Medea - A la une

Quand l'ancien archevêque parlait de Bencheneb



C'est après son retour d'une tournée qui l'a conduit dans plusieurs villes françaises où il a donné une série de conférences à l'occasion de la manifestation "Année de l'Algérie en France", tenue en 2003, sur le savant Mohamed Bencheneb, que feu Monseigneur Henri Teissier est venu à Médéa pour animer une conférence sur le même sujet à la maison de la culture Hassan-El-Hassani de Médéa. Cela s'est passé en août 2003 devant un aréopage intéressé.C'est au père Nicolas Gilles, curé de la région de Médéa de 1978 à 1997, décédé en 2011, qui accompagnait l'archevêque, qu'a échu l'honneur de parler de Monseigneur Teissier. Il avait commencé sa présentation en langue arabe, en ces termes : "Monseigneur Teissier est un homme de religion, mais aussi un homme de culture. Il a obtenu sa licence en littérature arabe en 1953 au Caire..."
Prenant la parole, l'archevêque d'Alger avertira, dès l'entame de sa conférence, sur le contenu de l'exposé qui, dira-t-il, "ne m'appartient pas, mais que j'ai seulement été chargé de prononcer en France à la place de celui qui était désigné pour parler du savant Bencheneb, mais qui n'a pas pu faire partie de la caravane culturelle, empêché par la maladie, en l'occurrence le muphti Abderahmane Djillali".
"J'ai été chargé par mon ami Abderrahmane Djillali de donner la conférence sur le savant Mohamed Bencheneb, car étant malade et ne pouvant faire le déplacement en France. Je ne saurais répondre à vos questions sur le savant qui ne soient pas en rapport direct avec le contenu du texte que je vais présenter..." Cheikh Abderrahmane Djillali, rappelle-t-on, est un homme de culture, d'histoire et de radio qui a consacré plusieurs chapitres de ses recherches au savant Mohamed Bencheneb, 1er docteur en littérature arabe, professeur d'arabe à l'Université d'Alger et secrétaire de La revue africaine. On doit au cheikh Djillali la recension des nombreux articles de presse et comptes-rendus qui avaient été publiés à l'occasion de l'inhumation du savant.
L'homme d'église Teissier retournera une autre fois à Médéa pour prendre part au colloque international sur Mohamed Bencheneb qui avait été organisé, en 2006, par l'université Yahia-Farès où il assistera aux conférences données aux côtés de nombreux invités venus de plusieurs régions du pays et de nombreux membres du Haut-Conseil islamique. Assis au 1er rang de la salle de conférences, il se lève brusquement de son siège à l'annonce de l'arrivée du cheikh Abderrahmane Djillali qui était appuyé sur des béquilles.
Monseigneur Teissier monte rapidement les marches de l'amphithéâtre pour aller accueillir cheikh Abderrahmane Djillali et le faire asseoir à sa place. Pour l'anecdote, la conférence devant un auditoire composite était rédigée en langue française, mais prononcée par l'orateur en arabe, au fur et mesure de la lecture du texte, n'éprouvant aucune difficulté ou hésitation, échangeant par la suite avec l'assistance dans les deux langues sans aucune difficulté.
Rappelons aussi que cheikh Abderrahmane Djillali est décédé en 2010, un hommage lui a été rendu par le département des langues et littératures arabes à l'occasion du 1er anniversaire de la disparition par l'organisation d'un colloque national au cours duquel, plusieurs interventions ont permis de passer en revue ses travaux dans les domaines de la religion, de l'histoire, de la littérature, etc.

M. EL-BEY
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