Ni les 22 années qui se sont écoulées depuis son assassinat ni la chape d'oubli que voulaient imposer, coûte que coûte, ceux qui ont tendu la main à ses assassins, ne semblaient, encore hier, pouvoir effacer Achour Belghezli de la mémoire des hommes. Ils étaient, encore une fois, nombreux à arpenter le sinueux chemin d'Aguemoun, dans la commune des Ath Aïssi, pour accomplir le devoir de mémoire en prenant part à la cérémonie de recueillement organisée en hommage à cet infatigable militant et journaliste assassiné, en compagnie de sa collègue Dalila Dridèche, par les islamistes armés le 17 février 1996, à proximité du campus Hasnaoua de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Le programme de cette énième commémoration n'était, sans doute, pas aussi riche que celui des années précédentes, mais la symbolique de l'événement a été encore plus forte en raison du contexte politique actuel du pays où tout symbole de militantisme et de résistance a, de moins en moins, le droit de cité.Au cimetière du village où repose pour l'éternité Achour Belghezli ; sa famille, ses amis, ses anciens confrères, des journalistes et des militants de différents horizons politiques et des dizaines d'anonymes étaient là pour raviver sa mémoire et la perpétuer. Ainsi, après le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs sur la tombe du martyr, la parole a été donnée aux présents pour permettre d'évoquer, chacun à sa manière, le parcours militant et la mémoire de ce journaliste militant qui a été également un des 24 détenus du Printemps berbère d'Avril 1980.
À travers cet hommage à Achour Belghezli, les initiateurs disaient vouloir rendre hommage et perpétuer la mémoire de tous les martyrs de sa famille idéologique qui ont payé de leur vie leur engagement non seulement pour que l'Algérie soit extirpée des mains des fous de Dieu et reste debout, mais surtout pour qu'elle soit mise sur les rails du progrès et de la démocratie.
La cérémonie a été également une occasion pour le président de l'APC d'Ath Aïssi de souligner que la Maison de jeunes, qui doit porter le nom d'Achour Belghezli et dont la première pierre a été posée le 17 février 2017, sera réceptionnée l'année prochaine à la même date, tant, a-t-il précisé, les travaux de sa réalisation connaissent déjà un avancement considérable.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Leslous
Source : www.liberte-algerie.com