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"Al Ahdath" met la clé sous le paillasson



Ils étaient une dizaine de personnes à se rassembler hier à la maison de la presse Tahar-Djaout, à braver le froid et la pluie battante, pour discuter de leur sort et des démarches à entreprendre pour recouvrer leurs droits. Ils, ce sont les travailleurs du journal Al Ahdath qui sont livrés au chômage à la suite de la décision du propriétaire de la publication de fermer l'entreprise qui emploie 33 personnes.En rejoignant lundi leur lieu de travail, les journalistes et assimilés travaillant pour le journal en question ne s'attendaient pas être accueillis par une si mauvaise nouvelle : une note affichée par la direction du journal leur signifiant qu'à partir de la date du 16 février, la publication cessera de paraître. Il est question non seulement de l'arrêt "momentané" du tirage du quotidien, mais aussi de "la mise au chômage technique du personnel parce que l'entreprise ne peut plus supporter les charges, particulièrement les salaires".Dans la note, écrite en français, quelques raisons de cet arrêt : la nullité des ventes du quotidien, l'absence presque totale de la publicité durant ces derniers mois et le problème des impôts et le blocage du compte de l'entreprise. "Tous ces éléments nous ont poussés à prendre cette décision qui est amère pour nous, mais indispensable vue la situation de cessation de paiement spécialement des salaires des travailleurs", explique le gérant. Les travailleurs ne l'entendent pas de cette oreille. "Nous, nous ne voulons rien savoir. On veut juste avoir nos droits, ne pas nous retrouver dehors après tant d'années de travail pour l'entreprise", nous dira, dans ce sens, Salim, administrateur de son état. Le relayant, un collègue, la cinquantaine, s'est écrié : "On n'a jamais vu autant de mépris. C'était affreux. Les propriétaires n'ont même pas osé venir rencontrer les travailleurs, mais on nous l'a annoncé par cette affiche. C'est non seulement un licenciement arbitraire, mais aussi on n'a eu droit à aucun égard." Et d'enchaîner : "Cela fait une année qu'on demande une assemblée générale pour discuter des problèmes de l'entreprise, ils ont eu peur de la tenir. Que cela soit pour le directeur général, le directeur financier ou le gérant. Car, c'est sur cela qu'on leur demandera des comptes, et on touchera aux véritables problèmes de la mauvaise gestion de l'entreprise."Hier encore, devant le siège du journal resté ouvert, les travailleurs rencontrés étaient loin de s'avouer vaincus. Ils ont décidé de prendre le taureau par les cornes, en engageant une série de démarches pour recouvrer leurs droits bafoués.Des jeunes travailleurs s'affairaient encore à ramasser les signatures de leurs collègues pour une correspondance dont ils veulent rendre destinataires le ministre de la Communication et l'inspection du Travail notamment.Cela étant, la situation qu'a vécue aujourd'hui Al Ahdath est symptomatique de la profonde crise que traverse la presse écrite et qui toucherait une quarantaine de titres, dit-on. L'amenuisement de recettes publicitaires de presque la moitié par rapport à la précédente année est vécue comme un drame pour nombre de titres de la presse nationale, qui s'est répercutée par des retards dans le paiement de salaires, réduction des salaires et des compressions d'effectifs déguisées, puisque les partants ne sont jamais remplacés par de nouveaux employés.Des sit-in de protestation sont même envisagés par les pensionnaires de certains titres de presse, apprend-on dans ce sillage. Ces derniers disent ne pas comprendre comment d'autres journaux appartenant à des députés ou à des personnalités politiques ont connu une augmentation de leur surface publicitaire. L'on estime que la réduction des attributions publicitaires ne peut pas expliquer à elle seule la situation, tout autant que les seules règles de la commercialité. D'autres considérations politiques sont aussi à prendre en compte.AMAR R.


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