
L'Allemagne a marqué hier soir à Alger sa participation au 15e Festival culturel européen avec The Fat Lady Plays Medea (La grosse joue Médée), un spectacle présenté par Julia Raab dans le registre du théâtre figuratif, dans lequel une femme sans toit ni ressources tente de survivre à travers le passé et le souvenir.Le théâtre figuratif est un genre où le comédien n'interprète pas le personnage, celui-ci pouvant être un masque, une marionnette ou un objet.Dans ce registre des arts de la scène, l'expression est renforcée par l'association paradoxale de la mobilité comme signe de vie et l'immobilité suggérant la mort.«Médée», personnage controversé de la mythologie grecque est la fille d'Aétès, roi de Colchide et de Océanide. Magicienne et accusée d'un double infanticide après avoir décapité et démembré son propre frère, elle s'enfuit avec Jason, qu'elle a aidé à attaquer le royaume de son père. Le spectacle, d'une durée d'une heure, raconte l'histoire d'une femme obèse, sans ressources, vivant dans la rue, avec pour seul espoir de survie la reconstitution du passé et du souvenir. Entourée d'accessoires, elle fait vivre différents objets qui ravivent en elle la flamme d'un passé serein, où elle jouissait d'une vie ordinaire, allant du simple plaisir à arroser ses pots, jusqu'au bonheur d'être avec son mari, représenté par un cache-poussière accroché, et ses enfants par des poupées. Animée d'un sentiment de vengeance après avoir découvert l'infidélité de son mari, elle va incarner le personnage de Médée pour tout détruire autour d'elle et assister à l'éclatement de son foyer.Dans un spectacle sans texte, la comédienne est allée au-delà des mots, laissant le soin à la mimique de la mémoire et du souvenir de bâtir l'architecture d'une trame mélancolique qui interroge le présent. Le mouvement lent, le geste désespéré et la mine froissée, rendue par les traits d'un masque grotesque, l'artiste, faisant «témoigner» ses accessoires, a souhaité plaider pour une société solide par la mise valeur de la famille et la nécessité d'avoir un «chez-soi». Dans un jeu concluant, marquant une prestation pleine, au genre pas très répandu en Algérie, Julia Raab a rappelé à la société d'aujourd'hui que la référence d'une vie sociétale épanouie réside dans la préservation de la cellule familiale avec un père, une mère et des enfants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : APS
Source : www.infosoir.com