
Les inscriptions pour les cours particuliers ont débuté tôt, très tôt même. A peine l'année scolaire bouclée, et les résultats des examens de fin d'année communiqués, les élèves de classes Terminales, en particulier, se sont rués sur les inscriptions auprès des enseignants dispensant des cours particuliers ou de soutien. Déjà, certains enseignants «réputés» affichent complet ! «Il faut s'y prendre si on veut avoir une place chez les bons enseignants, avec lesquels le succès aux examens est assuré à un taux très fort, atteignant, chez certains d'entre eux, jusqu'à 90 %», nous dira un élève qui a pris un ticket de cours particuliers avant de partir en vacances. D'autres n'ont pas eu la chance de trouver une place libre dans des locaux «surchargés», selon le terme usité par les enseignants qui s'excusent de ne pouvoir donner suite à leur demande d'inscription. D'autres enseignants affichent ‘complet' dans des tranches horaires d'emploi du temps très prisées par les élèves, soit durant le week-end et de préférence ni très tôt, dans la matinée ni trop tard, dans l'après-midi. Reste alors le choix de s'inscrire dans une plage horaire qui se prolonge jusqu'à la soirée, ainsi que les enseignants de «moindre renommée», ou donnant des cours dans des endroits isolés et non adaptés à cette activité, surtout question de sécurité. Quant au coût des cours particuliers, il n'y a pas eu de hausse cette année, selon des échos auprès des élèves, qui avancent des prix entre 1.000 et 1.500 dinars par mois, toutes matières confondues. C'est déjà une charge difficile à supporter par des ménages qui paient, parfois, des cours de soutien pour 3 enfants. «On consacre une bonne partie du salaire aux cours particuliers», avouent des parents. Pour précision, selon des enseignants, le phénomène des cours particuliers touche jusqu'à 4 élèves sur 5. Autant dire, une école parallèle, hors de toute maîtrise. Les responsables de la tutelle dégagent leur responsabilité de cet engouement pour les cours particuliers, estimant qu'il s'agit d'une «liberté» des parents d'élèves et que «le premier et le dernier mot» dans cette affaire, leur revient. Toutefois, il semble que les pouvoirs publics ont trouvé l'astuce pour récolter un peu d'argent avec ces enseignants qui se font beaucoup d'argent, dans ce créneau. Les services des Impôts sont à cheval sur cette question, et l'on nous assuré qu'ils vont effectuer des tournées, à travers tous les lieux où l'on donne des cours particuliers, les lieux connus et ceux qui se trouvent cachés, dans des endroits isolés, afin d'astreindre les enseignants au paiement de taxes relatives, à leur activité dont l'aspect est lucratif.«Les cours particuliers seront, désormais, assimilés à une profession libérale», qui doit obéir à la fiscalité en vigueur, dans ce domaine, dès lors qu'il s'agit de revenus réalisés par l'enseignant, en dehors de son travail, affirment nos sources. Ajoutant que la législation actuelle arrive à cerner les revenus réalisés par les titulaires de professions libérales, à partir du caractère intellectuel dominant, et cela permet, aux services des Impôts de considérer les cours particuliers, qui ont pris une grande ampleur, en tant que profession libérale.Classer les cours particuliers dans la case des professions libérales est une piste qui est, sérieusement, envisagée par les autorités compétentes qui estiment, dans ce sens, que tant qu'on a pas pu, et qu'on ne pourra jamais, éradiquer cette activité parallèle des enseignants, mieux vaut en tirer profit sur le plan de la fiscalité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com