Mila - A la une

A la recherche de débouchés en Europe



A la recherche de débouchés en Europe
Faire naître le Maghreb économique n'est pas chose facile, estime Guillaume Almeras, consultant indépendant.Dans les cinq pays de l'UMA, l'étroitesse des marchés domestiques rend difficile pour les entreprises tant leur montée en gamme que leur diversification, tandis que la concentration des exportations sur des spécialisations similaires et sur quelques marchés de débouchés essentiellement européens limite les opportunités de développement.Dans de telles conditions, Guillaume Almeras, consultant indépendant, estime dans une contribution à la presse, Econostrum.info, qu'il est particulièrement regrettable que l'opinion générale se soit installée qu'un Maghreb économique serait bâti sur des économies régionales peu complémentaires et n'aurait de véritable intérêt qu'à attirer les investissements étrangers, à condition que soient levées très rapidement les barrières fiscales, douanières et tarifaires.Des économistes ont calculé «le coût du non-Maghreb» et l'ont estimé à 2% de croissance par an pour chacun des pays membres de l'UMA.Depuis, ce chiffre a été repris un peu partout, bien qu'il paraisse hautement fantaisiste! Pourquoi 2%' Personne ne l'a jamais vraiment su et nous pouvons même nous demander si cette mesure a un sens. Quel est ce Maghreb susceptible de générer 2% de croissance' Est-ce un marché unique' Totalement ou bien partiellement intégré' Correspond-il à une zone monétaire en plus' Sur quelles projections se fonde-t-on'Les échanges économiques entre les pays membres de l'UMA sont très faibles - les plus faibles de tous les flux d'échanges au seindes zones d'accords régionaux existantes.Une opinion s'est donc développée et paraît aujourd'hui largement partagée. Si les échanges sont si faibles, c'est que les économies maghrébines sont peu complémentaires et se concurrencent plutôt hydrocarbures algérien et libyen, textile et tourisme marocain et tunisien. Dans ces conditions, un Maghreb économique serait surtout profitable aux IDE. Il permettrait aux grandes entreprises étrangères de couvrir un marché de plus de 75 millions d'habitants en réalisant des économies d'échelle et sans avoir à gérer des démarches d'implantation distincte dans chacun des cinq pays.Dans ces conditions, réaliser un Maghreb économique reposerait sur deux piliers: abattre ou harmoniser les conditions tarifaires, fiscales et douanières d'une part; développer de grandes infrastructures d'autre part.Cette vision est devenue la plus commune sans doute. Elle est cependant assez problématique car elle revient à dire que, pour que cela marche, il faudrait d'emblée réaliser ce qu'il y a de plus difficile! Elle revient également à promouvoir des investissements d'infrastructure pour développer le commerce, ce qui en général n'aboutit qu'à d'énormes gâchis - les investissements utiles suivent le commerce mais le contraire est rarement vrai. Guillaume Almeras souligne que cette approche semble considérer que le développement d'infrastructures de transport favorise le développement de l'ensemble d'un territoire. Pourtant, le contraire est plus souvent constaté.


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