
À un peu plus de deux semaines de la clôture des dépôts des demandes de candidatures pour l'élection présidentielle, il y a comme un début de décantation qui s'opère sur la scène politique. Les contours de la future course commencent à se dessiner. Les futurs acteurs se sont déclarés. D'un côté on a ceux qui d'ores et déjà ont annoncé leur abstention et appellent au boycott de l'élection, de l'autre on a ceux qui ont décidé de s'engager et attendent le verdict du Conseil constitutionnel, lequel, une fois tombé, en fera des candidats à la présidentielle ou les poussera à adopter une autre position : soutenir un autre prétendant resté en course ou rejoindre le camp des boycotteurs. Il ne reste plus que la décision de Abdelaziz Bouteflika quant à son intention de briguer un quatrième mandat ou son abstention, qui est toujours inconnue. Et attendue, car elle influera sur de nombreuses positions, de partis comme de candidats, et accélérera la décantation. Mais à bien y regarder, des pistes sont déjà données, et l'annonce de la candidature de Bouteflika ne serait qu'une question de jours, certains titres de journaux avancent même des dates. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, proche parmi les proches du Président, a distillé des messages qui, pour sibyllins qu'ils paraissaient, n'en étaient pas moins porteurs en filigrane d'indications pour qui veut les décrypter. En visite samedi dernier dans la wilaya de Mila, M. Sellal a saisi l'occasion de sa traditionnelle «rencontre avec la société civile» -qu'il réserve habituellement à un débat ouvert avec l'assistance-, pour faire des annonces en rapport direct avec l'élection présidentielle. «Dans les tout prochains jours, nous verrons l'arrivée de l'Algérie moderne et démocratique, l'Algérie de la continuité, l'Algérie démocratique et sociale», affirmera-t-il. Abstraction faite de l'écrin, on retiendra l'usage du terme «continuité», et, en toute logique, quand on parle de «continuité», on a tout dit.Mais pour ceux qui trouveraient que le Premier ministre en a ou trop dit ou pas assez, M. Sellal se fera plus clair en présentant tout bonnement le programme du gouvernement, qui est le programme du Président, pour les années futures. Or, aurait-il parlé de programme s'il n'avait pas déjà son idée sur l'intention de celui qui en est l'artisan. Et pour enfoncer le clou, le Premier ministre annoncera la couleur en donnant les futurs chantiers qui, certainement, seront également les thèmes de la campagne électorale du futur candidat non déclaré Bouteflika : débureaucratisation, mise en ?uvre d'une meilleure justice sociale, sortie de la dépendance aux hydrocarbures, liberté d'expression, avec soutien aux médias publics et privés, et meilleure administration de la justice. Pour finir, le Premier ministre lancera un appel à tous les citoyens pour participer «à l'édification de l'Algérie moderne. La volonté du Président est claire. Nous travaillons à édifier une Algérie meilleure. L'Algérie d'aujourd'hui est meilleure que celle d'hier et celle de demain sera encore plus belle», conclutM. Sellal qui, finalement, a tout dit.Ainsi, sauf un retournement de dernière minute, il ne reste plus que l'officialisation par Abdelaziz Bouteflika de sa volonté de garder son poste. Dès lors, la décantation sera totale. L'enjeu connu, les règles du jeu définies, il appartiendra à ceux qui y sont engagés de se montrer à la hauteur de la haute fonction pour laquelle le choix du peuple est sollicité. Autrement dit, respecter ce peuple et sa liberté de choisir à qui il voudra confier la présidence de son pays. Ce respect n'est pas uniquement le devoir des candidats, mais également de tous ses soutiens et, surtout, de ceux qui ont pour mission d'assurer, sans aucun parti pris, l'expression du choix populaire, quelle qu'elle soit.H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com