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Colère en Egypte après l'augmentation des prix à la consommation



Colère en Egypte après l'augmentation des prix à la consommation
Les Frères musulmans, interdits et dont les responsables incarcérés écopent au fil de leurs procès des condamnations à mort sinon à perpétuités, se frottent les mains. Les augmentations drastiques du prix de l'essence et les hausses des taxes sur le tabac et l'alcool en application cette semaine en Egypte pourraient se retourner contre le nouveau raïs égyptien, le maréchal al-Sissi. La colère, partie des chauffeurs de taxis et de bus, s'est propagée et le petit peuple, frappé dans sa poche, commence à s'interroger sur le père providentiel qu'il a adoubé au nom de la stabilité, certes, mais surtout pour une vie plus digne. Dans la rue, les égyptiens disent clairement qu'ils ne s'attendaient pas à ce que al-Sissi s'en prennent aux pauvres en premier, et qu'il aurait du commencer par supprimer les aides publiques aux hommes d'affaires et aux chefs d'entreprise. Le président post islamiste avait effectivement promis de relever le niveau de vie de ses électeurs dont les trois quart survivent avec moins de deux dollars par jour, soit 3 millions de personnes. Mais le pays, au bord de la banqueroute, aurait plongé s'il n'y avait pas eu l'obole saoudo-koweitienne. En outre, dans le pays où les crises à répétition depuis début 2011 ont fait fuir touristes et investisseurs et mis l'économie à genoux, l'Etat consacre jusqu'à ces mesures plus de 30% de son budget aux subventions sur les hydrocarbures et les produits alimentaires. Harcelé par les institutions financières internationales, ses partenaires dont les Etats unis, al-Sissi, élu avec 97% des voix en mai, 11 mois après avoir destitué l'islamiste Mohamed Morsi, n'avait d'autre choix que de défendre ces hausses. "Il vaut mieux affronter la situation plutôt que de laisser le pays couler", a répondu à Al-Ahram, journal gouvernemental, celui qui, sitôt investi président, a fait campagne pour l'austérité et a appelé les Egyptiens à faire des sacrifices pour l'économie de leur pays. Lui-même a donné l'exemple en se contentant de la moitié du salaire de président, soit 3 000 dollars par mois. Les Frères musulmans sont d'autant plus en embuscade que des craintes se font jour au Caire sur une possible augmentation de nombreux biens de consommation de première nécessité, en réaction à la hausse des prix du carburant. Le gouvernement a également approuvé une augmentation des impôts et des augmentations du prix de l'électricité étalés sur cinq ans. L'opposition islamiste pro-Morsi pourrait miser sur cette grogne sociale pour tenter de grossir les rangs de ses manifestations qui s'essoufflent face à la répression. En un an, plus d'un millier d'islamistes ont été tués, 15 000 arrêtés et des centaines condamnés à mort à l'issue de procès expéditifs de masse. Samedi, alors que ce train de mesures anti populaire était rendu public, un tribunal a condamné le guide suprême de la confrérie Mohamed Badiez et 36 islamistes à la prison à perpétuité pour une manifestation violente il y a un an et confirmé la peine capitale de dix autres coaccusés jugés pour la plupart par contumace. Badiez, en prison et poursuivi dans des dizaines de procès comme la quasi-totalité de la direction de son mouvement, a déjà été condamné à mort dans deux autres affaires similaires.Ces verdict de masse et à la chaîne ont fini par inquiéter al-Sissi pour leurs conséquences sur le plan diplomatique. En regrettant la tenue du procès de journalistes d'Al-Jazeera, condamnés à de lourdes peines de prison, le président égyptien a adressé un message à la justice dont les verdicts sévères dans plusieurs affaires très médiatisées ont provoqué un tollé international.D. B.NomAdresse email


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