Les Bourses européennes ont toutes fini en hausse jeudi, stimulées par de bonnes nouvelles d'entreprises et des cours du pétrole plus élevés, Londres battant un nouveau record historique et Paris un plus haut depuis onze ans.
La Bourse de New York montait à mi-séance, restant prudente devant la montée des taux d'intérêt, l'envolée du prix du pétrole et la sanction des résultats mitigés de Walmart (-1,55%), Cisco (-2,93%) ou J.C.Penney (-10,75%).
"Les indices avaient beaucoup augmenté ces derniers temps", rappelle Phil Davis de PSW Investments. "Les indicateurs économiques et les résultats d'entreprises sont bons mais sans doute pas suffisamment pour justifier une progression beaucoup plus marquée au moment où les taux d'intérêt augmentent", avance-t-il.
Aux Etats-Unis, l'activité manufacturière de la région de Philadelphie a fortement progressé en mai, au lieu du ralentissement attendu, et les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont augmenté plus que prévu, mais restant à un faible niveau.
L'Eurostoxx 50 a pris 0,82%
A Paris, l'indice CAC 40 a gagné 0,98% et atteint son plus haut niveau de clôture depuis le 28 décembre 2007, à 5.621,92 points.
Europcar a bondi de 11,66% à 9,67 euros, après la publication d'un chiffre d'affaires en hausse de 28% au premier trimestre, grâce à de récentes acquisitions.
Au sein du secteur pétrolier, Total a progressé de 1,79% à 54,50 euros et TechnipFMC de 2,74% à 34,10 euros. Peugeot, dont les immatriculations ont bondi de 70% en avril, notamment grâce à l'intégration d'Opel, a gagné 2,23% à 20,61 euros et Renault (+9,7% d'immatriculations) 3,54% à 91,78 euros.
Suez a été dynamisé (+3,14% à 12,17 euros) par un chiffre d'affaires en hausse de 9,1% pour le premier trimestre et la confirmation de ses objectifs pour l'année. Lagardère (+1,18% à 23,23 euros) et Devoteam (+11,04% à 101,60 euros) ont profité de chiffres d'affaires meilleurs que prévu, le second relevant ses objectifs 2018.
A Londres, l'indice FT SE 100 a gagné 0,70% à 7.778,64 points, battant son précédent record historique, qui datait du 12 janvier. Le spécialiste de la sécurité informatique Experian a bondi de 5,59% à 1.804,50 pence grâce à des résultats 2018 meilleurs qu'attendu. Le groupe de luxe Burberry a pris 3,21% à 1.928 pence, après avoir déjà grimpé de 3,6% la veille grâce à ses comptes annuels. Parmi les majors pétrolières, Royal Dutch Shell (action "B") a avancé de 2,13% à 2.805,50 pence et BP de 1,41% à 584 pence. Seule baisse significative de la journée, Royal Mail (-7,16% à 555 pence), ses résultats annuels ayant déçu.
A Francfort, l'indice DAX a gagné 0,91%, à 13.114,61 points, l'écrasante majorité des valeurs finissant en progression, menées par le géant de la pharmacie et chimie Merck (+6,43% à 86,04 euros) après des résultats préliminaires "encourageants" d'une étude sur le Tepotinib chez des patients souffrant d'un cancer du poumon.
Daimler a pris 1,39% à 67,80 euros, après le règlement d'un litige vieux de 14 ans, concernant le système de péage électronique allemand. Siemens (+0,50% à 117,56 euros) a annoncé l'acquisition "d'ici fin mai" pour un montant non communiqué de l'entreprise californienne J2, spécialisée dans la maison intelligente et les objets connectés.
A Amsterdam, l'indice AEX a gagné 0,68% à 568,96 points. Altice a gagné 12,03% à 8,81 euros, grâce à un chiffre d'affaires quasi stable au premier trimestre, et Royal Dutch Shell 1,79% à 31,20 euros. Philips Lighting a perdu 2,44% à 25,23 euros et le géant belgo-néerlandais de la distribution Ahold Delhaize 1,61% à 19,49 euros.
A Bruxelles, l'indice BEL 20 a pris 1,06% à 3.898,57 points. En tête des quinze hausses, le fabricant de produits d'hygiène Ontex (+3,20% à 22,60 euros). Lanterne rouge, le producteur d'acier inox Aperam (-1,30% à 40,99 euros).
A Madrid, l'indice IBEX a gagné 1,04% à 10.216,4 points, mené par la forte remontée d'Inditex, géant du textile propriétaire de Zara (+3,91% à 27,92 euros). Le secteur du pétrole a profité de la hausse du brut (Repsol +2,03% à 17,09 euros; Gas Natural +1,05% à 22,22 euros). Parmi les valeurs en recul, l'opérateur télécom Cellnex (-2,14% à 22,88 euros) et le gestionnaire autoroutier Abertis (-0,77% à 18,16 euros).
A Milan, l'indice MIB a engrangé 0,29% à 23.802 points, Recordat réalisant la meilleure performance (+6,81% à 32,16 euros), suivi de Tenaris (+3,28% à 17,165 euros) et Moncler (+2,45% à 38,91 euros). En revanche, les banques étaient en berne. Ubi Banca a perdu 2,7% à 4,141 euros, UniCredit 1,86% à 16,682 euros, Banco BPM 1,13% à 2,8375 euros, Mediobanca 0,86% à 9,478 euros et Intesa Sanpaolo 0,79% à 3,0755 euros. La BMPS, dont le principal actionnaire est l'Etat italien, a dévissé de 8,86%, à 2,923 euros, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles en passe d'arriver au pouvoir envisageant de "redéfinir sa mission"
Wall Street anxieuse
Wall Street a terminé en baisse jeudi, préoccupée par la hausse des taux d'intérêt et les nombreux éléments d'incertitudes géopolitiques, dont les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.
Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,22% à 24.713,98 points.
Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 0,21%, à 7.382,47 points.
L'indice élargi S&P 500 a baissé de 0,09% à 2.720,13 points.
"Ce repli n'est pas lié à une raison en particulier mais plutôt à une incertitude généralisée sur le commerce mondiale et les taux d'intérêt", avance Karl Haeling de LBBW.
Le taux d'emprunt des Etats-Unis à 10 ans est monté jeudi jusqu'à 3,119%, un niveau inédit depuis 2011.
De quoi refroidir certains investisseurs, les courtiers de Wall Street ayant largement profité depuis la crise financière des taux maintenus par la banque centrale américaine à un niveau très bas pour emprunter allègrement.
Washington et Pékin ont aussi repris leurs délicates négociations commerciales sous la menace de la possible entrée en vigueur dans moins d'une semaine de sanctions américaines. Et à la question de savoir s'il y aurait un accord avec la Chine, Donald Trump a souligné qu'il avait "tendance à en douter".
"Les investisseurs continuent aussi à se préoccuper des négociations avec la Corée du Nord" alors que Pyongyang a menacé mercredi d'annuler le sommet prévu le mois prochain entre Kim Jong Un et Donald Trump si Washington essayait de la contraindre à renoncer unilatéralement à son arsenal nucléaire, selon M. Haeling.
Les taux d'intérêt plus élevés et l'incertitude persistante autour des relations commerciales combinés à la montée continue des prix du pétrole alimentent l'idée d'une augmentation de l'inflation et, par ricochet, "la crainte d'un possible ralentissement des dépenses des consommateurs", remarque Patrick O'Hare de Briefing.
Petites capitalisations en forme
Dans cet environnement, l'indice Russell 2000 qui regroupe à Wall Street les entreprises à petite capitalisation parvient à tirer son épingle du jeu et a grimpé à un niveau record.
"Vu les incertitudes sur le commerce international, les sanctions iraniennes et d'autres points de friction géopolitiques, les investisseurs parient que la croissance américaine va dépasser celle des autres pays et que les petites entreprises seront les moins affectées" par ces possibles perturbations, estime M. Haeling.
Les indices ont aussi été lestés jeudi par l'accueil réservé aux résultats trimestriels de quelques grandes entreprises.
Le géant de la distribution Walmart, qui a annoncé jeudi une forte baisse de son bénéfice net au 1er trimestre en raison notamment de changements de méthodes comptables liés à des acquisitions, a ainsi reculé de 1,90%.
L'équipementier en télécoms Cisco, dont les prévisions ont déçu, a baissé de 3,76%.
La chaîne de magasins de vêtements J.C. Penney a chuté de 12,38% après avoir fait part d'une baisse de son chiffre d'affaires de 4,3% au premier trimestre de son exercice décalé, en raison notamment de la fermeture de 141 magasins aux deuxième et troisième trimestres 2017.
Le constructeur automobile Ford est monté de 0,53%. Le groupe a annoncé qu'il allait reprendre dès vendredi, soit plus tôt que prévu, la production de son pickup F-150, véhicule le plus vendu aux Etats-Unis, qui avait été suspendue après un incendie chez un équipementier.
Le spécialiste de la livraison de produits alimentaires à domicile Blue Apron s'est apprécié de 5,73% après avoir annoncé la nomination au poste de directeur financier de Tim Bensley, qui a notamment travaillé pendant près de 30 ans à PepsiCo.
CBS, qui s'oppose à sa fusion avec Viacom (+1,62%) prônée par la holding National Amusement qui contrôle les deux entités, a reculé de 4,12%. Un juge a rejeté jeudi une décision du conseil d'administration de CBS d'empêcher Shari Redstone, qui gère National Amusement avec son père, d'intervenir dans l'évaluation des mérites d'une telle fusion menée par un comité spécial.
Le conglomérat industriel United Technologies est monté de 0,43% alors que l'investisseur activiste Bill Ackman a dans une lettre soutenu l'idée d'une scission de l'entreprise en trois entités (moteurs d'avions, ascenseurs et climatiseurs) déjà évoquée par la direction.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ilyas A
Source : www.lemaghrebdz.com