Dans une palette de couleur similaire, le peintre Guita Moncef a tenu à rendre hommage avec une vingtaine de tableaux, à Issiakhem, avec ses personnages fiers, placides et héraldiques, en mettant en scène des femmes en habits traditionnels des quatre coins du pays : chaouies, tlemcéniennes, kabyles ou algéroises, avec leurs tatouages et leur fierté, que l'artiste comparera à ces arbres indestructibles. "L'arbre est emblématique" nous déclarera Guita. "C'est beau de le comparer à l'être humain, on retrouve les mêmes épithètes : la façon du premier de se tenir, de défier le vent, de puiser la sève dans l'eau. Il est à l'image que je me fais de l'être humain, qui vit, donne la vie, résiste aux problèmes". Et d'ajouter : "D'ailleurs, il y a des tableaux où j'ai peint en transparence des embryons, une sorte de radio, où l'on voit ce petit être se former". Le seul sculpteur participant à cette exposition était Nadjib Bensaïd, un mathématicien de formation qui transforme le métal, le bois, des branches d'arbres, en de gracieuses figurines et un hymne à la maternité, à travers l'Accouchement, qui symbolise, selon ses propos "un hommage et une marque de respect a toutes les mamans qui courent un grand risque et connaissent la grande douleur rien que pour nous donner vie". Même s'il avoue que ses ?uvres ne portent pas toutes un message, il dénonce, néanmoins, à travers L'accusateur, représentée par une main levant l'index au ciel, sa vision de la société et des hommes : "Avec cette ?uvre ?j'accuse' et je le crie haut et fort (le creux sur le dos de la main) en m'adressant à ceux qui me regardent et en sont témoins (la bille symbolisant l'?il, entre l'index et le pouce) et je prends à témoin Dieu dans mon acte accompli", a-t-il affirmé. Le thème de la femme est, encore une fois lors de cette exposition, repris par Moussa Bourdine et Mohamed Oulhaci, qui dévoilent dans leur ?uvres les formes, les attentes ou encore les déceptions des femmes. Le premier s'inspirera d'ailleurs de son épouse et sa mère Ma mère, pour saisir, à travers une vingtaine de toiles, ces instants de la vie quotidienne qui l'auront marqué, car imprégnés d'une valeur émotionnelle, tandis que le second exhibe leurs hanches, ventres et bustes (dans les toiles Aurore, Jouvence, et Appel), et donne ainsi à apprécier la splendeur de la nature et de la féminité. Des ?uvres éclectiques qui trouveront écho chez toutes les franges de la société, marquées par un réel engagement de ces artistes à dévoiler une part d'eux-mêmes, et à communier avec leur public.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yasmine Azzouz
Source : www.liberte-algerie.com