
Vingt-quatre heures de retard, c'est plutôt rare dans les annales de l'ONU marquées par un timing précis, cependant ce n'est rien, si la machine onusienne n'a pas éprouvé le moindre mal. Mais dans le cas du conflit du Sahara occidental, un sujet traité de la même manière depuis une vingtaine d'années, il y avait cette fois un sentiment de malaise. Comment, en effet, reconduire le statu quo sans traiter la question de fond, c'est-à-dire aborder le blocage, et non plus seulement appeler les parties au conflit à s'engager sérieusement dans le processus de paix bloqué depuis 1991 ' Il y a là une bien étrange symétrie qui consiste à mettre dos à dos les deux parties, alors même qu'il y a déséquilibre sans lequel le rôle de l'ONU aurait été moindre, sinon inexistant. L'institution internationale a, en effet, décidé de prendre en main cette question à travers au moins deux actions. En traitant cette question sous le seul angle de la décolonisation, et ensuite en endossant l'accord de paix auquel étaient parvenus, en 1990, le Maroc et le Front Polisario. Elle a aussi accompli un rôle de vigile à travers la mise sur pied d'une force, la Minurso qui avait pour mission essentielle d'organiser le référendum d'autodétermination, en déjouant, comme en 1995, une tentative de réécriture du processus de paix, à travers une manipulation des critères d'identification du corps électoral.Ou encore l'intervention de son conseiller juridique qui avait tranché, une fois pour toutes, la question d'identification des parties en conflit en soulignant fermement que le Maroc était une puissance occupante. C'était clair, mais cela ne semblait pas suffire, et c'est pourquoi, plutôt que de parler de statu quo, ce qui est un raccourci aussi facile que rendu insignifiant, il faut situer et identifier les sources du blocage. L'on se rendra alors compte qu'il ne s'agit en aucun cas de divergences, encore que celles-ci ne devraient pas exister face à une question aussi claire dans ses tenants et aboutissants, mais bien au contraire et pour dire les choses comme elles sont, de parti pris. En faveur de la puissance occupante bien entendu, et donc contre l'application du processus onusien dont on rappelle qu'il a été approuvé par le Conseil de sécurité à l'unanimité de ses membres. Et au regard au moins dans le retard de son application, on se demande si c'est toujours le cas. La résolution adoptée en fin de compte vendredi n'en fait pas état, tout comme les précédentes. Aussi relève-t-on dans le texte principalement ses référents qui constituent autant de fondements pour porter une question de justice. En ce sens, les quinze pays membres du Conseil de sécurité ont adopté à l'unanimité une résolution de soutien à une reprise de négociations de paix pour ce conflit, la nouveauté résidant cette fois, dans le rapport que le secrétaire général de l'ONU devra présenter au Conseil de sécurité dans un délai de 30 jours, pour relancer des pourparlers de paix. Qu'en sera-t-il cette fois, ne manquera-t-on pas de se demander '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com