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Assassinat de Mehdi de Ben Barka : rassemblement à Paris pour réclamer vérité et justice



Assassinat de Mehdi de Ben Barka : rassemblement à Paris pour réclamer vérité et justice
Des centaines de personnes, pour la plupart des militants des droits de l'homme, se sont rassemblées mardi soir à Paris pour réclamer "vérité et justice" sur l'enlèvement en 1965 dans la capitale française de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, a-t-on constaté.Regroupés devant la brasserie Lipp, lieu où a été enlevé, il y a 48 ans, le dissident marocain, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire : "1956-2013, Vérité et Justice- Mehdi Ben Barka". Ils ont également déployé une large banderole verte sur laquelle était écrit en rouge "Maroc : La vérité, toute la vérité sur les disparus. Non à l'impunité".
Sur la banderole, confectionnée dans les couleurs de l'emblème marocain, apparaissaient des portraits de personnes disparues.
Devant un parterre composé notamment de militants des droits de l'homme, de responsables associatifs, de syndicalistes et de représentants de partis politiques français, un des fils de l'opposant marocain disparu, Saad, a déclaré que ce rassemblement est une occasion pour renouveler la condamnation d'un "crime politique" et "exiger que la raison d'Etat cesse de protéger les assassins et d'empêcher d'établir toutes les responsabilités, qu'elles soient étatiques ou individuelles".
Il a relevé que, dix-huit mois après l'élection du président Hollande, "aucune évolution" n'a été enregistrée dans le dossier.
"Nous avons été reçus (Famille Ben Barka et Me Maurice Buttin) par un conseiller du président de la République, qui nous a écoutés attentivement. Aujourd'hui, nous faisons le constat que rien n'a bougé de cet côté", a indiqué le fils cadet de l'opposant disparu, regrettant le refus par l'actuel gouvernement français de déclassifier les documents concernant l'affaire Ben Barka.
Pour Saad, "nous sommes là en présence de la plus scandaleuse manifestation de la raison d'Etat". "Alors que la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) est largement impliquée dans la disparition de Mehdi Ben Barka, c'est son ministère de tutelle (Défense) qui décide des documents qu'il faut ou qu'il ne faut pas livrer à la justice", a-t-il ajouté, affirmant que cela s'appelle "être juge et partie".
Parmi les manifestants, était également présent le militant des droits de l'homme Rachid El Manouzi dont le frère Hocine a été enlevé un certain 29 octobre 1972 en Tunisie. Le secrétaire général de la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED) a déploré, à cet effet, la poursuite du "statu quo" concernant la disparition de son frère, lui aussi dissident marocain enlevé dans des circonstances confuses alors qu'il n'avait que 29 ans.
"Nous avons décidé, cette année au Maroc, de porter l'affaire El Manouzi devant la justice pour la mettre devant ses responsabilités car, avant d'aller à la justice internationale, il faudrait au préalable avoir épuisé tous les recours nationaux", a-t-il indiqué à l'APS.
Rachid El Manouzi, également président de l'Association des parents et amis des disparus au Maroc (APDAM), a fait part d'une "seconde piste" pour faire la lumière sur la disparition de son frère.
"Nous sommes en train d'œuvre, avec des avocats tunisiens, pour porter l'affaire devant la justice tunisienne. Nous espérons des réponses positives puisque les personnes qui étaient mêlées à cette affaire en Tunisie sont de l'autre côté" de la Méditerranée, a-t-il révélé.
En hommage à Mehdi Ben Barka, le plus emblématique des disparus, le 29 octobre a été décrété "journée du disparu" au Maroc par le mouvement des droits humains.
Des rassemblements similaires à celui de Paris sont organisés parallèlement dans le Royaume.
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