Les Bourses européennes ont fini lundi en baisse ou à l'équilibre, les investisseurs restant prudents dans un contexte géopolitique incertain après des frappes militaires contre trois sites en Syrie ce week-end.Washington, Paris et Londres ont présenté ces sites comme liés au programme d'armement chimique du régime. Les investisseurs faisaient preuve d'optimisme au commencement de la saison des résultats d'entreprises, reléguant au second plan la crainte d'une escalade des tensions géopolitiques après les frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni en Syrie. "Certes les actions des grandes banques ayant dévoilé leurs résultats (vendredi et lundi) se replient alors même que leurs chiffres étaient supérieurs aux prévisions", souligne Adam Sarhan de 50 Park Investments. "Mais les attentes tacites des investisseurs étaient encore plus élevées", ajoute-t-il. "Pour le reste des entreprises, à moins d'une catastrophe majeure, ils accordent le bénéfice du doute."
L'Eurostoxx 50 clôture en baisse de 0,20%
A Paris, l'indice CAC 40 a terminé quasiment stable (-0,04%), cédant 2,06 points à 5.312,96 points, dans un volume d'échanges faible de 2,5 milliards d'euros.
Sur le front des valeurs, après des rumeurs d'offre de rachat de SFR par Bouygues (-0,26% à 42,21 euros), le secteur des télécoms s'est apprécié. Iliad a ainsi gagné 4,58% à 177,10 euros, Orange 1,55% à 14,38 euros, tandis qu'à la Bourse d'Amsterdam, Altice a pris 5,40% à 8 euros. Bouygues a toutefois réfuté "toute discussion" en vue d'une consolidation. Marie Brizard a plongé de 8,07% à 8,09 euros, lesté par un relèvement de sa prévision de perte d'exploitation pour l'exercice 2017. Chargeurs a progressé de 6,32% à 25,58 euros, profitant d'un chiffre d'affaires en hausse de 1% à 144,8 millions d'euros au premier trimestre. A Londres, l'indice FT SE 100 a abandonné 0,91%, soit 66,36 points, à 7.198,20 points. Dans un contexte de recul des cours du pétrole, BP a perdu 1,58% à 496,35 pence) et Royal Dutch Shell (action "B") 0,72% à 2.404,50 pence. Le sidérurgiste russe Evraz a chuté (-6,98% à 365,20 pence) face à la baisse des matières premières et sur fond de possibles nouvelles sanctions américaines contre la Russie. La hausse de la livre a également pénalisé le marché: le cigarettier British American Tobacoo (BAT) a perdu 1,85% à 4.043,00 pence, son concurrent Imperial Brands 0,93% à 2.440,00 pence, le fabricant de spiritueux Diageo 1,32% à 2.459,00 pence et le groupe de services de restauration Compass 0,72% à 1.449,50 pence. A contre-courant, le groupe d'hôtellerie-restauration Whitbread a bondi (+7,19% à 4.218,00 pence). L'investisseur activiste Elliott a annoncé une prise de participation dans le groupe, attisant des spéculations sur une possible vente des cafés Costa. A Francfort, l'indice DAX a perdu 0,41%, ou 51 points, pour finir à 12.391,41 point. Le MDax a cédé 0,36% à 25.538,27 points. Lufthansa a fini en tête du Dax (+1,59% à 26,91 euros). Sa proposition pour une éventuelle reprise d'Alitalia est "la plus prometteuse", a jugé lundi le gouvernement italien. Chez le chimiste Covestro, le cours de l'action a mécaniquement baissé de 1,90%, ce qui reflète le montant du dividende annuel annoncé vendredi à 2,20 euros par action. Une fois corrigé de cet effet, le titre du nouveau venu sur le Dax a progressé sur la séance de 0,87% à 78,56 euros. En bas de tableau, Volkswagen a cédé 2,90% à 172,14 euros après une semaine passée en forte hausse à la suite du remplacement de son patron Matthias Müller par Herbert Diess. A Amsterdam, l'indice AEX a cédé 0,26% à 546,62 points. A la baisse, le groupe de biotechnologie Galapagos a perdu 5,88% à 78,12 euros et le géant industriel néerlandais Philips a chuté de 0,75% à 31,85 euros. A la hausse, le groupe de médias et télécoms Altice a grimpé de 5,40% à 7,99 euros et le groupe néerlandais de télécommunications KPN a pris 0,81% à 2,50 euros. A Bruxelles, l'indice BEL 20 a lâché 0,52%, à 3.868,18 points. Parmi les six valeurs dans le vert, la fabricant de produits d'hygiène Ontex a gagné 1,81% à 21,36 euros. En revanche, le groupe de biotechnologie Galapagos a perdu 5,88% à 78,12 euros. L'indice SMI de la Bourse suisse a cédé 0,57%, à 8.726,54 points. Le géant de l'alimentation Nestlé, qui publie jeudi ses ventes sur trois mois, a très largement tiré le SMI vers le bas, chutant de 2,41% à 74,66 francs suisses. Les deux autres poids lourds de la cote, les groupes pharmaceutiques Novartis (-0,46% à 77,82 francs suisses) et Roche (-0,25% à 216,55 francs suisses), ont également pesé sur l'indice. Du côté des banques, Credit Suisse a cédé 0,41% à 15,75 francs suisses alors que son concurrent UBS est resté presque inchangé (-0,09% à 16,86 francs suisses). A Madrid, l'indice IBEX a fini quasiment à l'équilibre (-0,01%), à 9.766,10 points. Le secteur bancaire est en hausse: Banco Santander (+0,32% à 5,39 euros), BBVA (+0,08% à 6,42 euros) et CaixaBank (+0,46% à 3,97 euros). Egalement dans le vert, le gestionnaire d'aéroports Aena (+1,13% à 173,85 euros), le géant textile Inditex (Zara) (+0,41% à 24,65 euros) et le groupe de construction ACS (+0,63% à 33,47 euros), qui a annoncé dimanche avoir remporté un contrat de 775 millions d'euros pour la construction et l'entretien d'une nouvelle ligne de chemins de fer à Toronto. Le secteur énergétique termine en repli: Endesa (-0,89% à 18,33 euros), Iberdrola (-0,61% à 6,22 euros), Red Electrica (-0,54% à 16,50 euros). A Milan, l'indice MIB a terminé à l'équilibre (0,00%) à 23.329 points. UBI Banca réalise la meilleure performance (+1,59% à 3,893 euros), suivie de Leonardo (+1,56% à 9,53 euros) et Unipol (+1,18% à 4,295 euros). Moncler enregistre la plus forte baisse (-1,12% à 33,66 euros), suivi de Buzzi Unicem (-1,00% à 19,37 euros) et de Snam (-0,84% à 3,799 euros). A Lisbonne, l'indice PSI 20 a abandonné 0,43% à 5.453,97 points. A la baisse, EDP-Energias a perdu 0,60% à 3,16 euros et Galp Energia 0,79% à 15,71 euros. En revanche, Jeronimo Martins a progressé de 0,60% à 13,34 euros.
Wall Street attentive aux résultats d'entreprises
Wall Street a nettement progressé lundi, les investisseurs se concentrant sur la saison des résultats, de bonne facture jusqu'à présent, et reléguant au second plan les craintes d'un éventuel durcissement des tensions géopolitiques et commerciales. L'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, s'est apprécié de 0,87% à 24.573,04 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, est monté de 0,70% à 7.156,28 points. L'indice élargi S&P 500 a gagné 0,81% à 2.677,84 points. "Si le marché a la possibilité de se focaliser sur les résultats d'entreprises, leurs bénéfices et leurs dividendes, et de ne pas se laisser distraire par les gros titres et les tweets (en provenance de Washington) alors les indices devraient bien s'en sortir", avance Jack Ablin, responsable de la stratégie d'investissement chez Cresset Wealth Advisors. Les chiffres du premier trimestre s'annoncent dans leur ensemble "remarquables", estime-t-il. "Il ne faut pas oublier qu'en décembre dernier, les analystes prévoyaient une croissance des bénéfices de l'ordre de 11%, on en est à près de 20% désormais", souligne le spécialiste. Lundi la séance a été notamment marquée par le bond de 34% du bénéfice net de Bank of America (+0,44%), à la faveur d'une baisse de ses impôts et d'une hausse des prêts accordés aux ménages, en attendant la publication après la clôture des chiffres du spécialiste de la vidéo en ligne, Netflix (-1,24%).
Amazon abandonne un projet
Les craintes d'une escalade des tensions autour de la Syrie sont restées à l'esprit des courtiers. Mais "les frappes menées par les Etats-Unis contre la Syrie ont finalement été interprétées par les marchés comme un non-événement", dans la mesure où elles sont restées limitées et ne seront a priori pas renouvelées dans l'immédiat, remarque Fawad Razaqzada de Forex.com. Du côté des indicateurs, le rebond plus fort que prévu des ventes au détail en mars, signe d'une consommation solide dans le pays, a éclipsé des statistiques moins éclatantes comme le ralentissement de la progression de l'activité manufacturière dans la région de New York en avril. Les distributeurs de médicaments CVS et Walgreens ont bondi de respectivement 4,21% et 3,76% après des informations de la chaîne de télévision CNBC selon lesquelles Amazon (+0,75%) a abandonné le projet de vendre et acheminer des produits pharmaceutiques aux hôpitaux. Toujours dans le secteur de la santé, la compagnie pharmaceutique Merck est montée de 2,59% après avoir dévoilé les résultats d'une étude clinique montrant que son nouveau médicament phare, le Keytruda, réduisait chez les patients atteints d'un cancer du poumon à un stade avancé le risque de décès de 51% quand il était utilisé en association avec des chimiothérapies, en comparaison avec les chimiothérapies seules. La compagnie pharmaceutique Bristol-Myers Squibb a elle publié une étude montrant que l'utilisation de deux de ses médicaments, Opdivo et Yerviy, réduisait de 42% le risque de progression du même type de cancer ou de décès, comparé au traitement de la maladie par chimiothérapie uniquement. Son action a chuté de 7,79%. Ces résultats cliniques sont importants dans la mesure où le cancer du poumon est celui qui tue le plus dans le monde, le nombre de victimes de cette maladie étant chaque année plus élevé que le nombre de personnes décédant de cancers du côlon, du sein et de la prostate d'après Merck.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ilyas A
Source : www.lemaghrebdz.com