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Un enjeu vital pour le pouvoir



Un enjeu vital pour le pouvoir
Les Algériens sont appelés, une nouvelle fois, à «s'exprimer». Plus de 23 millions d'Algériens sont officiellement inscrits sur les listes électorales. Mais combien vont aller glisser un bulletin dans l'urne ' La question ne semble pas préoccuper particulièrement les citoyens. Ce sont les autorités publiques qui sont obsédées depuis plusieurs mois par le taux de participation au scrutin législatif.Le problème du taux de participation revient comme un leitmotiv dans tous les discours des représentants du pouvoir qui, une fois n'est pas coutume, a trouvé en les partis politiques de l'opposition des alliés de taille. Ces appels du pied aux électeurs sont-ils innocents ' Les élections législatives sont-elles à ce point déterminantes pour que tous les représentants de l'Etat soient si mobilisés afin d'obtenir un taux de participation appréciable 'Si le pouvoir, mû d'abord et avant tout par sa survie, n'a jamais affiché une telle hargne pour avoir un taux de participation lors des précédentes élections législatives qui ont connu des résultats très faibles, c'est parce que sa pérennité n'était jamais mise en cause. A l'époque, les caisses de l'Etat étaient suffisamment pleines pour garantir une relative paix sociale, et le chef de l'Etat était dans une forme physique qui lui permettait de jouer son rôle. Entre-temps, cela a changé et le pays est plongé, depuis maintenant 3 ans, dans une double crise économique et politique dont il n'est pas près de sortir.Pour doter les institutions ? ou ce qui en reste ? d'une réelle stabilité, le pouvoir a donc besoin d'une «légitimité» des urnes pour pouvoir faire face à une nouvelle situation, où il n'aura rien d'autre à offrir que «des larmes et du sang». Faire passer des lois douloureuses, comme la loi de finances 2018 qui s'annonce déjà porteuse de plus de restrictions budgétaires et de probables hausses d'impôts, nécessitera probablement un bouc émissaire ; un rôle que pourront bien jouer les députés de la prochaine Assemblée populaire nationale (APN).Bien sûr qu'en cas de désagréments, les parlementaires supporteront seuls le poids de cette nouvelle donne. L'Exécutif tentera donc de s'en sortir à bon compte et expliquera que ce sont les représentants du peuple qui ont voté les lois qui seront critiquées. Dans sa quête d'une légitimité populaire, le pouvoir politique a joué son va-tout : il a utilisé les imams, squatté les médias gouvernementaux et placardé sur tous les espaces des villes des portraits du chef de l'Etat.Dans sa quête pour collecter un maximum de voix, il n'a pas hésité à brandir la menace de la justice contre des artistes et jeunes internautes qui ont pris une longueur d'avance sur des discours sclérosés et dépassés par le temps. L'argument sécuritaire, servi à souhait ces derniers temps, au point de susciter des doutes, est également mis à contribution pour inciter des électeurs, de plus en plus récalcitrants, à aller voter massivement. Sauf qu'au regard du déroulement de la campagne électorale, il est difficile d'établir un pronostic optimiste. Pourvu que les élections se déroulent dans les normes.
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