
Résumé : Hébergée par la matrone du hammam, la bohème rencontre Ali, un homme du Sud, qui travaille aussi dans ces lieux. Elle prend peur, mais ce dernier la rassure.Il la contemple un moment, et elle se détendit devant son regard. Un regard de braise, lent et doux, se dit-elle. Cet homme n'est pas méchant du tout. Je le vois. Il a l'air plutôt malheureux.- Alors comment t'appelles-tu 'La bohème sursaute de nouveau. Cette voix rauque et légère a un timbre particulier. Cette homme devrait s'essayait au chant, se dit-elle. avant d'essuyer la sueur qui coulait sur son front avec un serviette qu'elle avait dénichée sous le matelas.- Allonge-toi, mets-toi à l'aise. Dans ton état, tu ne devrais pas tropt'agiter.Il termine de préparer du café, dont l'odeur se répand dans la petite pièce, puis il éteint le réchaud.- Alors ' Comment tu t'appelles jeune femme '- On m'appelle la bohème.- La bohème ' Mais tu as un nom, non '- Oui. Djamila. Mais cela fait très longtemps qu'on ne m'appelle plus ainsi.- Pourquoi la bohème ' Ah ! je crois comprendre. Parce que tu es brune, et tu as des yeux clairs.- Oui. C'est ce qu'on dit.- Mais ce n'est pas une raison pour te surnommer ainsi.La bohème hausse les épaules.- Dans le village d'où je viens, la couleur brune n'est pas toujours un signe de beauté.- Non ! Tu plaisantes sûrement. Moi je te trouve très belle.Elle hausse encore une fois les épaules.- Et que dirait-on de moi alors ', poursuit Ali. Je suis originaire du Sud. Et très fier de l'être avec mes cheveux crépus et ma peau sombre. Tu parais hyper blonde devant moi, ajoute-t-il comme pour la rassurer.Elle sourit et dévoile sa superbe dentition blanche.- Et avec de très jolies dents en plus.La bohème allait riposter, quand la porte s'ouvrit toute grande. Wardia fera son apparition avec son pagne, une simple serviette sur les épaules, et le visage luisant de sueur.- Tu n'as pas encore terminé ta journée ', lui demande Ali. Moi qui pensais prendre mon service dans quelques instants.Houria lui tendit un sachet de lait.- J'ai une cliente de dernière minute, dont je dois m'occuper illico presto. J'ai dû envoyer quelqu'un me ramener le lait. Je vois que tu as préparé du café, Ali. Ne m'attendez pas, servez-vous. J'en ai encore pour une bonne heure.Elle sourit à la bohème qui remarque ses dents manquantes et ses lèvres gercées et tatouées.- Alors, comment tu te sens ' Bah ! Tu me raconteras tout ce soir. Prends ton café et ne pense à rien.Wardia s'en alla, et Ali fera bouillir le lait avant de lui servir une grande tasse de café crème :- Tu dois avoir bien faim avec ce froid.La bohème prend la tasse et but à petites gorgées.- J'ai été mariée autrefois, poursuit l'homme, je sais qu'une femme enceinte doit prendre des forces pour elle et le bébé.- Tu étais marié ' Mais où sont donc ta femme et tes enfants.- Mes femmes, la corrige Ali. J'en ai trois. Elles sont toutes au bled.(À suivre)Y. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hanane Yasmina
Source : www.liberte-algerie.com