
Alors que certaines personnes approchées pour avoir leurs avis sur la condamnation de Kamel Eddine Fekhar par le tribunal criminel de Médéa à 5 ans de prison dont 2 ans fermes, affichaient leur totale indifférence, d'autres par contre ont exprimé des avis, on ne peut plus contradictoires.Si pour Kader, un enseignant universitaire «le verdict, au regard des lourds et graves chefs d'accusation qui pesaient sur lui et ses compagnons, est d'une telle clémence, signe d'apaisement». En décodé, lire «éviter à tout prix de réveiller les vieux démons», pour Hamou, sociologue bien connu, «honnêtement je suis insatisfait du verdict dans la mesure, où, pour moi, le pouvoir fait de l'équilibrisme. Si Kamel Eddine Fekhar est vraiment coupable et que des preuves tangibles existent, alors il faut le sanctionner. Si, au contraire, il est innocent, alors la justice doit reconnaître son erreur de l'avoir incarcéré pendant 22 mois sans procès.Et encore, je suis sûr que s'il n'avait pas entamé sa courageuse grève de la faim pendant 100 jours, il serait encore aujourd'hui, lui et ses compagnons, dans leurs cachots». «Ce verdict est comme une arête en travers de la gorge. Difficile à ingurgiter». Nadia, une cadre dans une administration locale, voit les choses différemment : «Je vais être clair avec vous, ce Kamel Eddine Fekhar me semble avoir deux têtes. L'une, celle d'un bouc émissaire, et l'autre, celle d'une tête de Turc.En effet, d'un côté il est présenté comme celui par lequel tous les malheurs de la wilaya de Ghardaïa sont arrivés, et on avance comme preuve que depuis son arrestation et celle de ses compagnons, la situation s'est calmée. D'un autre côté, il se veut être le porte-parole d'une minorité qui revendique pacifiquement ses droits et la reconnaissance de ses spécificités cultuelles et culturelles dans le cadre d'une autonomie de la région du M'zab. Pour ces derniers, il est leur porte-voix et leur leader.Et c'est justement pour sa perspicacité et son inflexibilité qu'il est châtié par le pouvoir à travers son bras judiciaire.» Un ancien magistrat à la retraite, qui a tenu à garder l'anonymat, et auquel nous avons demandé de disséquer le verdict a été catégorique : «Le procès était politique et le verdict idem. C'est un verdict venu d'en haut.Il est la conséquence d'une analyse socio-politique de la région qui a repris graduellement sa stabilité sur tous les plans, sécuritaire, politique, économique et social. N'oubliez pas que les dernières élections législatives ont attribué 4 sièges sur 5 à des indépendants. Ce qui s'apparente à une sanction des partis traditionnels, qui n'ont pas pu ou su régler les différents conflits inter-communautaires qui ont secoué la région. La population se tourne ainsi vers des figures nouvelles et connues pour sa probité et son engagement désintéressé pour la région.Et c'est là le message véhiculé par ce verdict : en sortant au mois de juillet, Fekhar va se retrouver face à une population lassée des conflits fratricides. Une population qui ne demande qu'à vivre en paix, dans la sécurité et la stabilité. Les pouvoirs publics, de leur côté ont accéléré le rythme des projets lancés, donnant de la région une image de vaste chantier.» Khalti Aïcha, une femme de ménage, dans son immense sagesse clôt le débat : «Ya oulidi, Lehna, hada makan, nassahkou lahna. Ahna gâa châab ouahed.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel K
Source : www.elwatan.com