La fameuse commission n'a pas encore « commissionné », me semble-t-il. Je passais, hier matin, devant la poste centrale de Tizi, j'ai vu (de mes yeux vu) du monde s'agripper aux chambranles de la porte, dont un seul battant est ouvert ; un seul pour canaliser ce « ghachi » (je le dis comme ça, sans mépris). En effet, « el-ghachi », sans tenir compte du risque épidémique, sont comme un essaim d'abeilles, attendant leur tour pour retirer une somme imposée par l'administration postale. Puis, ce matin, il pleuvait sur Tizi (pas sur Brest !). O cette pluie que nous attendons tous ! Mais, « el-ghachi » n'en avait cure ; il leur faut des sous pour vivre, tout simplement. L'ardoise (chez l'épicier, c'est un carnet), il faut l'honorer chaque fin de mois. Sinon, le ravitaillement est automatiquement coupé.Aussi, je viens demander respectueusement des nouvelles de la commission poste/caisse de retraite. Cette commission a-t-elle « commissionné », negh mazel ' Tant que le problème de liquidités persiste, la commission n'a rien fait. Tant que le montant reste plafonné, la commission n'a rien fait pour le moment. Ihi, comme ça, l'Algérien va chaîner et va se contenter d'une certaine somme. Et « el-ghachi » sera aux anges. Il pourra même aller voter la Constitution ce 1er Novembre. Il faut exiger que la commission accélère le « commissionnage » du schmilblick.
Je rêve d'une chaîne normale, sans soleil fracassant les crânes et sans pluie ruisselante sur les épaules. Ça ne doit pas coûter un douro ce rêve ! Il est petit ce rêve, riquiqui. C'est juste mon rêve, pour le moment. Je ne rêve pas de harga, j'ai le mal de mer. Et le mal de tout ! Je ne rêve pas de « châteaux en Espagne », ni de chambre de bonne à Paris. Puis, je trouve que le Canada, c'est comme aller dans l'espace. Je rêve juste d'une petite chaîne, pépère, intime, familiale, qui ne dure pas trop, dans laquelle je verrai des visages avenants, une petite chaîne qui fait plaisir, qu'on aime faire, et une chaîne modèle pour le monde entier. Que vaut mon rêve, justement ' Le prix d'un rêve impossible à réaliser. Voilà, je vous ai fait part de mon rêve. Et le vôtre, ya « el-ghachi » '
Facebook est un sacré farceur. Il faut tourner sa langue sept fois avant de lancer des propos « mal à propos » (je me permets des libertés de style, désolé !). Un chef de parti, islamiste pur jus, bien connu en Algérie, avec toutes les raisons du monde, déclare que l'arabe est « la mère des langues ». Les linguistes devront plancher sur ce nouveau concept. Les sociologues peuvent aussi mettre la main à la pâte. Selon cet islamiste, des études ont été menées par les Anglo-Saxons, dont les conclusions sont, ni plus ni moins, que toutes les langues allaient disparaître (un peu comme les dinosaures !), sauf « la mère des langues », il faut comprendre par là la langue arabe. Voilà, je vous expose les faits, à vous de voir. Je parle des spécialistes qui, pour le moment, n'ont pas réagi. Il faut bien qu'ils le fassent un de ces jours (fi youm mina el-iyam !). Bientôt, selon « notre » islamiste, la langue arabe prendra en charge l'héritage scientifique et technologique de l'anglais. Vaste chantier, selon moi !
Par contre, je voudrais comprendre de quelle planète est la mouche qui a piqué « notre » islamiste. Je dis « notre », parce qu'il est algérien. Quelle intelligence insulte-t-il dans ce cas d'espèce ' La mienne ' Il peut le faire. Sauf que je ne lui donne pas un chèque ni en blanc ni dans une autre couleur. C'est quoi ça ' De l'esbroufe ' De l'anticipation ' De la folie ' Ou tout simplement un coup de trop plein de connaissances ' Attention, la sorcellerie est en vogue en ce moment. L'autre l'a vécu à ses dépens. « Notre » islamiste doit faire dans la magie noire. Sinon, comment faire accroire à nous, pauvre « ghachi », de telles sornettes ' Tiens, tiens, je me rappelle d'un débat entre un islamiste du Moyen-Orient, ce n'est pas le nôtre çui'là, et une dame. Celui-là déclare, toute honte bue, que les musulmans, lui en tête, allaient conquérir le monde entier par le fil de l'épée. Nom d'un chien, rien que ça ! Que le monde se tienne tranquille, il y a des musulmans (pas tous, heureusement) qui vont dégainer plus vite que leurs bêtises pour conquérir la planète.
Tout nous vient de ce monde ciblé par cet hurluberlu, qui se prétend musulman, rien que parce qu'il porte un qamis et une barbe. Parce qu'il parle fort. Parce qu'il menace le monde développé. Alors qu'il n'est même pas foutu d'inventer le fil à couper le beurre. Tout vient de ce monde, justement. Le blé. Les médicaments. Les autos. Les avions. Les bateaux. Le téléphone. Le vêtement... Y compris les prochains vaccins contre le corona. Y compris (bis) les nuages qui ramènent dans leurs plis les pluies salvatrices. Et cet énergumène veut conquérir le monde par le fil de l'épée ! Un drone, juste un drone, et l'affaire est réglée ! Il faut, en urgence, réinventer la pensée musulmane. Et réinventer l'homme musulman. Et réinventer le rapport de l'islam au monde. Et réinventer le rêve du musulman. Et réinventer la conception du musulman. C'est une urgence vitale. Après, il sera trop tard. On a raté le premier train de l'Histoire ; il s'agit maintenant de ne pas rater le suivant. Et qu'on en finisse, à jamais, avec cette arrogance de certains musulmans ; cette hégémonie qui veut que le musulman ait le meilleur ceci, le meilleur cela... La liste est longue ! Enfin, je ne vous ferai pas l'offense de vous traduire ce dicton amazigh : « axxam-is ur as-yezmir, ldjamaê yettef-as amezzir. »
Je laisse Henri Kréa clore cet espace de parole qui, dans le désordre, reprend cette chaîne de problèmes qu'on traîne comme le boulet du condamné : « Oublions vite les dévoreurs de l'aube/Les mangeurs de sommeil/Oublions vite/Ceux qui hurlent plus fort que tout le monde/Il faudrait les réduire à la vie/Surtout/Qu'ils n'abondent plus/Sur le chemin de la patience/Du peuple bon/Qui dira/Nous retrouvons nos nouvelles habitudes/Tout s'est bien passé/Aucun compte à rendre/Aucune leçon à recevoir/Le peuple n'a pas besoin de professeurs de vertu/On ne va pas se reposer sur l'escalier roulant de la paresse/Quitte à s'offrir en pâture à la prochaine servitude/Mais bien sûr déjà on s'empresse de prêcher dans le désert de la division/.
Y. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Merahi
Source : www.lesoirdalgerie.com