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Des enfants exploités abusivement à Mila



Des enfants exploités abusivement à Mila
L'utilisation d'enfants en bas âge dans les travaux de manutention n'est certes pas une spécificité milévienne, mais force est de reconnaître que le fléau s'installe un peu partout dans la wilaya 43.Qu'il soit motivé par l'envie de glaner quelques dizaines de dinars pour se prendre en charge ou dicté par l'obligation de survie et d'assistance de parents malades et séniles, le syndrome de l'utilisation incontrôlée d'adolescents dans les activités manuelles épuisantes fait tache d'huile dans les souks, mais beaucoup plus dans les chantiers de fabrication de matériaux de construction.En l'absence de tout contrôle et d'une réglementation claire régissant le recours à l'emploi de la main-d'?uvre infantile lors des opérations de chargement et de déchargement de cargaisons de marchandises, des dizaines de chefs de chantiers de construction et de champs de fruits et légumes, à Chelghoum Laïd, comme un peu partout ailleurs, exploitent sans vergogne des gamins en contrepartie d'une rétribution souvent dérisoire.La plaque tournante du gros et du demi-gros de l'alimentation générale dénommée «Sabalou», dans la ville sus-citée, constitue également, pour ces escouades d'enfants quêtant derrière leur pain quotidien, des opportunités non négligeables de se procurer quelques pécules. Des gosses chétifs dont la physionomie et les yeux trahissent une certaine détresse sociale, trimbalent, tous les jours et pendant de longues heures, des portefaix, des caisses et des sacs de produits agricoles moyennant quelques dizaines de dinars.Adel et Bachir, âgés respectivement de 15 et 16 ans, résidant à quelques encablures du marché de gros de fruits et légumes (tous les deux exclus de l'école), ont troqué depuis déjà plusieurs années le tablier de l'école contre la blouse de portefaix. Ils tirent, cependant, une fierté légitime de leur nouvelle situation. «Nous ne gagnons certes pas beaucoup, mais cela nous permet au moins de nous prendre en charge et de ne pas vivre aux crochets de nos parents», lancent-ils.Chelghoum Laïd, plaque tournante du fléauSelon les témoignages qui nous ont été rapportés, ils seraient très nombreux ces gosses en bas âge à brasser cette activité (celle du portefaix s'entend). Venant des agglomérations environnantes, surtout de Bouhatem, Ferdjioua et Ouled Khelouf, ils débarquent, chaque jour, dans les surfaces agricoles et les chantiers de fabrication de matériaux de construction pour s'adonner au rituel des exercices éreintants de manutention. Dans les champs de récolte, tout comme sur les aires de confection du parpaing et du plâtre, nous avons constaté de visu une foultitude de gamins se livrant à des corvées harassantes de cueillette de la pomme de terre, de l'oignon et de la carotte, en passant par le chargement de la brique et des agrégats.A en croire certaines indiscrétions, il semble que la formule appliquée d'un commun accord entre l'employeur et l'ouvrier intermittent consiste en «le paiement de cette main-d'?uvre juvénile, soit à l'heure, soit au tonnage de la cargaison chargée ou déchargée». Les temps étant ce qu'ils sont, l'absence de perspectives et le chômage rampant aidant, les enfants optant pour ce genre de métiers précaires ne rechignent nullement à la tâche.«Malgré leurs faibles attributs physiques et les dérisoires sommes qu'ils gagnent, ils y en a même qui supplient, voire quémandent qu'on leur donne à charger ou à décharger un camion de marchandises», affirme un grossiste de fruits et légumes. Au fait, une véritable exploitation qui ne dit pas son nom.


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