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Christine Lagarde en Algérie: réformes mitigées et une économie sous perfusion de la rente



La Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Mme Christine Lagarde, devrait effectuer une visite en Algérie du 12 au 14 mars 2013 selon l'agence officielle algérienne APS où elle serait sera accompagnée de responsables du département du Moyen-Orient et Afrique du nord de cette institution, afin de passer en revue les relations entre le FMI et l'Algérie en tant que pays membre.
1.-Selon le FMI : aisance financière due à la rente des hydrocarbures et emplois rentes
Un taux de croissance, se calcule par rapport à la période précédente, un taux de croissance élevé à la période T1, en référence à un taux de croissance faible en référence à la période TO donne globalement un taux de croissance faible. Selon les institutions, le rapport du FMI 2011, le produit intérieur brut l'Algérie est de 158,97 milliards en 2010, 183,4 milliards de dollars en 2011 et de 188,6 milliards de dollars en 2012. Or, il y a lieu de souligner la faiblesse de la production et de la productivité du fait que 97/98% des exportations sont le résultat des hydrocarbures à l'état brut et semi brut, les 2.3% hors hydrocarbures fluctuant depuis plus de 20 ans pour un montant dérisoire entre 900 millions de dollars et 1,5 milliard de dollars. Ces 2/3% sont constitués en majorité de produits semi finis, issus eux-mêmes des hydrocarbures et déchets ferreux et non ferreux. C'est que plus de 90% du tissu économique sont constitués de PMI/PME organisées sur des structures familiales, ne possédant pas de management stratégique, ne pouvant pas faire face à la concurrence internationale. Les importations couvrent 70/75% des besoins des ménages et des entreprises dont le taux d'intégration ne dépasse pas 10/15%. On peut démontrer facilement que le taux de croissance officiel hors hydrocarbures de 5/6% a été permis pour 80% via la dépense publique et qu'il ne reste pour les entreprises véritablement autonomes créatrices de richesses, pouvant évoluer dans un environnement concurrentiel mondial, moins de 20% du produit intérieur brut . Cela a permis également une dépense publique estimée entre 2004/2013 à plus de 500 milliards de dollars US (part devises et part dinars) l'Algérie dépensant deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats par rapport aux pays similaires. Le taux de croissance moyen 2004/2013 de 3% aurait du être de 10 à 15% en termes réels posant la problématique de la mauvaise gestion et de la corruption . Devant être attentif pour toute analyse objective à la balance des paiements et non uniquement à la balance commerciale, le montant poste assistance technique étrangère est passé de 2 milliards de dollars en 2002 à 12 milliards de dollars entre 2011/2012. Le montant des réserves de change, richesse artificielle, signe monétaire dues à des facteurs exogènes et non signe du développement, composée des réserves de change à hauteur de 46% en dollars et à 42% en euros, le reste étant constitué d'autres monnaies étrangères à l'image de la livre sterling, le yen japonais et les DTS du FMI , dont 86% environ placées à l'étranger, (y compris l'emprunt de 5 milliards de dollars au FMI à environ un taux de 0,08%) , notamment en bons de trésor américains et européens, sont estimées à plus de 200 milliards de dollars au 01 janvier 2013 , toujours grâce à la rente des hydrocarbures. Aussi, les taux de croissance , taux d'inflation et du taux de chômage officiels sont artificiels gonflé pour le premier via la dépense publique et le second par des subventions et le troisième par la dominance des emplois rente par la distribution de la rente sans contreparties productives pour une paix sociale éphémère ( la loi de finances 2013 annonce un total de 2 millions de fonctionnaires pour une population de 37 millions d'habitants en 2012 et un PIB seulement de 180 milliards de dollars y compris les hydrocarbures ) est une des causes essentielle du retour à l'inflation, produit du mode d'accumulation du système rentier, vecteur de concentration du revenu national au profit de couches rentières, source de tensions sociales de plus en plus vives, qui a dépassé en moyenne annuelle 8% en 2012, le double par rapport à 2011. Comment est-ce qu'un Algérien, qui vit au SNMG, (200 euros par mois, soit 6,6 euros par jour alors que le kilo de viande est de 10 euros) fait face aux dépenses incontournables : alimentation, transport, santé, éducation. La cellule familiale, paradoxalement, la crise du logement (même marmite, même charges) et les transferts sociaux (dont des subventions mal ciblées qui ne profitent pas toujours aux plus démunis), qui ont atteint plus de 1.200 milliards DA en 2011, plus de 14OO milliards de dinars en 2O12 (plus de 18 milliards de dollars ) soit 18% du budget général de l'Etat et plus de 10% du PIB jouent temporairement comme tampon social. Qu'en sera-t-il, aussitôt épuisé les ressources d'hydrocarbures ' Il s'ensuit des emplois rentes et des distributions de revenus sans contreparties productives pour calmer le front social. Cette analyse est corroborée par le rapport officiel de l'ONS 2012, pour qui 50% de la population active algérienne active l'informel surtout le petit commerce et les services qui d'ailleurs toujours selon cette enquête représente 83% du tissu économique algérien démontrant la tertiairisation de l'économie alimentée par la rente des hydrocarbures. En plus il faut compter les sureffectifs des administrations et des entreprises publiques et sans cette dépense publique fonction du prix du pétrole, qui demeure le moteur principal de la création d 'emplois, le taux de chômage serait supérieur à 20% touchant paradoxalement les plus diplômés sachant que dans cinq ans l'université accueillera 2 millions d'étudiants contre 1,3 million d'étudiants aujourd'hui.
2- Un système bancaire à dominance publique, le secteur privé productif marginalisé
La persistance des déficits publics à travers l'assainissement répétées des entreprises publiques de leurs dettes (plus de 50 milliards de dollars entre 1971/2012) et le manque de rigueur dans la mauvaise gestion dont uniquement pour les grands projets non compris Sonatrach/Sonelgaz les réévaluations selon le rapport en date de février 2013 de la Caisse nationale d'équipement pour le développement (CNED), inscrits au titre du plan de relance économique 2004/2009 ont connu un surcoût global de 40% c'est-à-dire un surcroît d'argent public de l'ordre de 1050 milliards de dinars, (plus de 13 milliards de dollars) a produit un système d'éviction sur l'investissement productif notamment du secteur privé et paradoxalement malgré le niveau élevé de l'épargne. L'aisance financière artificielle grâce aux hydrocarbures (600 milliards de dollars de recettes en devises entre 2000 et 2012 selon les bilans de Sonatrach) a permis d'éponger une fraction importante de la dette publique intérieure et extérieure. Les banques algériennes déconnectés des réseaux internationaux n'arrivent pas à concurrencer sérieusement leurs cons'urs au niveau du bassin méditerranéen et même africain selon « l'African Business », largement distancées s'expliquant selon ce rapport par la qualité des services et le faible niveau de leurs investissements qui n'ont pas permis de gagner en croissance. Le système financier algérien est dans l'incapacité d'autonomiser la sphère financière de la sphère publique, cette dernière étant totalement articulée à la sphère publique dont l'Etat est actionnaire à 100%, le privé local ou international, malgré le nombre, étant marginal. Après plusieurs années d'ouverture, 90% du financement de l'économie algérienne dont 100% secteur public et plus de 77% secteur privé, se fait par les banques publiques avec une concentration au niveau des actifs de plus de 39% au niveau d'une seule banque, la BEA, communément appelé la banque de la Sonatrach. Seulement 10% du financement de l'économie sont pris en charge par les banques privées, avec une concentration de plus de 52% toujours pour les actifs pour trois banques. Depuis la loi de finances complémentaire 2010, toute banque étrangère qui s 'installerait est régi par la règle des 49%/51%, l'Etat algérien étant majoritaire. Il s'ensuit que face à ce monopole, les banques publiques algériennes croulent sous les liquidités oisives. Cela s'explique plus par la rigidité de la gestion des banques et non aux ressources disponibles, les banques privilégiant l'importation. Les petites et moyennes entreprises (PME) jouant un rôle vital dans le développement économique, par l'accroissement de la concurrence, la promotion de l'innovation et la création d'emplois, sont souvent confrontées à plusieurs défis en matière de croissance, qui varient des environnements macroéconomiques peu favorables aux barrières administratives et à la bureaucratie. Toutefois, le plus grand obstacle demeure peut-être leurs capacités limitées à avoir accès aux services financiers. Les financements bancaires à long terme habituels sont généralement inaccessibles pour les PME, faute de garanties, ce qui rend les actifs mobiliers peu sûrs pour l'accès au crédit. Cette situation, ajoutée au niveau élevé des coûts de transaction liés à l'obligation de vigilance, amène les banques commerciales à continuer de privilégier les prêts aux marges, les entreprises bien établies. Dès lors, le crédit bail pourrait être un complément comme moyen de financement pour certains biens d'équipements en particulier pour les entreprises plus petites qui n'ont pas une tradition de crédit ou qui ne disposent pas des garanties requises pour avoir accès aux formes habituelles de financement.
3.- Environnement contraignant des affaires
Le climat des affaires ne s'améliore pas comme le montre la 10e édition du rapport de la Banque mondiale Doing Business 2013 classe l'Algérie à la 152e position sur 185 pays pour les facilités accordées à l'investissement, reculant de 4 places par rapport à 2012, Dans ce classement relatif aux meilleures conditions d'entreprendre dans le monde, l'Algérie est classée à la 156e position pour le lancement d'une entreprise, 129e pour l'obtention d'un crédit, à la 138e position pour l'obtention d'un permis de construire, à la 129e position pour les procédures de facilitation d'exportation accordées aux PME, 126e position en matière d'application des contrats, 170e pour les procédures de paiement des impôts, et à la 82e position pour la protection des investisseurs. Cela explique, en plus du changement perpétuel de cadre juridique, la dominance de la tertiarisation de l'économie- petits commerce/service (83% du tissu économique en 2012, un commerçants pour 24 habitants) et la part dérisoire de moins de 5% du secteur industriel ans le produit intérieur brut traduisant le dépérissement du tissu productif. L'actuelle gouvernance caractérisée par la bureaucratisation de la société algérienne, avec la faiblesse de la morale et donc d'un Etat de droit qui enfante la sphère informelle spéculative, contrôlant 40% de la masse monétaire en circulation et 65% des segments des produits de première nécessité, où tout se traite en cash, existant des liens dialectiques entre la logique rentière et l'extension de cette sphère , facilitant l'évasion fiscale, bloque les initiatives créatrices. Il y a donc risque en Algérie où l'action terroriste sur le champs gazier d'In Amenas a montré clairement la dominance rentière de l'économie algérienne après 50 années d'indépendance politique, de tensions sociales croissantes en cas de chute durable en dessous de 80 dollars le baril à prix constants. Cela pose la problématique de l'urgence de la diversification de l'économie algérienne, dans le cadre de l'intégration du Maghreb, pont entre l'Europe et l'Afrique. Pourtant, existent des possibilités pour augmenter le taux de croissance en Algérie qui recèlent d'importantes potentialités, supposant une nouvelle gouvernance stratégique des institutions et des entreprises.. En bref, la lecture détaillé du rapport 2013 du FMI , contrairement au titre avancé par l'APS, montre clairement qu' existe un divorce entre la bonne santé financière de l'Etat due aux hydrocarbures et la sphère réelle en léthargie et que les équilibres macro-financiers sont éphémères sans de profondes réformes institutionnelles et micro-économiques. Aussi, la transition d'une économie de rente à une économe hors hydrocarbures en Algérie , dans le cadre de la Re- mondialisation, avec d'importants bouleversements géostratégiques entre 2015/2020, dont la sphère énergétique, suppose donc un profond réaménagement des structures du pouvoir se fondant sur l'entreprise créatrice de richesses , les couches productives et le savoir
Professeur des Universités, Expert international en management stratégique, Docteur Abderrahmane MEBTOUL- Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
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