
La ville de Chelghoum Laïd, dans la wilaya de Mila, qui est l'une des plus grandes daïras du pays avec près de 100 000 habitants, n'aura finalement pas d'échangeur permettant l'accès direct à l'autoroute Est-Ouest qui la longe.C'est un peu l'histoire du cordonnier mal chaussé. «Une décision aussi incongrue qu'illogique», selon l'opinion publique, «car sur le plan économique, elle pénalise toute une population».Et dire que la cité recèle des atouts inestimables qui lui confèrent le rôle de grand pôle de développement économique et de carrefour entre Sétif et Constantine, d'un côté, Batna (au sud), et Ferdjioua (à l'ouest), de l'autre. Nous ne citerons que le marché de gros de fruits et légumes d'envergure régionale, la zone industrielle (la seule au niveau de la wilaya de Mila), le grand pôle commercial de Sabalou, des structures médicales d'appoint, un relief avantageux et de réelles opportunités d'investissement.Cette mesure handicapante a eu des incidences fâcheuses sur les riverains, si bien que la quasi-totalité des grands flux du transit routier : voyageurs, vacanciers, transporteurs et commerçants est immanquablement drainée par le tracé de l'autoroute Est-Ouest. L'importance stratégique et l'intérêt économique et social que revêt la réalisation d'une bretelle ne sont plus à démontrer. Théoriquement, l'option d'une ouverture directe sur l'autoroute peut constituer une alternative idéale.Mais, pour peu que les pouvoirs publics «d'en haut» aillent dans le sens d'une véritable volonté de prise en charge de cette problématique, qui a fait couler beaucoup d'encre. Il y va, en tous les cas, de l'avenir de centaines de commerces : restauration, marchands de fruits et légumes, magasins d'alimentation générale et divers services. «Des dizaines de commerçants ont déjà baissé rideau et les restaurants, cafétérias et boutiquiers d'alimentation générale et d'habillement fonctionnent désormais au ralenti», a-t-on constaté. Déjà perceptibles depuis quelque temps, les effets pervers d'une énorme récession économique et d'un isolement qui ne dit pas son nom s'aggraveront inexorablement, une fois les stations-service et les diverses structures prestataires prévues sur le parcours autoroutier entreront pleinement en activité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahmoud Boumelih
Source : www.elwatan.com