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Quelle réforme pour l'école '



Le lourd dossier de la réforme du système éducatif est de nouveau ouvert. Un projet devant aboutir à la « réactualisation » des programmes et des livres scolaires est déjà ficelé. Il sera remis aux partenaires sociaux en vue de l'ouverture d'un large débat. Les syndicats sont attendus dimanche et lundi au ministère de l'Education. Après des années de réformes et de contre-réformes, le secteur transformé en champ d'expériences sera de nouveau confronté à des choix qui ont de tout temps subi les pesanteurs politiques du moment.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Très discret depuis son installation et peu enclin à communiquer, le ministre de l'Education annonce être en possession d'un projet de réforme des programmes et des manuels scolaires. Mohamed Ouadjout a fait l'annonce devant les membres de la commission des finances de l'APN auxquels il a confié son intention de concrétiser le « grand » et « important » projet d'actualisation des programmes qui constitue l'une des « promesses » de son secteur ». Une copie de ce que sera la réforme est déjà prête. Elle sera, dit-il, distribuée à l'ensemble des acteurs du secteur pour enrichissement et débat. Il s'agit de faire participer un maximum d'acteurs en vue d'obtenir le plus large consensus possible. En février dernier et lors d'un Conseil des ministres, le premier responsable du secteur de l'éducation promettait une réforme « radicale », dont les retombées seront ressenties à la prochaine rentrée scolaire.
Dès ce dimanche, un premier groupe de syndicats du secteur sera reçu au ministère de l'Education. D'autres sont attendus lundi. Dans la lettre d'invitation qu'ils ont reçue, les présidents des syndicats ont été informés que les rencontres bilatérales ne dureront pas plus d'une demi-heure. L'ordre du jour n'ayant pas été précisé, les syndicats s'accordent à dire que la réforme à venir sera au coeur de ces rencontres. De quoi sera faite cette énième réforme ' Du côté du ministère de l'Education, peu d'informations filtrent à ce sujet. On sait seulement que la proposition d'introduire l'anglais dès le cycle primaire a été faite.
La tendance est également à l'allégement des programmes. Une équation récurrente que toutes les recettes déjà testées sur les élèves n'ont pas réussi à résoudre.
L'autre grand défi : dépassionner un débat qui, à chaque fois qu'il est suscité, réveille les vieux démons et les querelles idéologiques. Aucune des réformes engagées jusque-là sous le règne de Benbouzid ou de Benghabrit ne s'est faite sans que l'école ne se transforme en champ de bataille entre ceux qui reprochaient aux initiateurs des réformes une trop grande ouverture et ceux qui, au contraire, réclamaient davantage de modernisation de l'école. Résultat : les mesures engagées sont toujours restées peu audacieuses, n'engageant pas l'école sur le chemin du progrès et ne la libérant surtout pas du poids d'un conservatisme brandi à chaque fois qu'un petit pas devait être franchi pour permettre aux élèves de bénéficier de méthodes plus modernes et d'approches moins moyenâgeuses.
De concession en concession, le système éducatif a perdu en efficacité. Ni les parents d'élèves ni encore moins la grande famille de l'éducation n'en sont satisfaits. Après avoir passé plusieurs années sur les bancs de l'école, les élèves en ressortent sans esprit critique, sans capacité à synthétiser et encore moins à élaborer des thèses.
Le secteur de l'enseignement supérieur reçoit ainsi des automates plus habitués à apprendre et à restituer qu'à réfléchir et à débattre. Une errance pédagogique qui n'a que trop duré...
N. I.
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