
L'ancien patron de la compagnie italienne ENI, Paolo Scaroni, sera finalement jugé, son procès est prévu en décembre prochain à Milan. Ce qui signifie que Chakib Khelil risque lui aussi d'être convoqué à la barre.Le recours introduit par le parquet de Milan dans l'affaire Sonatrach-Saipem afin d'annuler le non-lieu prononcé en faveur de Scaroni, a été jugé fondé et la compagnie énergétique et son ancien président seront jugés, ont rapporté des médias italiens. La Cour de cassation avait, pour rappel, annulé en février dernier le non-lieu prononcé en octobre 2015 en faveur de la compagnie énergétique italienne ENI et son ancien président Paolo Scaroni et renvoyé le dossier devant un autre juge d'instruction qui a décidé mercredi de l'ouverture d'un procès en décembre prochain.En effet, le parquet de Milan a mené dès 2012 une instruction pour pister 200 millions d'euros versés entre 2007 et 2009 à la société de Pearl Partners de Farid Bedjaoui, neveu de l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui. L'instruction a conclu que ce sont des pots-de-vin qui ont servi à graisser la patte des cadres de la Sonatrach et des responsables politiques qui ont favorisé Saipem, filiale d'ENI, pour l'obtention de sept contrats pétroliers totalisant huit milliards d'euros.Or, ENI a bénéficié d'un non-lieu, tout comme son président à l'époque, Paolo Scaroni. Mais les procureurs en charge de l'affaire, convaincus de l'implication de Scaroni, ont fait appel pour casser la décision prononcée en sa faveur. Pour l'inculper, les procureurs se sont basés sur les conversations téléphoniques de Scaroni et les témoignages de certaines personnes impliquées évoquant plusieurs rencontres dans des hôtels parisiens et milanais et en dehors du cadre protocolaire avec l'ancien ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil. Ils ont conclu qu'il savait, au moins, qu'ENI versait des pots-de-vin à des responsables algériens.Ce rebondissement dans l'affaire risque ainsi de braquer les projecteurs sur Chakib Khelil qui, jusque-là , n'a pas été inquiété par la justice. Le rang de Scaroni dans la hiérarchie de la compagnie énergétique parapublique et son poids dans le processus de prise de décision devrait réorienter les débats sur les éventuelles implications de responsables de rang supérieur.Il convient enfin de signaler qu'un procès se déroule en parallèle à ce procès dans le cadre de la même affaire Sonatrach-Saipem où sept personnes dont trois Algériens, Farid Bedjaoui, Omar Habour et Samyr Ouareid, sont accusées de corruption et blanchiment d'argent.L'affaire qui a coûté son poste à Scaroni a par ailleurs éclaté en 2009 en Algérie suite à des investigations menées par le service de police judiciaire du Département de renseignement et de sécurité (DRS). Un premier volet a été jugé en février dernier par le tribunal criminel d'Alger et une instruction est toujours ouverte concernant les sept contrats investigués par les enquêteurs italiens. Des peines de prison assorties d'amendes ont été prononcées à l'encontre de plusieurs personnes dont l'ancien P-dg Mohamed Meziane qui a écopé de cinq ans de prison avec sursis et Saipem Contracting Algeria, condamnée, elle, à payer une amende.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com