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Campagne électorale pour la présidentielle 2012 : L'exclusion comme argument France-actu : les autres articles



Campagne électorale pour la présidentielle 2012 : L'exclusion comme argument                                    France-actu : les autres articles
En ces temps de charité chrétienne dont Noël est, chaque année, le moment fort, il ne fait pas bon être étranger dans la France de cette fin 2011. Le ministre de l'Intérieur souhaite faire adopter un nouveau texte instaurant une interdiction de séjour en marge d'une condamnation pénale pour les nouveaux arrivants.
Lyon
De notre correspondant
Bien sûr, tout cela a des relents de campagne électorale. Ces derniers mois, au fur et à mesure de ses interventions, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur et de l'Immigration, privilégie nettement la deuxième partie de l'intitulé de son portefeuille ministériel. Dans sa nouvelle explication sur un thème aussi ancien que l'accession du président Sarkozy à la présidence de la République, le ministre argumente sur le fait que «la délinquance étrangère (...) est supérieure à la moyenne enregistrée dans notre pays.» Sans en dire plus, il a annoncé qu'une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) permettra, en janvier, de «quantifier» le phénomène.
Le ministre tend ainsi à officialiser ce vieux serpent de mer des ragots de café du commerce : la délinquance, c'est d'abord le fait des étrangers. Personne n'a jamais pu le vérifier, mais le ministre l'affirme. Les étrangers seront donc passibles de la peine du bannissement. «Il faut donc prendre des mesures spécifiques. Il n'est pas question d'appliquer ce régime à des personnes qui disposeraient d'une carte de séjour en France, qui auraient une famille, des enfants, etc.», a dit le ministre, mais «à quelqu'un qui est en France depuis peu de temps, qui n'a pas d'attache familiale.»
Cette nouvelle sortie du ministre Guéant, qui a entre-temps été reçu au début du mois en Algérie, n'est pas la première du genre. A la fin novembre, il avait déclaré que la France accueillait «200 000 étrangers en situation régulière, et c'est trop.» Sans crainte de la non-pertinence de sa comparaison, il avait ajouté : «C'est l'équivalent d'une ville comme Rennes, c'est deux fois Perpignan.»
Précédemment, il avait remis au goût du jour la vieille idée de l'assimilation : «L'assimilation est tout à fait nécessaire. Elle doit se faire par la langue et par l'adhésion aux valeurs essentielles de notre démocratie.» Pour marteler cette proposition visant essentiellement les musulmans, le ministre rappela que son «objectif est de diminuer en un an de 10% (- de 20 000) l'immigration légale».
«Quand on vient en France, on n'importe pas les modes de vie d'ailleurs»
Le 17 novembre, il précise sa pensée, estimant que le «mode d'implantation des immigrés en France» (') n'est pas acceptable. Ce qui n'est pas acceptable, c'est que la règle de la communauté vienne en opposition à la règle de la vie commune en France.» Il indiquait cela pour annoncer la charte des droits et devoirs du citoyen français, élaborée par le Haut conseil à l'intégration (HCI), et que devront signer les étrangers naturalisés à partir du 1er janvier 2012. «Nous devons développer des programmes d'apprentissage du français et de familiarisation avec nos institutions et nos modes de vie, mais les personnes immigrées doivent aussi se plier à cette volonté qui est la nôtre. Quand on vient en France, on adopte les modes de vie français et on n'importe pas les modes de vie d'ailleurs», a-t-il affirmé.
Début décembre, alors que le Sénat (passé à gauche en septembre) examinait la loi autorisant les étrangers non européens (ces derniers votent déjà) à voter aux élections locales, il s'était emporté : «Cela veut dire que nous pourrions avoir des maires étrangers. Très franchement, je n'ai pas envie de voir dans le département de la Seine-Saint-Denis, qui a une forte population étrangère, la majorité des maires devenir étrangers.» Il omettait de dire que la loi socialiste proposée et votée depuis, permet le droit de vote, mais pas le droit d'être éligible, ce droit restant attaché à la nationalité.
Enfin, toujours en novembre, le ministre s'en est pris au droit d'asile, qui dépend d'accords internationaux. Toujours dans une campagne anti-étrangers, même s'il se défend de conduire une politique xénophobe, il indiqua que le droit d'asile est «détourné à des fins d'immigration économique. Notre système d'asile est en danger parce que le dispositif est utilisé pour pénétrer et se maintenir dans notre pays», déplorant que la demande a augmenté à 60 000 dossiers en 2011, contre 52 762 en 2010 et 47 686 en 2009. Cette hausse «repose sur des demandes infondées de plus en plus nombreuses.»
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