Farid, père de famille âgé de 44 ans, originaire de la commune de Sidi-Merouane, au nord de Mila, a tenté de mettre fin à sa vie en s'immolant par le feu, un certain matin du mois de décembre 2010.
En effet, écarté de la liste des bénéficiaires des 40 logements sociaux attribués fin 2010, Farid, père de quatre enfants en bas âge, s'est aspergé d'un liquide inflammable, à l'intérieur même du bâtiment municipal, et a mis le feu à son corps. Secouru par des citoyens se trouvant sur les lieux et par des éléments de la gendarmerie, Farid est évacué à l'hôpital de Mila où il passera sa journée sous surveillance médicale.
Dix-huit mois après cette triste épreuve, l'infortuné garde toujours le traumatisant, le cauchemardesque souvenir de son corps qui prenait feu, ce corps qui porte toujours les stigmates indélébiles des langues de feu.
Nous l'avons approché dimanche pour savoir si, depuis, sa situation sociale s'est améliorée. Le constat est sans appel. 'Nous sommes, mes enfants et moi, accablés de misère. Je suis au bord de la folie. Certes, on m'a accordé un logement, mais je n'ai même pas de quoi payer le loyer ni les factures de gaz et d'électricité. J'ai postulé à un crédit Cnac pour concrétiser un projet de boulangerie-pâtisserie, mais on me fait poireauter depuis près de deux ans. Je ne sais plus où donner de la tête. Et à présent, toute ma pensée est dominée par une seule idée : rééditer la mésaventure de décembre 2010.
Et si je venais à récidiver, je le ferais, cette fois, devant le siège de la wilaya", dira-t-il. Gérant d'une bicoque où il confectionne et vend de la pizza, Farid est financièrement dépassé, compte tenu des maigres retombées pécuniaires qu'il tire de son modeste commerce.
Des revenus si maigres d'ailleurs qu'il n'arrive pas à mettre de côté de quoi s'acquitter de son loyer et de ses factures d'énergie. 'Je n'ai pas payé le loyer ni l'électricité et le gaz depuis pratiquement une année. Une partie de mes recettes va aux lotions et pommades que j'utilise contre les lésions qui me hantent toujours. Le reste ne suffit même pas au pain quotidien, j'ai six bouches à nourrir. Je vous assure que si des agents de l'OPGI ou de Sonelgaz viennent pour l'encaissement, par Dieu, je leur ferai voir des vertes et des pas mûres", dira-t-il sur un ton menaçant. Discret, n'aimant pas à se confier à tout-venant, Farid nous susurra : 'Si j'obtiens ce crédit Cnac, je ferai travailler jusqu'à une dizaine de personnes. Pour avoir traîné ma bosse partout, je sais ce que c'est qu'une boulangerie-pâtisserie."
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUABDELLAH
Source : www.liberte-algerie.com