
Par Aziz FarèsMais alors quoi, qu'est-ce qu'il veut celui-là ' Bien sûr qu'il faut informer pour que le changement devienne possible. Comment informer ET agir pour faire face à un pouvoir arbitraire qui ne démordra pas facilement 'C'est une lame de fond qui doit se préparer dans la concertation mais surtout dans le plus grand secret car cela exige un mouvement d'ampleur seul en mesure de rétablir un équilibre en faveur de la société.Ce mouvement existe pourtant mais il fonctionne par à coups sans véritable stratégie, sans autre objectif que de mettre un terme à un règne d'incompétence.Ce fut le cas des pères fondateurs dont le seul projet de société, noble, était l'Indépendance.Nous répétons en quelque sorte les mêmes mécanismes mais cette fois contre nous.L'intérêt est ailleurs et nous ne le voyons pas. Nous ne sommes pas capables de le voir car nous le cachons comme une honte pour une faute supposée.Notre «classe» politique se complaît à redoubler, tripler les années d'une école qui ne lui a rien appris. Sauf à se présenter effrontément devant des électeurs-otages qui s'abreuvent d'images tombées du ciel en rêvant d'un au-delà où ne se rencontreraient ni les uns ni les autres.Quel rapport, pervers, peut-il y avoir entre le vol et les voleurs ' Comment ce rapport a-t-il pu s'établir, fonctionner et se maintenir pendant une période aussi longue. Longue dans la vie d'un homme.Quel rôle l'école a-t-elle joué depuis 50 ans ' Quel rôle joue-t-elle aujourd'hui ' Quel sens donne-t-on, maintenant, à l'idée de Nation ' Comment l'aspiration profonde à l'indépendance s'est-elle transformée en cri de détresse ' Quant à la religion, vidée de sa dimension spirituelle, elle ne représente qu'une suite répétitive d'actes manqués.Les nouveaux patrons de presse sont aussi responsables de cette situation et n'ont rien trouvé de mieux que de se lancer dans des combats partisans en oubliant d'accomplir leur mission, celle, noble, dont ils avaient été investis réduisant la plume des journalistes, souvent lumineuse à produire des graffitis.Les intellectuels, les écrivains, les artistes, peintres, musiciens, l'intelligentsia de dimension internationale ne rêvent plus et les penseurs et stratèges politiques sont déconnectés de la réalité tragique d'une société en détresse.Faut-il se contenter de reproduire, sans effort, un message déraisonnable qui a perdu tout sens à force, dans un réflexe pavlovien, de faire des «copier-coller» advitam...'Le lien, pourtant, existe. Il est là , visible, clair, solide pour ceux qui veulent le voir et s'en saisir.L'idéologie nationaliste qui a permis de résoudre l'équation absurde du colonialisme semble nous avoir enfermés en brisant une dynamique historique.Les médias, il faut y revenir, au même titre que les «gouvernants» ont mal assimilé leur rôle et ont été séduits par des sirènes habiles qui, à l'unisson, chantent une partition écrite en mode pétro-dollars.Les TV «prétendument privées sont toutes dans la même poubelle car elles n'ont pas réussi à comprendre que leur travail était d'une importance capitale : transmettre, communiquer, diffuser le savoir, en maintenant vivante l'étincelle de l'espoir à l'instar de modestes mais illustres ancêtres qui avaient l'intuition du devenir.La Révolution, ce n'est pas Novembre 54. Ce serait trop simple.S'y référer sans cesse comme d'autres tentent de s'accrocher au burnous du Prophôte c'est nous faire redevenir ce que nous ne voulions plus être.A quoi cela nous a-t-il menés ' A entretenir une illusion de liberté, un faux sentiment d'indépendance qu'une analyse intellectuelle rapide permet de démonter sans effort.Le recul est non seulement nécessaire mais il devient urgent de prendre ses distances par rapport à une question sans issue. Du moins une issue murée par des certitudes figées.L'Algérien millénaire, enfant de La Casbah, du Medracen, fils et fille de Fatma N'soumer, du Grand Amenokal, de Jugurtha, de Lalla Kahina, héritier de saint Augustin, de Tarek Ibn Zyad, saura-t-il s'affirmer comme une entité libre, autonome et responsable 'Et entrer dans la modernité avec pour socle la démocratie citoyenne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A ”ˆF
Source : www.lesoirdalgerie.com