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Une braise sur l'échiquier (III)



Une braise sur l'échiquier (III)
On y retrouve l'habituel mix d'islamistes et de djihadistes qui étaient principalement soutenus par la Turquie ou le Qatar : Ahrar al-Cham, Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaïda) et un florilège de groupes barbus. A noter d'ailleurs que dans la Ghouta orientale, les combats continuent entre Faylaq ar-Rahman, allié à Al Qaïda et soutenu par le Qatar, et Jaish al-Islam, soutenu par l'Arabie Saoudite.Dans le contexte actuel, cette mini-guerre Doha-Riyad par groupes rebelles interposés ne manque pas de sel... Le camp turco-qatari et ses proxies étant partiellement mis de côté (merveille du saucissonnage à la russo-perse), c'est désormais le dessein à minima de l'axe USA-Israël-Arabie Saoudite qui attire tous les regards. Il ne s'agit plus de faire tomber Assad ni de faire passer des pipelines : l'objectif est d'empêcher désespérément la jonction de l'arc chiite. L'accord sur les zones dites de désescalade est tombé à point nommé - et connaissant Poutine, ce n'est sans doute pas un hasard - pour faire redescendre la tension en Syrie occidentale et profiter du cessez-le-feu provisoire afin de lancer les cohortes loyalistes vers l'est du pays. De gros renforts affluent depuis plusieurs jours à Palmyre et les Russes mettent un point d'honneur à contrôler le ciel jusqu'à Deir ez-Zoor et au-delà. Le Donald revient (si tant est qu'il l'ait jamais quittée) à la traditionnelle politique étrangère américaine consistant à obliger ses alliés. Et de vrais alliés dans la région, on l'a vu, les Etats-Unis n'en ont plus que deux : Israël et l'Arabie Saoudite. Ceci explique sans doute le jeu dangereux que joue Washington actuellement. Pour la deuxième fois en une semaine, et la troisième depuis un mois, des avions US ont bombardé un convoi loyaliste en direction d'Al Tanaf. Malgré les justifications d'usage (Nous ne voulons pas attaquer l'armée syrienne, nous ne faisons que nous défendre), cela devient une mauvaise habitude. D'autant que le prétexte de la «zone de sécurité» de 55 km est réfuté par Lavrov. Ayant de la suite dans les idées, les Américains ont établi une seconde base en territoire syrien, à 70 km d'Al Tanaf, le long du petit bout de frontière irakienne contrôlée par leurs proxies. S'ils comptent jouer au petit jeu des 55 km de sécurité, une réponse russe s'imposera sous peine de voir cette «politique des petits pas» remonter sur toute la frontière. Ceci dit, les avions russes et syriens ne se gênent pas non plus pour bombarder les rebelles pro-US, que ce soit dans la zone qui nous occupe ou, plus étonnant, une faction de l'ASL au sein des SDF kurdes près de Raqqa (à confirmer). Plus généralement, on peut se demander ce qu'attend l'armée syrienne pour lancer la grande offensive vers Deir ez Zoor, dans les tuyaux depuis des semaines. C'est le grand jalon de la course vers l'est et le contrôle de la frontière irakienne. Or, l'avance y est pour l'instant lente, les loyalistes semblant se concentrer partout ailleurs. Au nord, les Tiger forces ont totalement libéré la province d'Alep de la présence de Daech et sont désormais à portée de fusil des Kurdes de Taqba. Reste à savoir comment se passeront les retrouvailles mais nous reviendrons plus tard sur cette question. (Suite et fin)
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