Le coup de gueule de Bouteflika
La visite du président Bouteflika, hier à Mila, a été marquée indubitablement par la gueulante qu’il a poussée au moment de l’inspection du barrage de Beni Haroun. Il a en effet pointé du doigt des insuffisances dans la réalisation de ce barrage qui a coûté la bagatelle de 3 milliards de dollars.
Avant de se rendre à Mila, le chef de l’Etat a été mis au parfum des malfaçons de ce barrage, suite à un rapport complet qui lui avait été remis. Devant une telle situation, le chef de l’Etat a instruit les responsables de ce projet, qui remonte à 1968, de tout mettre en oeuvre afin de régler ces insuffisances, notamment en faisant appel à des entreprises internationales expertes en la matière. Le président Bouteflika a déploré l’existence de problèmes dans les fondations de l’ouvrage ainsi que des infiltrations d’eau estimées à 1,2 m3/seconde, empêchant ainsi son exploitation optimale. «Nous ne pouvons faire des économies de bouts de chandelles dans un projet de plusieurs milliards de dollars. Nous ne pouvons jouer avec des milliards de dollars», a-t-il dit. Le président de la République a relevé que ces problèmes d’infiltration peuvent constituer une menace pour la population et sur l’écologie dans la région. En cas de rupture du barrage, «c’est une mer qui se déchaînerait», a-t-il averti. A cet effet, le chef de l’Etat s’est dit «prêt à abandonner ce projet plutôt que de faire courir un risque écologique ou humain à la population» de la région. Le président Bouteflika a également critiqué le recours à des pompes prototypes dont la pièce de rechange est inexistante.
Ces pompes sont fabriquées par une société française qui aura à s’occuper de leur entretien pour les dix prochaines années. «D’ici à dix ans, il faut absolument régler ce problème de pompes qui, en cas de panne, risquent de paralyser tout le système de Beni Haroun et de priver ainsi les populations de cette wilaya d’eau potable», a mis en garde le président de la République. Le chef de l’Etat a demandé aux responsables du projet de faire appel aux meilleures entreprises internationales spécialisées pour régler les problèmes du barrage. «Je vous demande de vous adresser à des entreprises internationales reconnues pour régler tous ces problèmes», a-t-il recommandé. Pour rappel, le complexe hydraulique de Beni Haroun est un ouvrage grandiose qui alimentera près de quatre millions d’habitants, en eau potable, répartis sur le territoire de six wilayas. Destiné à améliorer et à sécuriser l’alimentation en eau potable de près de quatre millions d’habitants, ce complexe permettra également l’irrigation de plus de 40.000 ha dans les périmètres de Teleghma, Remila Ouled Fadel, Chemorat et Batna-Aïn Touta.
Cet aménagement composé d’ouvrages de mobilisation, de transfert, de traitement d’adduction et de réseaux d’irrigation, comprend notamment deux barrages principaux, en l’occurrence le Beni Haroun (960 millions de m3) et le Boussiaba (120 millions de m3). Le barrage de Beni Haroun, élément central du système, a été achevé et mis en eau en 2004. Il emmagasine, à ce jour, un volume de 420 millions de m3 (remplissage progressif). Le barrage de Koudiat Medouar, quant à lui, a été mis en exploitation depuis l’année 2003 et emmagasine aujourd’hui 60 millions de m3. Le complexe comprend aussi trois barrages réservoirs, Oued Athmania, 35 millions de m3, Koudiat Medouar, 62 millions de m3, et Ourkis, 65 millions de m3, en plus de trois stations de pompage d’eau brute de grande capacité dont la plus importante est celle de Beni Haroun d’une puissance de 2x90 mégawatts refoulant 23 m3/seconde sur une hauteur de 800 m. La station de pompage de Beni Haroun est un ouvrage totalement achevé, équipé et testé. L’exploitation de cette station a débuté en juillet 2007. La station est installée en bordure de la retenue du barrage de Beni Haroun. L’entreprise chargée de sa réalisation est le groupement franco-espagnol «Alstom Dragados». Le montant du marché est de 3,58 milliards de Da et 83,3 millions d’euros pour la partie en devises convertibles. Quant au délai de réalisation, il est de 36 mois.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com