
Le ministre de l'Education nationale est apparemment bien parti pour réussir son «Bac». Contrairement aux sessions précédentes, les épreuves du baccalauréat se déroulent cette année dans de meilleures conditions. Tous les centres d'examen ont été dotés en logistique et en moyens humains suffisants pour assurer un bon déroulement de la session. Aucune rumeur de fuite de sujets n'a été signalée. Lors des exercices antérieurs, la presse rapporte d'incroyables irrégularités dans ce sens à travers nombre de wilayas et les candidats se trouvent de facto déconcentrés. L'égalité des chances est donc sauve cette fois-ci. D'ordinaire, les élèves, les enseignants et les spécialistes décèlent des erreurs ou un manque de données dans les sujets soumis. Rien de tel n'a été soulevé jusqu'à présent. Les questions sont claires et portent sur les programmes abordés en cours. Les autorités concernées ont visiblement mis beaucoup de soins dans l'élaboration et la conception des questionnaires. Les thèmes et la qualité des sujets sont, de l'avis général, conformes à un examen qui ouvre la voie à des études supérieures.
En tout cas, les candidats reconnaissent un notable relèvement du niveau. Habitués à des sujets faciles puisés dans des guides d'application, ils ont été comme surpris de se pencher sur de vrais exercices «truffés de pièges» qui exigent une meilleure compréhension des leçons et une réelle maîtrise des astuces et des techniques méthodiques. Aussi bien dans les sciences exactes et naturelles que dans les filières littéraires et les sciences humaines, on sent comme l'amorce d'une nouvelle ère où le succès sera, désormais, conditionné par une application constante en classe et un effort de préparation conséquent. Les taux de réussite «astronomiques» des dernières années ont considérablement amoindri la valeur du baccalauréat. Des élèves, tout juste moyens, s'en sortent avec des moyennes nettement supérieures à leurs notes habituelles. Cela a engendré une étouffante surpopulation à l'université qui s'est traduite, à son tour, par une baisse dramatique du niveau général des études. Jadis, centre de rayonnement intellectuel et citoyen, l'université algérienne est aujourd'hui gangrenée par la violence et la médiocrité. Illustration : réagissant violemment à la fermeture des restos et des foyers universitaires en cette fin d'exercice pédagogique, les étudiants de la wilaya de Béjaïa viennent de saccager la direction des 'uvres universitaires et nombre de résidences. L'intervention des forces de l'ordre pour limiter les dégâts a été accueillie par des jets de pierres et de barricades ! Attitude condamnable qui déshonore la communauté estudiantine locale. On doit ajouter que des cas similaires sont aussi monnaie courante dans les autres villes universitaires. Redonner au baccalauréat sa crédibilité, c'est rendre à l'enseignement supérieur sa valeur et son importance. L'école et l'université publiques doivent absolument s'inscrire dans le 21e siècle pour former des citoyens conscients de leur rôle dans la société, et parfaitement imprégnés des développements techniques et scientifiques qui se produisent à travers le monde. A ce titre, les deux institutions doivent encourager la persévérance et réhabiliter la valeur de l'effort. Les autorités concernées ont vraisemblablement saisi cette priorité. Désormais, l'accès à l'université devrait récompenser les élèves les plus méritants. A ce propos, le taux de réussite au Bac est un indice qui ne trompe pas. Attendons pour mieux voir !
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com