« Communiquer avec quelqu'un, c'est faire ensemble un voyage en se comprenant. »Jiddu Krishnamurti ; Briller de sa propre lumière (2013)
La communication qu'elle soit végétale, animale ou humaine est le procédé par lequel un individu émetteur peut affecter un autre individu dit récepteur.
Tout commence donc par un besoin interne que perçoit l'organisme en question ; le mot « besoin » peut renvoyer à plusieurs notions selon le contexte choisi : si l'on prend comme exemple les plantes, la croissance ou la défense de ces dernières fait partie des besoins qui les poussent à communiquer entre elles ou même avec des insectes voire avec des animaux.
On trouve aussi plusieurs exemples de communication animale telle que la danse des abeilles qui leur permet une bonne localisation du pollen ou encore l'émission d'ultrasons par les dauphins pour une éventuelle écholocation ou simplement pour détecter de la nourriture ou avertir du danger ...
Comme pour les plantes et les animaux, l'être humain communique pour combler un besoin, il serait donc intéressant de se pencher sur la question des besoins humains avant d'entamer une analyse de la communication dans la société en général, pour se faire on devra répondre à la question suivante :
Qu'est-ce que le besoin humain '
Le besoin est un état de manque que l'individu cherche à minimiser pour établir un équilibre.
En 1954 Abraham Harold Maslow, psychologue américain, expose sa théorie du besoin et de la motivation dans son ouvrage « Motivation and personnalité », un livre qui connaitra un incroyable essor puisqu'il donnera naissance à l'approche humaniste qui se démarque de la psychologie behavioriste (mouvement qui définit le comportement comme résultat de l'interaction de l'individu avec son milieu) et du cadre psychanalytique (qui lui fait appel au psychisme).
De là nait la fameuse pyramide de Maslow qui permet une hiérarchisation des besoins de l'être humain (besoins : physiologiques - de sécurité - d'appartenance et d'amour - d'estime - d'accomplissement de soi) considérés comme déterminants du comportement et dont la satisfaction permet l'épanouissement.
Les besoins humains, aussi complexes soient-ils, sont donc non seulement à l'origine du comportement mais aussi de la communication qui n'est qu'un moyen de concrétiser les projets qui nous donnent accès à un meilleur état d'équilibre.
En comprenant cette notion-là, on se rend compte que l'échec d'un groupe dans la réalisation de son projet a pour cause la négligence des différents besoins éprouvés par ses membres ; en d'autres termes, tous les membres n'ont pas les mêmes objectifs et si l'un d'entre eux voit que son désir n'est pas en train de prendre forme, toute motivation ou appartenance au groupe peut être remise en doute. Le même raisonnement peut s'appliquer à une échelle beaucoup plus grande qui est celle de la société définie selon Jean Jacques Rousseau comme étant une communauté de citoyens 'uvrant pour le bien commun et soumis à la volonté générale qui n'est autre que la somme de toutes les volontés individuelles. Pour résumer ce point-là, il n'y a pas de société s'il n'y a pas de relations, il n'y a pas de relations s'il n'y a pas de communication et il n'y a pas de communication si l'individu n'éprouve pas de besoin.
Mais le besoin n'est pas la seule cause bien sûr, il y a aussi un autre élément très important qui est la manière même de communiquer avec les autres, et à l'ère du numérique, la communication devient un dilemme dont la résolution passe par la remise en question de la démarche même de ce processus indispensable au développement de l'individu et de l'être humain en général; il est donc nécessaire voire primordial de revoir les mécanismes de la communication et les conséquences désastreuses que peut engendrer leur dysfonctionnement.
L'art de la communication
La communication ne se résume pas au parlé ou à l'écrit, elle s'adresse aux sens, aux émotions et à l'intellect et comprend ainsi tout procédé pouvant influencer autrui subséquemment la musique, la danse, le théâtre, les arts visuels et tous les comportements humains.
Autrefois, les gens n'avaient que peu de moyens pour recevoir l'information : demander à l'interlocuteur soit directement soit à travers un téléphone, écrire des lettres, passer par une troisième personne pour obtenir des nouvelles, ...
Nous remarquons ici que le mécanisme est principalement actif, c'est-à-dire, celui qui recherche l'information doit faire un effort envers celui qui la possède mais pas que, on note aussi l'importance de l'interaction entre les deux : écouter, parler, se servir de ses sens et de ses émotions avec la nécessité d'interpréter les expressions d'autrui ...
Tout ceci a tendance à disparaitre avec la venue des réseaux sociaux qui favorisent la passivité intellectuelle et émotionnelle : nous nous abonnons aux profils d'une centaine d'amis, nous les épions sans cesse et sans en être conscient pour être soi-disant à jour, nous cherchons l'approbation de la société virtuelle via le nombre de j'aime et de réactions qui sont à l'origine d'une activation du système de récompense similaire à celle induite par les drogues. Sans compter que l'information en elle-même, qui se résume aux publications, peut être contraire à l'état réel des choses puisque le concept même du profil est erroné et aide à assouvir le besoin de se valoriser et d'embellir sa vie, sa personnalité ou toute autre chose ...
En résumé, les réseaux sociaux participent à « dénaturer » le bon déroulement de la communication au sein de la société : tout ce qui doit être actif par nature devient passif et donc l'usage des sens, piliers de la communication, ne se fait que rarement, le contact direct avec l'autre pour lui demander ce qui se passe vraiment devient une besogne ainsi le doute s'installe, l'interprétation devient une solution à cette situation et les rumeurs se propagent créant un état de disputes et de tension.
Toute erreur de communication, subséquemment toute rumeur ou malentendu, en particulier dans le monde du travail ou de l'associatif, peut engendrer des conséquences désastreuses tel un effet papillon qui prend de l'ampleur au fur et à mesure qu'il se propage dans l'entreprise.
Prenons comme exemple un directeur d'une entreprise quelconque, cette dernière présente une certaine hiérarchie à respecter pour la bonne propagation de l'information et en conséquence pour une réalisation saine des projets entrepris, si le directeur communique directement avec quelques membres sans informer le sous-directeur ou le responsable du projet, l'information n'atteindra pas tous les membres concernés et donc le résultat final peut en être compromis. Ceci n'est bien sûr qu'un exemple, le contraire étant juste aussi.
Quelles sont les règles d'une bonne communication '
Demandez. On ne peut pas toujours deviner le besoin qui se cache derrière l'action entreprise, mieux vaut aller directement vers la personne pour éviter tout jugement inapproprié.
N'essayez pas de changer l'autre, acceptez-le et essayez plutôt de le comprendre et d'adapter votre vision des choses.
Développer votre intelligence émotionnelle : R.Abelson, psychologue américain, dit :
« L'intelligence émotionnelle est à l'œuvre dans les processus cognitifs analysant les émotions et jouant un rôle primordial pour l'individu et son environnement », autrement dit : servez-vous de vos capacités mentales et de vos expériences passées pour évaluer, examiner et réguler vos émotions et ceux de votre entourage.
Apprenez à écouter. Comme dit le proverbe chinois : « seul celui qui sait écouter pleinement peut communiquer efficacement».
Réfléchissez avant d'agir. La vie est comme une partie d'échecs, chaque choix que vous faîtes a ses conséquences d'où la nécessité d'anticiper sur l'avenir.
Utilisez un langage clair et direct et rappelez-vous que : « Concis et concluant est le meilleur des discours », proverbe arabe.
Soyez honnête et assumez vos choix. Toute tergiversation est source de problèmes.
Enfin et surtout, sachez que le changement ne se fait pas du jour au lendemain et qu'il est le résultat de plusieurs tentatives.
Une parole bien sage de Winston Churchill mérite d'être citée en conclusion à cet article : "Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent." Tout ça pour dire que la communication n'est pas une science exacte mais un processus dynamique qui change en fonction de plusieurs facteurs dont le temps et l'environnement social et qu'il faut l'adapter et donc s'adapter à toute éventuelle fluctuation.
Soraya MEZGHICHE
Partenariat Réd-DIG-"Liberté"/AIESEC
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com